Université du Québec - Un réseau qui grandit

Rejeton de la Révolution tranquille, l'Université du Québec (UQ) s'est installée de manière à pouvoir rayonner aux quatre coins de la province. Le réseau accueille aujourd'hui 86 000 étudiants à l'intérieur de ses dix établissements universitaires. Depuis sa création, l'UQ a évolué au rythme des diverses réalités qui ont marqué ses institutions. Tour d'horizon.

Le rôle même de l'UQ, la plus jeune université de la province, trouve son essence à l'intérieur d'un triptyque fort simple: accessibilité, développement scientifique et développement régional. Issu de la Loi sur l'Université du Québec, promulguée le 18 décembre 1968, le réseau s'est doté du mandat suivant: offrir un lieu d'enseignement et de recherche de qualité, accessible, et cela, afin de contribuer au développement scientifique de la province et de ses régions.

Toujours d'actualité? Certainement et plus que jamais, lance le vice-président Enseignement et recherche de l'UQ, Daniel Coderre. Depuis sa création, le réseau universitaire a délivré près de 380 000 diplômes. «On a justement la chance de compter sur la force d'un réseau pour nos projets et notre développement.»

Les divers établissements de l'UQ peuvent donc, par le biais d'alliances stratégiques, réunir l'expertise nécessaire aux projets qu'ils désirent mener à terme. «C'est une force qui nous différencie de certaines universités plus centristes», note-t-il.

Approches multiples

Dans ce réseau, l'Université du Québec sert de pivot; elle assume «un rôle de valeur ajoutée académique». «On a donc davantage un rôle de collaborateur et de coordonnateur. On s'organise pour coordonner les forces propres à chacune des régions, mais aussi on partage l'expertise de centres comme celui de Montréal», où on retrouve un important bassin d'expertise: l'UQAM, l'École de technologie supérieure (ETS), l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), l'École nationale d'administration publique (ENAP).

Un tel réseau offre l'occasion d'étendre certains programmes de formation ou de perfectionnement — existant préalablement à Montréal — à d'autres régions de la province, explique M. Coderre. Du même coup, les établissements régionaux peuvent offrir des formations qu'ils ne pourraient déployer habituellement. À plus long terme, l'extension d'un programme permet à celui-ci «une fois mature, de fonctionner de façon autonome».

Mais outre l'autonomisation des programmes, l'UQ a mis en place des programmes-réseaux. Afin de faciliter la mobilité étudiante, elle a structuré un programme de mobilité académique, le MOBILUQ. Ce dernier permet aux étudiants de s'inscrire dans leur établissement d'origine et d'aller étudier dans un autre établissement du réseau. Il est présentement en train d'être déployé à l'échelle du Québec. «Cela permet de profiter de l'expertise qu'on retrouve dans les dix universités», fait remarquer Daniel Coderre. L'UQ devrait sous peu adapter ce programme à l'échelle internationale.

La mobilité académique permet d'inciter les étudiants à se déplacer vers les régions et d'établir des contacts avec une expertise et des ressources qui ne se retrouvent pas dans les grands centres, note-t-il. Par exemple, l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, partenaire de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), offre un cadre naturel propice au développement des sciences de la mer qu'on ne pourrait retrouver ailleurs.

Notons également que l'UQ a rapidement mis l'accent sur le développement de l'enseignement à distance avec la création et le développement de la télé-université. La TELUQ, désormais rattachée à l'UQAM, permet un enseignement universitaire à distance qui s'inscrit dans un programme de formation, mais également dans une optique de perfectionnement.

«L'approche collective permet d'aller plus loin que ce que chacun des établissements peut faire, même s'il le fait bien», note M. Coderre. Pour ce faire, plusieurs outils sont déployés. Entre autres choses, il y a le Conseil de l'enseignement et de la recherche, qui réunit les vice-recteurs de chacune des universités de façon régulière et coordonne les activités du réseau — pour le choix et le développement de programmes, par exemple.

Partenariat

Mais l'adaptation de chaque établissement du réseau aux réalités régionales respectives prend aujourd'hui diverses formes. De plus en plus, les universités élaborent des partenariats avec des institutions ne faisant pas partie de l'UQ. Il s'agit là, très souvent, d'une stratégie déployée afin de répondre à certains besoins criants.

Les exemples sont nombreux, particulièrement dans le secteur de la santé. L'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) annonçait récemment un partenariat avec la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. Pour sa part, l'Université du Québec à Trois-Rivières coopère avec l'Université de Montréal afin d'offrir des infrastructures nécessaires à l'enseignement d'un programme de médecine qui, il faut le noter, reste entièrement sous la responsabilité de la faculté de médecine de l'UdeM.

D'autres universités du réseau aspirent à développer de tels partenariats afin de mieux répondre aux réalités régionales. C'est le cas de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). La rectrice de l'institution, Johanne Jean, ne cache pas son désir d'établir un pont entre son établissement et d'autres universités afin de faciliter la formation en génie minier.

Peut-on affirmer qu'une nouvelle tendance voit le jour? Il serait difficile de dire le contraire. Daniel Coderre perçoit de manière «très positive» ce type d'initiative. «On est très conscient de l'importance de la coopération interuniversitaire, aussi bien ici au Québec qu'ailleurs. C'est une réalité qui existe et qui apporte beaucoup.» Il ajoute par ailleurs: «Évidemment, on a tout d'abord la mission de protéger et de valoriser ce qui se fait à l'interne.»

Collaborateur du Devoir