Kyoto sera en vigueur dans cinq mois, dit Anderson

Le ministre fédéral de l'Environnement, David Anderson, a déclaré hier que le protocole de Kyoto entrera à son avis en vigueur d'ici «trois, quatre ou cinq mois» à la suite de sa ratification par le Canada et la Russie, principalement. Le ministre a donné ces précisions hier à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique à partir de New Delhi, en Inde, où il participe à la huitième Conférence des signataires du protocole de Kyoto en 1997.

Il manque environ 18 % au pourcentage d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pour que le protocole prenne juridiquement effet, a précisé le ministre Anderson, ce que les émissions canadiennes, les neuvièmes en importance au monde, mais surtout les énormes émissions de la Russie à l'époque de l'URSS peuvent définitivement combler.

Le protocole de Kyoto entrera en vigueur lorsque

55 % des pays signataires l'auront ratifié. Mais les émissions de ces pays doivent représenter 55 % de celles des pays industrialisés dont le nom apparaît à l'annexe I du traité. Le protocole prévoit que les pays de l'annexe 1 vont devoir diminuer globalement les émissions d'origine humaine de 6 % d'ici 2012. La responsabilité des premières réductions leur incombe parce que leur développement accéléré depuis le début de l'ère industrielle est le principal responsable du réchauffement du climat.

L'implication des pays en développement dans la mécanique du protocole a été au centre des discussions de New Delhi, selon David Anderson. Celui-ci a précisé que les pays en développement ont accusé les pays développés, tout particulièrement les États-Unis, de n'avoir pas respecté l'échéance de Rio et d'imposer actuellement à la planète des séquelles environnementales graves en raison de leur irresponsabilité. Les pays développés s'étaient engagés à Rio à ramener leurs GES en l'an 2000 au niveau des émissions de 1990. Le Canada dépasse de 19 % cet objectif, et les États-Unis, de 14 %.

Les pays développés, a poursuivi le ministre Anderson, ont répliqué aux pays en développement qu'ils s'étaient mis au travail et que le dossier «était désormais sous contrôle». Même s'il n'est pas question de mettre à contribution les pays en développement avant une décennie, les pays développés veulent lancer concrètement le débat sur leur éventuelle contribution et les moyens que les pays en développement entendent utiliser pour réduire leurs émissions.

À New Delhi, le Canada n'a pas fait progresser le dossier des crédits qu'il veut obtenir pour ses exportations d'énergie propre. Il se contente de garder la question à l'ordre du jour pour le moment.