Éducation et sensibilisation - Pour la protection des paysages

Afin de sensibiliser les Québécois à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, l’AQLPA a produit un petit carnet de l’automobiliste rempli d’une foule de trucs pour entretenir son véhicule tout en diminuant le plus possible les effets
Photo: Jacques Grenier Afin de sensibiliser les Québécois à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, l’AQLPA a produit un petit carnet de l’automobiliste rempli d’une foule de trucs pour entretenir son véhicule tout en diminuant le plus possible les effets

Cette année, l'école secondaire Jean-Rimbault de Drummondville, la MRC de Lotbinière et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) se sont vues décerner chacune un Phénix de l'environnement dans la catégorie Éducation et sensibilisation, lors du gala annuel qui a eu lieu jeudi dernier à la salle Albert-Rousseau de Québec. Si chacun des projets s'attaque a une problématique particulière et cible un public bien différent, ils font tous, à leur manière, une différence pour l'environnement.

Des ados à la rescousse de la faune

L'école secondaire Jean-Rimbault de la Commission scolaire des Chênes à Drummondville a trouvé une manière originale et surtout, très profitable de susciter le développement de compétences chez ses élèves. Grâce au Groupe d'aide pour la recherche et l'aménagement de la faune (GARAF), les élèves, appuyés par leurs professeurs, analysent la biodiversité de certains secteurs de leur municipalité et posent des actions concrètes pour la conserver.

À la suite de la demande formulée par la Ville de Drummondville, le GARAF travaille principalement au ruisseau Paul-Boisvert en ce moment. «Les élèves sont à l'étape du bilan de santé. Ensuite, ils feront des recommandations et lorsque ce sera possible, ils passeront eux-mêmes à l'action», indique l'enseignant en sciences à l'école Jean-Rimbault et fondateur du GARAF, Pablo Desfossés.

Pour intervenir sur le terrain, les élèves de Jean-Rimbault sont divisés en équipes d'experts, qui peuvent varier selon les besoins des projets. En ce moment, il y a l'équipe des milieux humides, celle de l'analyse de l'eau, celle de l'aménagement aquatique, celle de la faune aviaire, celle de la gestion du castor et autres mammifères amphibies, celle des petits mammifères et, finalement, celle des poissons.

Travailler en coopération

L'équipe des milieux humides, qui comprend pratiquement tous les élèves de 5e secondaire, a une tâche énorme à accomplir. Elle doit entre autres répertorier toutes les espèces de reptiles et d'amphibiens ainsi qu'en évaluer la population.

«Pour être en mesure d'y arriver, les élèves de 5e secondaire ont donné de la formation à ceux de 1re secondaire pour qu'ils fassent toute la partie capture et identification. Les élèves de 1re secondaire ont également été formés par leur professeur de mathématique à faire des statistiques, des tableaux et des graphiques. Ils traitent leurs données recueillies sur le terrain et ensuite, les élèves de 5e secondaire vérifient tous les chiffres et en font un rapport officiel qu'ils remettent à l'école», explique M. Desfossés, un biochimiste de formation ayant une spécialisation en environnement.

Pour arriver à bien encadrer leurs étudiants, les professeurs responsables des différents volets du projet doivent eux aussi suivre de la formation. «Par exemple, il nous est arrivé d'aménager des frayères, des endroits où se reproduisent les truites. Le responsable de l'équipe d'aménagement aquatique a alors eu quatre jours de formation pour apprendre à faire une frayère et deux autres jours pour apprendre à y insérer des oeufs», précise M. Desfossés.

Faire sa part pour l'environnement

L'objectif du GARAF est d'intégrer la protection de l'environnement et les notions de développement durable à l'éducation. «Les élèves jouent un rôle important dans leur communauté et ils le sentent. Ils font leur part pour l'environnement et ça les motive énormément», remarque M. Desfossés.

Les jeunes ont vraiment commencé à réaliser à quel point leur travail était important lorsqu'ils ont réussi à convaincre un promoteur immobilier de ne pas remblayer un marais. «Ils ont fait une étude sur l'impact qu'un tel geste aurait sur la faune et ils ont convaincu le promoteur de ne pas toucher au marais et, même, de signer des papiers stipulant qu'il s'engageait à le protéger. Ils ont alors réalisé qu'ils avaient un pouvoir, qu'ils étaient pris au sérieux», soutient le professeur.

Depuis 1999, le GARAF prend constamment de l'ampleur. Toutefois, en ce moment, les élèves de 3e secondaire ne sont pas encore véritablement impliqués dans les projets de protection de l'environnement. L'an prochain, Pablo Desfossés et son équipe développeront un projet spécialement pour eux. «Leur mission intégrera la technologie. Nous leur demanderons de nous aider à faire l'inventaire des reptiles et des amphibiens en inventant des pièges efficaces. Lors d'un projet-pilote, nous leur avons demandé de trouver une manière de capturer des salamandres et ça a très bien fonctionné. Nous avons hâte de voir ce qu'ils pourront bien inventer l'an prochain», conclut le responsable du GARAF.

