Collèges privés non subventionnés - Pour obtenir une formation sur mesure

Les personnes qui cherchent une formation précise, menant directement au marché du travail, et pour qui ni le cégep ni l'université n'est une réponse, peuvent se tourner vers le réseau des collèges privés non subventionnés, car c'est précisément la mission qu'ils se sont donnée.

«Notre clientèle est composée en bonne partie d'adultes en réorientation de carrière, explique Ginette Gervais, directrice du collège Salette et présidente du Conseil des collèges privés non subventionnés du Québec. On peut dire que sa clientèle se divise en deux: la moitié sont des adultes qui sont déjà sur le marché du travail, mais ont perdu leur emploi ou cherchent à s'améliorer, et l'autre moitié est une clientèle plus jeune pour qui le cégep n'a pas réussi.»

La formation dispensée par ces collèges est reconnue par le ministère de l'Éducation, mais elle ne mène pas à un diplôme d'études collégiales, plutôt à une attestation d'études collégiales (AEC). La raison en est fort simple: l'étudiant inscrit à cette formation n'a pas à suivre les cours du tronc commun, tel que l'exige l'obtention d'un DEC.

De plus, ceci a pour résultat de dispenser des formations complètes sur une période plus courte, de neuf à 16 mois en moyenne, entièrement techniques et totalement axées sur les besoins actuels du marché du travail. Une formation par ailleurs bien prisée des entreprises puisque le taux de placement de ces collèges privés est supérieur à 90 %.

Qui dit collèges privés non subventionnés dit aussi frais de scolarité plus élevés. Heureusement, une aide financière est mise à la disposition des étudiants. D'une part, ces derniers, s'ils sont éligibles, peuvent s'inscrire au programme de l'aide financière aux études du gouvernement du Québec. D'autre part, les collèges offrent un financement privé, souvent en collaboration avec une institution financière qui consent à offrir à l'étudiant une marge de crédit pouvant aller jusqu'à 20 000 $ et dont le remboursement peut s'échelonner sur sept ans.

La situation du réseau

Il fut un temps aussi où certaines de ces formations étaient défrayées par des programmes gouvernementaux, tel l'assurance-emploi. Mais la situation a changé depuis la création d'Emploi-Québec, et c'est aujourd'hui plus rare. «Le gouvernement du Québec préfère encore orienter les jeunes qui cherchent une formation vers le réseau public.» En effet, bon nombre de cégeps offrent aussi des AEC, souvent précisément conçues pour répondre aux besoins de formation d'Emploi-Québec.

Une situation que déplore Mme Gervais. «On a évidemment fait des recommandations à ce sujet. Il semble y avoir un peu d'ouverture, mais sur le terrain, les choses n'ont pas changé.» Elle aimerait retrouver une part de cette clientèle, cela va de soi, mais elle déplore aussi qu'on se prive ainsi des compétences acquises par les collèges privés non subventionnés qui offrent justement ce genre de formation ciblée et axée sur l'intégration au marché du travail.

L'offre de service

La formation donnée par les collèges privés non subventionnés est assez variée, bien qu'elle soit évidemment de nature technique. Afin de donner un aperçu des formations disponibles sur le marché, voici donc un résumé des offres de service de certains de ces collèges.

Le collège Sallette est le seul collège privé au Québec spécialisé dans le domaine de la communication graphique. Trois formations sont disponibles: concepteur infographiste, concepteur multimédia et illustrateur publicitaire. L'Institut supérieur d'informatique, comme son nom l'indique, est spécialisé en informatique. On y compte quatre programmes: réseaux informatiques et télécommunications, programmation et conception de sites Web, intégration de systèmes d'information et réseaux informatiques et sécurité.

L'Académie internationale du design et de la technologie a une offre de service un peu plus variée. On y compte six programmes: design de mode, commercialisation de la mode, design intérieur, design graphique, design publicitaire et Web médias.

Le collège Herzing, un des plus importants au Canada dans le genre, possède sans doute une des offres de service les plus variées. À ses campus de Montréal et de Laval, on offre présentement sept formations menant à des AEC dans le domaine de la technologie, du design et de la gestion des affaires. Certaines sont très pointues, par exemple celle de programmeur-analyste LEA.AS, et d'autres plus générales, telles les ressources humaines.

La formation continue

La formation qu'on reçoit en fréquentant un collège privé non subventionné est au fond une formation initiale, bien qu'elle puisse s'insérer dans une démarche personnelle de formation continue. Par contre, la formation continue comme telle, conçue pour répondre à des besoins de formation spécifiques à l'intention des individus ou des entreprises, ne fait pas encore vraiment partie des préoccupations pédagogiques de ces collèges.

«Ce n'est vraiment pas très développé chez nous, avoue d'emblée Mme Gervais. Mais on devrait peut-être y penser davantage. Qui sait, cela pourrait peut-être représenter à l'avenir une nouvelle source de clients!»

Un seul collège privé non subventionné offre présentement au Québec des cours de type éducation permanente et c'est le collège Herzing à son campus de Montréal. En effet, on y offre sept formations dans les domaines d'expertise du collège.

«Nous avons commencé ce programme il y a trois ans, explique Hayat Drimali, la responsable de l'éducation permanente chez Herzing. On voulait répondre aux besoins d'une clientèle qui possède déjà de l'expérience dans son domaine, mais qui cherche seulement à se perfectionner.» La clientèle visée par ces programmes est déjà sur le marché du travail et les cours se donnent le soir ou en fin de semaine.

Évidemment, cette formation, plus spécifique, ne mène pas à l'obtention d'un AEC comme le font les programmes réguliers. «Mais ils sont toutefois reconnus par le ministère de l'Éducation en tant qu'attestations d'études collégiales de perfectionnement.» Dans certains cas, la formation peut même être créditée par la suite dans le cadre d'un programme régulier.

En plus des personnes qui sont sur le marché du travail, l'éducation permanente chez Herzing attire de plus en plus une nouvelle clientèle parmi la population immigrante. «Les personnes immigrantes sont souvent qualifiées, mais elles ne possèdent aucune expérience du marché du travail québécois. Ces cours leur permettent de se familiariser avec notre façon de faire et c'est aussi un lien avec le marché du travail.» Mme Drimali croit qu'il existe au Québec un marché pour ce type de formation. «Nous tenons à notre volet d'éducation permanente et nous comptons le développer à l'avenir.»

Collaborateur du Devoir