Recycler sans consigner

Non consigné, mais recyclable tout de même. Pour stimuler la récupération d'une foule de contenants non consignés à remplissage unique (CRU) qui ne sont pas visés par la Loi sur la vente et la distribution de bière et de boissons gazeuses, une douzaine d'importants fabricants de boissons gazeuses, de distributeurs en alimentation (dont la Société des alcools du Québec) et d'associations d'embouteilleurs d'eau ont présenté hier au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Claude Béchard, le plan d'une campagne de sensibilisation nationale qui se mettra en branle dans les prochaines semaines.

Avec un budget autofinancé de 300 000 $, la Table de concertation sur la récupération des CRU non consignés testera d'ici novembre cinq projets-pilotes (essentiellement, l'installation de bacs de recyclage de canettes et de contenants dans certains endroits publics mal desservis actuellement). Le gros de l'offensive se fera toutefois sur les contenants mêmes et sur les rayons des magasins: on y apposera en effet des milliers d'autocollants incitant les consommateurs à recycler l'objet acheté.

«Nous cherchons une autre solution que la consigne obligatoire, explique une porte-parole de la Table. C'est un système difficile à gérer», estime-t-elle. Les embouteilleurs lui reprochent des coûts de manipulation plus importants et des complications logistiques. Néanmoins, ce système assure actuellement la récupération de 75 % des contenants visés par la loi, un taux beaucoup plus élevé que celui de récupération normale des contenants non consignés. On retrouve parmi les membres de ce regroupement la compagnie Coca Cola, qui avait soulevé une petite tempête en février en décidant de cesser d'appliquer une consigne volontaire sur certains contenants de boissons non gazeuses à remplissage unique (jus et thé glacé).