Pollution - L'approvisionnement en eau de trois régions du monde est menacé

La pollution des villes côtières de trois régions du globe menace les mers ou océans qui les baignent au point d'en compromettre leurs ressources halieutiques, ce qui menace à la fois leur approvisionnement en eau et en ressources alimentaires, indique un rapport publié hier par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Selon ce rapport, les trois mers les plus menacées sont les mers d'Asie, du Pacifique du Nord-Ouest et de l'Afrique de l'Ouest, où les habitats côtiers, les pêcheries, la flore et la faune marines, sans oublier les populations humaines riveraines, sont «les plus menacés au monde par les eaux usées non traitées déversées dans les eaux côtières».

Ce rapport constitue la première suite administrative du Sommet de Johannesburg, où la communauté internationale a décidé de doter d'eau potable et de services d'assainissement la moitié des habitants de la planète qui en sont privés. Présentement, 1,1 milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable et 2,4 milliards ne bénéficient pas de la sécurité qu'apporte l'assainissement des eaux usées.

Présentement, c'est dans les eaux côtières de l'Asie du Sud que la proportion de déchets domestiques rejetée «est probablement la plus forte au monde, ce qui accroît le risque de contamination des crustacés et d'empoisonnement des poissons, de la flore et de la faune sauvages par des proliférations d'algues toxiques», précise le rapport de l'ONU. On y ajoute que des habitats précieux comme les récifs coralliens de l'Asie du Sud sont probablement menacés doublement par le réchauffement des mers et, en plus, par ces formes intenses de pollution.

Le rapport rendu public hier servira à établir les priorités d'intervention du PNUE et la répartition des milliards du Fonds mondial pour l'environnement, lequel, avec ses 20 milliards en réserve, est loin du compte pour procéder à un nettoyage global dont les coûts sont évalués à 180 milliards... par an!

Pour accélérer le tempo et ne pas faire reposer le programme d'intervention de l'ONU sur les seuls fonds amassés auprès des pays riches, le PNUE estime qu'il faudrait ajouter aux objectifs de Johannesburg un autre objectif chiffré, mesurable, soit de faire en sorte que 20 % des villes côtières s'équipent elles-mêmes de «systèmes durables et écologiquement rationnels d'approvisionnement en eau et en traitement d'eaux usées d'ici 2012».

Ces villes, expliquait Cees van de Guchte, administrateur principal des programmes d'intervention, pourraient mettre en place des plans stratégiques d'équipements, qui correspondent à leur capacité de les autofinancer à long terme par une juste tarification des services d'eau. Les bénéfices, dit-il, que retireraient ces populations côtières de pareils investissements pourraient souvent égaler, sinon dépasser les coûts de ces systèmes autofinancés.

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