Signez et négociez plus tard, disent des environnementalistes

Signez maintenant et négociez plus tard afin de ne pas enliser la ratification de Kyoto dans un nouvel imbroglio constitutionnel, ont lancé hier l'Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) à l'intention des négociateurs fédéraux et provinciaux à l'orée de la conférence d'Halifax sur le contrôle des gaz à effet de serre au Canada.

Les deux organismes environnementaux donnent priorité, comme Greenpeace, à la ratification du protocole de Kyoto par le Canada le plus rapidement possible. Mais ils maintiennent leurs distances par rapport à la position de Greenpeace, qui appuyait la semaine dernière les doléances du Québec en vue d'une reformulation de parties importantes du plan d'action fédéral. Le ministre de l'Environnement du Québec, André Boisclair, déclarait la semaine dernière, avec l'appui de Greenpeace et de plusieurs groupes québécois, que les propositions fédérales désavantageaient l'industrie manufacturière du Québec et de l'Ontario au profit des producteurs de combustibles fossiles et d'énergie thermique, principales sources d'émissions au Canada après les transports. Le ministre Boisclair a été appuyé dans sa démarche par l'Assemblée nationale.

«Avant de crier à l'iniquité comme le fait le gouvernement du Québec, a fait valoir le porte-parole de l'UQCN, André Bélisle, il faut négocier de bonne foi. Il est par ailleurs clair que les différents secteurs industriels vont faire du lobbying pour faire valoir leurs situations particulières. Cependant, les membres de l'Assemblée nationale devraient garder en tête que la véritable iniquité, c'est celle qui fait en sorte que les Nord-Américains consomment, par habitant, dix fois plus de ressources que les Africains. À l'ère de Kyoto, la grande priorité pour le Québec doit être la lutte contre le gaspillage sous toutes ses formes.»

Pour Richard Gendron, de l'UQCN, il est «très important» pour le Canada de ratifier Kyoto le plus rapidement possible car la mise en place du traité international n'attend plus que la ratification par quelques pays comme le Canada et la Russie, notamment. Le protocole entrera en vigueur lorsqu'il aura été signé par 55 pays dont les rejets totaliseront 55 % des émissions du bloc des pays occidentaux.

Si, au cours des prochains mois, le Canada s'enlise dans d'interminables pourparlers, il créera lui-même les conditions d'une paralysie du processus car, estime Richard Gendron, des provinces comme l'Alberta se retrouvent en position de force pour retarder la ratification