Vingt-trois réservoirs d'hydrocarbures s'ajouteront dans l'est

L'est de Montréal hérite de deux grands projets d'entreposage d'hydrocarbures qui pourraient faire l'objet d'audiences publiques au cours des prochains mois.

Le dernier en date a été dévoilé hier par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), ce qui lance la période dite d'information au cours de laquelle les citoyens ou des organismes peuvent réclamer une audience publique d'ici 45 jours.

Il s'agit d'un projet de la société Pétro-Canada, qui veut ajouter cinq réservoirs hors terre d'une capacité totale de 95 400 mètres cubes pour entreposer des distillats et des bases d'essence. Les cinq réservoirs se retrouveraient au nord des installations de la pétrolière, à l'est de l'avenue Marien et au nord de la 40, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies, à environ un kilomètre de secteurs résidentiels et industriels. Pétro-Canada projette de ceinturer ses nouveaux réservoirs d'une digue de sécurité pouvant contenir un éventuel déversement et elle propose un toit fixe pour son réservoir contenant des distillats afin de réduire les émissions de composés organiques volatils, des molécules qui contribuent au smog urbain.

Le deuxième projet est plus près des résidences, ce qui a inquiété d'ailleurs plusieurs propriétaires, comme en fait foi le compte rendu de la période d'information sous l'égide du BAPE, qui s'est terminé le 9 décembre. On ne sait pas si le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, a reçu des demandes d'audiences, sur lesquelles, le cas échéant, il devra statuer.

Il s'agit dans ce cas-ci du projet de la société Canterm Terminaux Canadiens, qui aimerait ajouter 18 réservoirs aux 41 qu'elle utilise déjà dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies et de Pointe-aux-Trembles. L'ajout de ces réservoirs doublerait sa capacité d'entreposage actuelle. Le rapport du BAPE sur la période d'information a permis d'anticiper que les enjeux d'une éventuelle audience porteraient sur les émissions atmosphériques des réservoirs d'hydrocarbures, sur leur proximité par rapport aux résidences, sur les conséquences de ce risque environnemental d'explosion ou d'incendie majeur pour la valeur des propriétés ainsi que sur les séquelles qui pourraient en résulter localement pour la santé publique. Les citoyens qui ont participé aux séances d'information sont aussi inquiets des répercussions sur le fleuve de la manutention de produits pétroliers comme l'éthanol, les biodiesels et le naphte pétrochimique, qu'on entreposerait sur place en attendant la livraison de ces produits aux clients de Canterm.