Prendre conscience de la richesse des paysages

La richesse des paysages présents dans la MRC de Lotbinière, près de Québec, est tout à fait remarquable. Pourtant, les résidants de la région n'en sont généralement pas conscients, comme c'est souvent le cas lorsqu'on vit trop collé sur une réalité. La MRC de Lotbinière a décidé de prendre les choses en main pour sensibiliser ses citoyens à cette richesse qu'ils ont sous les yeux.

Le projet «Les paysages de la MRC de Lotbinière» a vu le jour dans le cadre de travaux de révision du schéma d'aménagement de la MRC. «Nous avons découpé le territoire selon les différents types de paysages: les berges du fleuve, la plaine et le secteur vallonné. Nous avons pris des photos de ces paysages, nous avons imprimé un guide et des affiches et nous sommes allés les montrer aux citoyens et aux élus. Certains ne savaient même pas que nous avions des collines sur notre territoire», affirme Louis Cournoyer de la MRC de Lotbinière.

Visites de sensibilisation

Après avoir vu les photos des paysages, plusieurs citoyens et élus ont manifesté le désir de se rendre sur place. «Nous avons organisé des voyages en autobus avec un présentateur, surtout pour les écoles, pour permettre aux jeunes de voir ces paysages de leurs propres yeux», poursuit M. Cournoyer.

Ces visites peuvent sembler bien naïves, mais elles sont un véritable outil de sensibilisation aux enjeux liés à l'occupation, à l'utilisation et à l'aménagement du territoire. «Lors des visites, le présentateur fait des liens entre les types d'agriculture pratiquée et les paysages observés. Les visiteurs peuvent aussi remarquer l'impact de l'arrivée de gens sur un territoire», explique M. Cournoyer.

Pour le moment, Les paysages de la MRC de Lotbinière se veut un outil de sensibilisation plutôt qu'un outil de réglementation. «C'est déjà beaucoup de faire prendre conscience aux gens de la richesse des paysages qui les entourent. Par la suite, nous commencerons un travail plus pointu de ciblage des paysages d'intérêt à considérer lors des choix d'aménagement du territoire et de réglementation», conclut M. Cournoyer.

Conduire de manière responsable

Afin de sensibiliser les Québécois à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, l'AQLPA, située à Saint-Léon-de-Standon, près de Québec, a produit un petit carnet de l'automobiliste intitulé Un air de changement. Il est rempli d'une foule de trucs et astuces pour acheter, conduire, et entretenir son véhicule tout en diminuant le plus possible les effets néfastes pour l'environnement.

Avant de donner quelque conseil que ce soit, le guide donne de l'information à l'automobiliste sur sa production approximative de CO2, selon le type de voiture qu'il possède, et lui permet de calculer sa consommation moyenne réelle en litres par 100 km à l'aide d'une suite de quatre opérations à effectuer. Une fois que l'automobiliste connaît la consommation moyenne d'essence de son véhicule par 100 km, il est invité à améliorer sa performance.

Conseils pratiques

Premièrement, le guide contient une liste de caractéristiques à éviter et d'autres à privilégier lorsqu'on magasine un véhicule. Par exemple, une transmission manuelle à cinq vitesses requiert généralement jusqu'à 15 % moins de carburant qu'une transmission automatique. De plus, le climatiseur est à éviter puisque son utilisation peut augmenter jusqu'à 25 % la consommation de carburant en ville. Enfin, le guide avertit l'automobiliste des conséquences néfastes pour l'environnement de la mode des minifourgonnettes ainsi que des véhicules utilitaires sportifs.

Le guide donne aussi des trucs simples et faciles à l'automobiliste pour réduire sa consommation de carburant, comme de ne jamais laisser tourner inutilement son moteur. De plus, le carnet indique que, même l'hiver, un moteur n'a jamais besoin de tourner plus de 30 secondes pour se réchauffer.

L'automobiliste préoccupé par l'environnement doit porter une attention particulière à l'entretien de son véhicule. On apprend dans le guide qu'une voiture mal entretenue peut consommer jusqu'à 50 % plus de carburant qu'une voiture en bon état. Le petit carnet Un air de changement contient également une liste fort utile de pièces à surveiller qui peuvent faire augmenter significativement la consommation de carburant si elles ne sont pas en bon état, tels le filtre à air, les bougies d'allumage et le système de refroidissement. La pression des pneus doit aussi être vérifiée fréquemment puisque, s'ils ne sont pas gonflés suffisamment, la consommation de carburant de la voiture augmentera.

Un air de changement a été distribué à plus de 750 000 exemplaires dans un réseau d'entreprises et d'organismes de la province.

Collaboratrice du Devoir