Les «arbres Kyoto» sont moins efficaces que prévu

La plantation «d'arbres Kyoto» serait beaucoup moins efficace que ne l'ont prévu les concepteurs du protocole international, qui reconnaît sous forme de «crédits» certaines techniques naturelles de captage du carbone atmosphérique, qu'on désigne sous le nom de «puits» de gaz à effet de serre (GES).

C'est ce que révèle une étude de CarboEurope, un programme d'investigation scientifique qui vient d'établir notamment que les forêts européennes absorbent présentement 30 % des émissions de ce continent.

L'étude de CarboEurope attaque de front l'idée que les plantations captent de plus grandes quantités de carbone que les forêts matures parce que la croissance des jeunes plants est forcément accélérée. On croyait aussi que les forêts adultes étaient en quelque sorte en équilibre avec l'atmosphère.

Cette recherche indique que la coupe des forêts dégage plus de carbone que la forêt de remplacement n'en captera, du moins sur l'horizon d'une génération. Le problème ne vient pas des arbres mais du sol dans lequel est enfoui plus de carbone que dans les arbres qu'on coupe. Or l'exploitation forestière libère une énorme partie du carbone des sols forestiers, si importante qu'il faut attendre au moins 10 ans avant que la plantation de relève commence à effacer, et en partie seulement, la perte due à la coupe. Selon Han Dolman, de l'Université libre d'Amsterdam, les émissions des sols plus humides peuvent dans certains cas être si importantes que la plantation de relève pourrait bien ne jamais recapturer, même à long terme, tout le carbone émis.

Selon Riccardo Valentini, de l'université de Tuscia, en Italie, plusieurs pays vont toucher injustement des crédits pour la coupe et la replantation de leurs forêts alors qu'ils vont en réalité aggraver le réchauffement climatique.