Le BAPE autorise la création du plus grand parc au Québec - La rivière Moisie doit être protégée

Le projet du gouvernement de créer en partenariat avec les Cris le plus grand parc du Québec a reçu l'approbation globale du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Celui-ci approuve également, dans un deuxième rapport publié hier, le projet de réserve aquatique de la rivière Moisie.

Avec ses 11 093 km2, le futur parc national Albanel-Témiscamie-Otish, au nord de Chibougamau, aurait une superficie équivalente à au moins une fois et demie celle de tous les autres parcs du Québec rassemblés (le parc du Mont-Tremblant fait environ 1500 km2). Les plans d'eau représentent plus du tiers de la superficie de ce futur parc. Le gouvernement estime aussi que 54 % de la superficie totale du parc serait apte à soutenir des forêts.

Selon le BAPE, il existe «un consensus favorable» tant de la part de la nation crie de Mistissini, dont le village est situé dans les limites du parc, que de la communauté jamésienne et des organismes écologistes en faveur de la création du parc. Ce projet est perçu comme une «occasion de restructuration et de relance socioéconomique» de la région et reflète «l'importance que représente ce projet pour l'avancement du Québec en matière de conservation» du territoire.

Toutefois, le BAPE suggère d'étendre les limites projetées pour intégrer quatre secteurs supplémentaires, lesquels assureraient de meilleures pratiques en matière de conservation et de protection de l'environnement. Entre autres recommandations, le BAPE suggère de prolonger la route 167 pour assurer le potentiel écotouristique du parc, d'encadrer de façon serrée le projet de développement d'énergie éolienne sur ce territoire et de mettre en oeuvre dans le parc un plan de rétablissement du caribou forestier, une espèce désignée vulnérable.

Rivière Moisie

Dans un deuxième rapport, le BAPE a d'autre part publié les conclusions des consultations sur les projets de réserve aquatique de la rivière Moisie et des lacs Pasteur, Gensart et Bright Sand. Ce territoire est essentiellement situé entre Fermont et Sept-Îles. Là aussi, le BAPE en approuve les grandes lignes.

Le projet avait été lancé en 2003 par André Boisclair, ministre de l'Environnement à l'époque. La protection juridique alors accordée par le conseil des ministres aux bassins hydrographiques de la rivière Moisie était inédite au Canada. Le statut conféré au territoire empêche notamment toute activité industrielle d'exploitation des ressources naturelles.

Dans ce dossier, le BAPE suggère d'agrandir le territoire protégé pour inclure une portion du bassin versant de la rivière Ouapetec. Il insiste sur la nécessité de consulter les autochtones du territoire en ce qui a trait aux modalités de leur engagement et de leur contribution au projet avant de le mettre en branle. Le BAPE mentionne finalement qu'il serait de mise de créer un comité de gestion du bassin versant de la rivière Moisie dès maintenant compte tenu de son «caractère exceptionnel».

En 2002, le gouvernement s'était engagé à développer un réseau d'aires protégées qui devait couvrir 8 % du territoire trois ans plus tard. L'échéancier a ensuite été reporté à 2007. Pour l'instant, l'objectif demeure lointain: 5,8 % du territoire est protégé.