Conférence de Nairobi - Un plan pour planter un milliard d'arbres chaque année

Les Nations unies ont lancé hier à Nairobi, en marge de la Conférence mondiale sur le climat, un programme planétaire visant à planter en 2007 un milliard d'arbres aux quatre coins du monde pour réduire les gaz à effet de serre (GES), et reposant sur des interventions à tous les niveaux de la société — gouvernements, industries ou simples citoyens.

Au même moment, toujours à Nairobi, le World Business Council on Sustainable Development (WBCSD) demandait aux pays réunis pour amorcer la deuxième phase du protocole de Kyoto «de donner des signaux très clairs sur leurs objectifs de réduction à long terme» s'ils veulent que la communauté des affaires amorce les changements nécessaires. Les entreprises n'investiront pas dans des changements substantiels si les gouvernements ne manifestent pas une volonté évidente de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ne fixent pas des objectifs précis, a expliqué Lloyd Timberlake, le porte-parole de cet organisme qui regroupe 181 grandes sociétés internationales.

Les gouvernements, ajoute le WBCSD, doivent établir dès 2010 des objectifs de réduction réglementaires pour 2050, en termes absolus et quantifiables, et modifier les règles du jeu dans tous les domaines de l'activité économique internationale, tout en englobant les pays émergents et les pays en voie de développement.

Ce signal très clair a été lancé par la communauté d'affaires lorsque les quelque 140 groupes environnementaux regroupés dans le Réseau Action Climat ont nommément stigmatisé le Canada en séance plénière pour avoir «tourné le dos» à ses engagements au regard du protocole de Kyoto. Le Canada a aussi reçu hier le prix «Fossile» de la journée, décerné par les écologistes du monde entier, pour avoir pris 2003, et non 1990, comme point de référence de son dernier plan de réduction, ce qui réduit de moitié l'effort prévu dans le protocole de Kyoto.

Quant à la campagne de plantation d'un milliard d'arbres, un site Internet onusien a été ouvert hier (www.unep.org/billiontreecampaign) — prochainement traduit en français —, où tous les participants pourront enregistrer leurs projets et les progrès de leurs initiatives. Ce programme a été lancé, a expliqué Achim Stenier, le secrétaire général du PNUE, pour permettre aux gens et aux organismes privés et publics de passer à l'action sans avoir à attendre la fin des longues négociations qui s'amorcent.

Pour compenser la déforestation survenue lors de la dernière décennie, il faudrait planter 130 millions d'hectares, ou l'équivalent de la surface du Pérou, ce qui exigerait de planter non pas un mais 14 milliards d'arbres par an pendant 10 ans, ou deux arbustes par humain par an. Un propriétaire de voiture compacte qui voudrait annuler les GES émis par sa voiture devrait, quant à lui, planter un demi-hectare par an.