Aires protégées - L'Action boréale accuse

Au moment où le premier ministre Jean Charest se pointe à Paris au Sommet sur l'environnement convoqué par le président Jacques Chirac, l'Action boréale l'accuse, ici au Québec, de renier les engagements qu'il a pris au Sommet de Rio en 1992 alors qu'il avait engagé le Canada à atteindre un objectif de conservation minimale de 12 % de son territoire.

Actuellement, selon les normes de l'Union internationale de la conservation de la nature (UICN), le Québec protège 3,4 % de son territoire contre toute exploitation commerciale alors que le Canada est en bonne voie avec une protection complète de 10 % de son territoire. En réalité, c'est le retard du Québec qui empêche pour l'instant le Canada d'avoir atteint son objectif global.

Pour le groupe environnemental fondé par le poète-chansonnier Richard Desjardins, la remise en question récente de cet engagement par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, traduit le «manque de courage politique en matière de protection de l'environnement» du Parti libéral du Québec.

Selon Henri Jacob, président de l'Action boréale, «durant la campagne électorale [de 2003], Jean Charest avait bien promis d'atteindre 8 % de territoire protégé pour 2005. Après son élection, cette promesse a été reportée à 2006. Le 12 avril 2006, Claude Béchard s'engageait fermement à publier un registre des aires protégées du Québec, qui respecterait la norme de l'UICN, laquelle stipule que toute activité industrielle doit être exclue des aires protégées. Quatre ans après l'arrivée des libéraux au pouvoir, aucune aire protégée n'a encore été décrétée au Québec. Pire, M. Béchard remet en cause ce qu'il avait annoncé, à l'image d'autres dossiers environnementaux comme Orford, l'Ashuapmushuan et le Triton, dans lesquels il privilégie la surexploitation irréfléchie au détriment de l'environnement, héritage de nos enfants».

L'Action boréale estime que l'inaction gouvernementale en matière d'aires protégées en forêt boréale «met en péril d'autres emplois» à travers le Québec parce que ces aires font partie des conditions de certification FSC qu'exigent les grands réseaux de distribution internationaux pour acheter le bois d'ici. Jusqu'ici, conclut l'Action boréale, le gouvernement Charest a confiné le Québec dans ce domaine au statut de «cancre» par rapport aux autres provinces.
3 commentaires
  • Jocelyn Bluteau - Inscrit 2 février 2007 09 h 39

    On reconnaît l'arbre à ses fruits - Jocelyn Bluteau

    Le gouvernement de Jean Charest est mal séant avec l'étoffe verte dont il tente de se draper. Les grands dossiers de fond portés depuis plusieurs années par la mouvance environnementale, que je salue, sont systématiquement reportés malgré des promesses faites. Le gouvernement de Jean Charest qui a revendiqué s'insérer dans la vision du développement durable démontre en fait qui est animé par le DÉVELOPPEMENT DUR...able, par exemple, autoroute 25, autoroute 30, projet Rabaska à Lévis et même pour ce qui concerne le dossier de l'éolien.

    Pour ce qui concerne l'esprit qui anime l'idée des aires protégées, l'odieux culmine avec le parc du Mont Orford.

    M. Charest peut prétendre être du vert de l'érable mais son arbre produit des pommes «vertes et pas mûres»?

  • Chryst - Inscrit 2 février 2007 09 h 55

    Des solutions existent mais demeurent ignorées

    Un coup de barre au mrnf pourrait aider à trouver une solution à la question des aires protégées, mais plusieurs personnes à ce ministère s'opposent à tout changement dans la gestion de l'aménagement forestier notamment. Ce n'est pas parce qu'on ignore les possibilités d'outils informatiques encore peu utilisés que ceux-ci ne représentent pas un énorme potentiel d'analyse, de synthèse et de représentation cartographique correspondant à de multiples critères de sélection des placettes d'étude (dans le cas des inventaires forestiers)

  • Fernand Trudel - Inscrit 2 février 2007 10 h 32

    Desjardins est un rêveur

    Richard Desjardins est un artiste qui compose bien. On donne trop d'importance à ses propos à cause de sa notoriété de compositeur-interprète et sa compétence s'arrête là.

    Dix ans après l'erreur boréale nous avons vu un reportage nous faisant voir les territoires décriés par le chanteur. Cette forêt se regénère suite au reboisement qui a été fait.

    Dans le dossier du réchauffement de la planète, les scientifiques préconisent une collecte d'arbres matures avant qu'il ne meurent et se décomposent car le méthane qui se dégage de leur décomposition est plus dommageable encore. Il est aussi prouvé que les arbres rendus à une certaine maturité n'absorbent plus autant le CO2 tant décrié par les kyotistes. Une forêt plus jeune regénère cette fonction de poumon de la planète. Frédérick Back, l'homme qui plantait des arbres, nous a montré la voie à suivre et nous la suivons tous sauf Desjardins...

    L'erreur boréale est donc un cri du coeur plus qu'une vérité scientifique environnementale. C'est donc un peu folklorique...

    J'ai eu l'occasion de rencontrer des syndicats forestiers sous-traitants des compagnies papetières et de visiter des chantiers. La coupe est contrôlée par des ingénieurs forestiers. Il y a reboisement systématique dans le cas de coupe de masse dite "à blanc" et les territoires sont parsemés comme un damier pour ne pas déséquilibrer le parc forestier.

    Le seul cas auquel M. Desjardins aurait pu avoir prise est celui de la Rayonnier à Port-Cartier qui lors de sa fermeture a laissé pourrir 100,000 cordes de bois coupées dans la forêt. Ca c'était un désastre environnemental digne d'être dénoncé.

    Diminuer l'espace de coupe est augmenter la production de méthane par des arbres qui se décomposent faute d'avoir été récoltés au bon moment. Desjardins, lui, continue de rêver mais ca fait du papier à noircir pour les médias...