Rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement - Les changements climatiques pourraient provoquer de multiples faillites

Les milieux financiers et économiques doivent comprendre que «les conséquences économiques des catastrophes naturelles induites par le changement climatique pourraient ruiner les marchés boursiers et les places financières du monde», affirme un rapport publié hier à Zurich par l'Initiative des institutions financières du Programme des Nations unies pour l'environnement (IIF-PNUE).

Les porte-parole des milieux financiers à l'origine de ce rapport ont affirmé hier que trop peu d'institutions financières, notamment parmi les banques, les caisses de retraite et les compagnies d'assurances, mesurent la gravité et les impacts potentiels des changements climatiques en cours. Jusqu'à présent, indique le rapport qui sera rendu public aujourd'hui sur le site Internet du PNUE (www.unepfi.net), les pertes financières attribuables aux catastrophes associées aux changements climatiques doublent tous les dix ans.

L'IIF-PNUE implique dans un même partenariat l'organisme onusien et 295 institutions financières dans le monde. Le rapport intitulé Climate Change and the Financial Services Industries a été réalisé par Innovest Stragegic Value Advisors, de Toronto, sous la direction du PNUE et d'un comité de travail dans lequel étaient notamment représentés le Citigroup, Desdner Bank AG, Munich Reinsurance Co, Prudential et Swiss Re.

«La fréquence de plus en plus rapprochée des épisodes climatiques violents, associée à des coûts sociaux importants et à la menace d'une instabilité sociale pourrait exercer des pressions considérables sur les assureurs, les réassureurs et les banques au point d'écorcher leur rentabilité, voire de les acculer à la faillite», indique le rapport.

Le marché immobilier risque d'être particulièrement frappé par les clauses de résiliation de couverture pour cause de catastrophes naturelles, laissant de plus en plus les propriétaires et les gouvernements aux prises avec les coûts de réparation. Quant aux gestionnaires d'actifs, et en particulier ceux des caisses de retraite, le rapport les accuse d'être «trop lents à apprécier la menace du changement» au risque de voir chuter leurs valeurs au fur et à mesure que les investisseurs vont prendre conscience de ce qui se passe, surtout ceux qui auront investi dans les filières polluantes.

La «politique attentiste» des places financières, ajoute le rapport, n'est pas sans rapport avec l'indécision des gouvernements à mettre en place des politiques claires et, notamment, un marché sur lequel s'échangeront les permis d'émissions, qui vont bouleverser la donne sur le marché.