Pas question de privatiser l'eau

André Boisclair, le ministre d'État à l'Environnement et à l'Eau, a réitéré hier l'engagement du gouvernement du Québec de considérer l'eau comme une ressource publique dont le contrôle doit demeurer public.

«L'eau appartient à tout le monde. De façon claire, nous allons marquer au gouvernement du Québec certaines intentions. D'abord, il y a une limite à tout mettre sur le marché. L'eau est une ressource que nous devons protéger et il n'est pas question de l'exporter en quantité massive», a précisé le ministre Boisclair après sa présentation, hier matin, à la conférence financière internationale de Montréal.

M. Boisclair a pris la parole devant une centaine de représentants d'entreprises d'ici et de l'étranger intéressés par la privatisation de l'eau, notamment le groupe français Vivendi Environnement et la firme d'ingénierie québécoise SNC-Lavalin. À ces gens, André Boisclair a rappelé les sept principes qui guideront la politique nationale de l'eau, dont la propriété collective de l'eau, l'accès de tous à l'eau potable à un prix abordable et le juste paiement de l'eau par les utilisateurs à travers la taxation générale.

«J'ai le courage de dire devant ces gens ce que je dis devant les environnementalistes», a-t-il souligné pour expliquer sa présence à un tel événement. «Nous avons une très belle expertise dans la gestion de l'eau, a-t-il fait valoir. Cette expertise détenue par la Société québécoise d'assainissement de l'eau, par nos firmes d'ingénierie, par Hydro-Québec, peut se vendre à l'étranger. Et tant mieux si la gestion publique de notre eau peut donner ouverture à des occasions d'affaires à l'étranger».

Outre certaines expériences d'utilisation de compteurs d'eau dans des municipalités, M. Boisclair souhaite une plus grande sensibilité des industries et des organismes à la consommation judicieuse de l'eau. Ainsi, il estime que le gouvernement devra donner l'exemple à travers ses réseaux de la santé et de l'éducation.

Avec la présentation de la politique nationale de l'eau qui est promise depuis plusieurs années et qui doit être annoncée sous peu, selon M. Boisclair, le gouvernement entend resserrer certains contrôles, notamment en ce qui a trait à l'eau souterraine. Des redevances seront perçues en fonction du volume d'eau capté par les entreprises privées, a soutenu le ministre Boisclair. Ces sommes pourraient aller dans un fonds consacré à la mise en oeuvre de la politique de l'eau.