Changements climatiques - Ultramar appuie l'essentiel du plan de Québec

Photo: Jacques Grenier

La société pétrolière Ultramar, qui exploite une des trois raffineries du Québec ainsi qu'un réseau de 980 stations-service, appuie les «principaux éléments» du plan en matière de lutte contre les changements climatiques dévoilé par le gouvernement Charest au mois de juin, a affirmé hier le président de l'entreprise.

«Nous sommes d'avis qu'il propose des mesures claires et concrètes pour améliorer notre efficacité énergétique en tant que société et en tant que consommateurs, a dit Jean Bernier lors d'un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Il s'attaque à plusieurs éléments du problème, notamment l'efficacité des véhicules que nous conduisons.»

Le Plan d'action sur les changements climatiques comprend 24 objectifs, dont plusieurs ciblent les hydrocarbures. Parmi ceux-ci figurent l'établissement d'une norme d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pour les véhicules légers vendus dans la province à partir de 2010, l'inclusion de 5 % d'éthanol dans l'essence d'ici 2012 et l'intention de négocier des ententes «volontaires» avec le secteur industriel pour réduire les émissions de GES.

Lors de son dévoilement, le plan de Québec avait été louangé par le milieu écologiste. Du côté des pétrolières, on avait reconnu les qualités du plan mais bondi sur un point en particulier: l'imposition d'une redevance de 200 millions par année sur les hydrocarbures, à être partagée entre les pétrolières, Gaz Métro et Hydro-Québec. Selon une estimation subséquente, les pétrolières devront apparemment assumer 150 millions de cette somme, ce qui représente environ un cent le litre.

En dépit de demandes insistantes, M. Bernier n'a pas souhaité rencontrer la presse, invoquant un horaire chargé. Son discours survient au moment où l'environnement occupe une bonne place des débats politiques, surtout à Ottawa où le gouvernement Harper a, selon toute apparence, abandonné l'accord de Kyoto.

Par ailleurs, M. Bernier a signalé la mesure de Québec visant à privilégier l'éthanol cellulosique, fabriqué à partir de biomasse forestière et de résidus agricoles, «ce qui est nettement préférable, selon nous, à l'éthanol à base de maïs, dont on remet beaucoup en question le bilan net pour l'environnement».

«Nous comprenons également qu'un rôle renouvelé de l'Agence d'efficacité énergétique est au centre de la politique du gouvernement, a ajouté M. Bernier. Ultramar se déclare prête à jouer un rôle actif et positif auprès de l'Agence et auprès de la Régie de l'énergie, qui aura à déterminer son budget.»

Ultramar est une filiale de l'américaine Valero Energy, le plus grand raffineur en Amérique du Nord.