Hydro-Québec fait l'acquisition de cinq voitures électriques

Le moteur-roue inventé par Pierre Couture, de l'Institut de recherche en électricité (IREQ) d'Hydro-Québec, fait des petits en France, mais il ne s'agit pas de ceux que son inventeur souhaitait.

Hydro-Québec présentait hier, en marge des travaux de l'Assemblée nationale sur son plan stratégique, la Cleanova II, une voiture électrique à moteur central et non à moteurs-roues, produite par le groupe français Dassault-Heuliez au sein de la Société des véhicules électriques. Le véhicule, jusqu'à présent produit à 40 exemplaires, existe en version tout-électrique et en version hybride mais son système de propulsion est strictement électrique et non mixte. Le moteur à combustion, dont on peut équiper le modèle, se limite à une génératrice qui peut recharger les batteries et accroître considérablement l'autonomie de cette sorte d'estafette destinée à des fins commerciales.

Mais récemment, Citroën a laissé filtrer les plans du coupé C-Métisse, propulsé celui-là par deux véritables moteurs-roues qui assistent un six-cylindres diesel, de quoi donner des complexes aux plus vives mécaniques à huit pistons. Le bolide grimpe à 100 km/h en 6,2 secondes. La combinaison électricité-diesel cumule les avantages des deux systèmes de propulsion. Le mode électrique est en effet plus performant en ville car chaque freinage recharge les accumulateurs. Mais à haute vitesse, le diesel s'avère plus performant.

Par ailleurs, les Britanniques viennent de réaliser un prototype, la Mini QED, une Mini de BMW équipée de quatre moteurs-roues électriques alimentés par des batteries qu'une petite génératrice peut recharger en marche au besoin, conférant ainsi au véhicule une autonomie de 1500 kilomètres. Cette petite bombe, qui reprend presque intégralement la stratégie développée par Pierre Couture au milieu des années 90, a une autonomie de 320 à 400 kilomètres en tout-électrique et peut atteindre une vitesse de pointe de 240 km/h avec une accélération 0-100 km/h en 4,2 secondes.

Mais si ces prototypes sont capables d'attirer les regards dans les salons automobiles, voire les commandes de quelques riches amateurs, la plus modeste Cleanova a toutefois plus de chances de se multiplier à court terme, a affirmé le président de TM4, Claude Dumas, très fier de prendre livraison d'un des six exemplaires qui entrent en service au Québec, dont cinq chez Hydro-Québec.

La Cleanova, a expliqué le p.-d.g. de TM4, correspond aux besoins déterminés sur le marché européen. Le véhicule a une autonomie de 210 kilomètres en ville et de 170 kilomètres sur la grand-route. Il sera surtout utilisé d'entrée de jeu par les Postes françaises. Il serait voué à un avenir prometteur dans les nouveaux centre-ville européens totalement interdits aux voitures, sauf aux véhicules électriques des services publics, comme à Parme, en Italie.

La Cleanova est équipée d'un moteur central relié à deux des roues. Cependant, a précisé Claude Dumas, le fonctionnement de ce moteur se base sur les inventions de Pierre Couture et sur les technologies de gestion électronique du courant électrique, que TM4 a développées. Il en résulte, a-t-il dit, un moteur plus efficace que ses concurrents, qui peut, pour cette raison, bénéficier d'une autonomie plus grande avec de plus petites batteries. M. Dumas soutient que TM4 continue d'offrir son moteur-roue aux industriels mais que le marché ne semble pas vouloir sauter sur l'occasion.

Cependant, plusieurs sociétés, dont certaines aussi importantes que Mitsubishi et la multinationale Siemens, travaillent sur des moteurs-roues. Un spécialiste au fait du dossier a affirmé hier au Devoir que le peu d'intérêt pour le moteur-roue de TM4 provient du fait que cette entreprise l'a très peu amélioré depuis le départ de Pierre Couture, sauf dans le cas de l'électronique de gestion, qui a beaucoup évolué.
1 commentaire
  • Claude L'Heureux - Abonné 22 septembre 2006 21 h 04

    Trop durable!

    Il fallait entendre le pdg d'Hydro (si je me souviens bien) expliquer à Pierre Maisonneuve, hier, que l'industrie ne voulait pas du moteur-roue de monsieur Couture. Pour quel raison? Il faut comprendre qu'une telle voiture ne serait pas payante à produire étant donné le peu de pièces en mouvement contrairement aux voitures actuelles. En effet le moteur ne servirait qu'à fournir de l'électricité aux roues ce qui en ferait une simple génératrice. La chaîne de montage serait racourcie et l'entretient se limiterait à changer les roues et la suspension! Trop durable pour l'industrie qui veut nous faire changer de voiture aux cinq ans. Et Hydro, qui nous appartient... a réduit au silence monsieur Couture sur l'invention du siècle qui aurait diminué les profits des pétrolières et des constructeurs, de même que la pollution, sans parler de la notoriété mondiale du Québec et des emplois ainsi créés. Où était le PQ? Pourquoi ce silence? Sommes-nous dans le champ comme dirait le castor de Bell?