Kyoto, Chrétien rejette la demande de rencontre des provinces

Jean Chrétien
Photo: Agence Reuters Jean Chrétien

Ottawa — Il n'y aura pas de rencontre entre Jean Chrétien et les premiers ministres provinciaux à propos du protocole de Kyoto avant sa ratification, contrairement à ce que ceux-ci ont demandé lundi. De toute façon, dit-il, il n'y a pas d'urgence à accoucher d'un plan de mise en oeuvre du protocole, puisque ce sera un «work-in progress» pour les dix prochaines années.

M. Chrétien a en effet indiqué hier qu'il s'engageait toujours à ratifier le protocole international sur les changements climatiques d'ici la fin de l'année et que la rencontre avec ses homologues devait, elle, avoir lieu en janvier. Le sujet à l'ordre du jour sera la santé, mais le mot Kyoto pourra y être prononcé.

«Nous avons convenu de nous rencontrer en janvier pour [la santé], a indiqué hier Jean Chrétien. On peut parler de plusieurs choses à la fois.» Des journalistes lui ont demandé s'il avait l'intention de les rencontrer avant d'annoncer la ratification de Kyoto. «Non. J'ai l'intention... À moins qu'il arrive quelque chose de spécial, nous allons ratifier Kyoto avant Noël», a précisé M. Chrétien.

Les ministres de l'Environnement et de l'Énergie des provinces se sont rencontrés en début de semaine à Halifax pour discuter du plan de mise en oeuvre du protocole de Kyoto envisagé par Ottawa. Les provinces sont toujours autant divisées sur plusieurs sujets, mais semblent résignées à ce qu'Ottawa ratifie comme promis le protocole. Par contre, elles posaient comme condition de rencontrer le grand frère fédéral avant de donner leur imprimatur. C'est ce que leur refuse M. Chrétien.

M. Chrétien se dit satisfait du processus en cours, dans le cadre duquel les ministres provinciaux et fédéraux responsables du dossier échangent leurs points de vue sur le plan de mise en oeuvre du protocole. Selon lui, il est normal que cela prenne du temps. «Il n'y aura pas un plan définitif la semaine prochaine ou dans un mois. C'est un plan qui doit être en place pour 2012. Alors, il reste exactement dix ans pour finaliser tous les éléments du plan.»

Étrangement, pourtant, les députés libéraux (incluant l'ex-ministre des Finances Paul Martin) ont voté hier soir en faveur d'une motion allianciste demandant qu'un plan de mise en oeuvre du protocole «soit établi» avant que la Chambre des communes vote sur la ratification. L'objet de la motion est de présenter ce plan comme un prérequis à la ratification. Au bureau du premier ministre, on assurait que tout est cohérent.

«Il n'y a pas de contradiction avec la motion, dit la porte-parole Frédérique Tsai. Nous aurons un plan d'ici trois semaines, mais ce plan sera appelé à être finalisé avec le temps.»

Le Bloc québécois, qui appuie le protocole de Kyoto, a voté contre cette motion.