Fondation - Prendre position pour l'UQAM

La Fondation de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) fut mise sur pied en 1976, soit neuf ans après que l'institution ait vu le jour. Elle oriente son action sur le développement de l'université en fonction des axes qui correspondent aux valeurs et aux objectifs de cette institution. Elle propose de prendre position pour l'UQAM au cours de la présente campagne de financement.

Vice-recteur aux affaires publiques et au développement de l'UQAM, Pierre Parent a hérité, de facto, du portefeuille et de la responsabilité institutionnelle de la Fondation, dont il est le vice-président. Toute jeune encore, l'UQAM n'avait même pas atteint l'âge de l'adolescence quand cette fondation prit place dans le décor: «Le recteur du temps souhaitait rejoindre des gens de la communauté, particulièrement celle des affaires, pour soutenir notre développement. Compte tenu du fait que nous ne comptions pas encore beaucoup de diplômés qui occupaient des postes de commande dans la société, il a pensé à cette stratégie qui consistait à mettre sur pied une fondation dont le conseil d'administration serait composé d'éminents personnages de notre société québécoise.» Le président d'Air Canada à cette époque, Pierre Jeanniot, en fut le premier président.

L'établissement universitaire poursuivait avec sa fondation, à l'instar des autres universités, cet objectif qu'il qualifie d'unique: «C'est celui d'en assurer la promotion en même temps que d'essayer de trouver du financement autre que public, qui sert au développement de l'université plutôt qu'à ses budgets d'opération.» Maintenant un diplômé de l'UQAM, Pierre Roy, président d'Astral Média, occupe le poste de président du conseil d'administration de la Fondation. Un autre diplômé, Réal Raymond, président et chef de la direction de la Banque Nationale, se retrouve à la tête de la campagne de financement.

Le soutien aux étudiants d'abord

Pour la période 2002-2007, il était prévu de récolter 50 millions de dollars, un défi qui a déjà été relevé il y a quelques semaines, deux ans avant l'expiration de l'échéancier. Le vice-recteur commente cette réussite: «Il reste bien des besoins à combler, mais nous sommes tout de même très fiers d'avoir atteint notre objectif; on respire plus à l'aise. Il reste beaucoup de travail à faire mais on peut dire: mission quasi accomplie.»

Il revient aux administrateurs de la Fondation et à la direction de l'université de déterminer quels sont les projets qui seront financés avec l'aide d'une telle levée de fonds. M. Parent explique: «Les axes de développement de la campagne actuelle ont été convenus entre ces gens. Les besoins sont déterminés par l'université, ce qui est extrêmement important.» Il désigne la priorité majeure: «C'est le soutien ou l'appui aux étudiants sous forme de bourses qui ne sont pas dédiées seulement à l'excellence, mais qui vont faciliter également leur réussite et les inciter à s'engager dans cette voie.»

L'UQAM se positionne maintenant de cette manière à l'égard de ses cohortes étudiantes: «Une de nos aspirations présentement, c'est de développer les études de 2e et 3e cycles. On pense avoir accompli de façon magistrale notre mission de former les étudiants de premier cycle, si on se souvient de ce qu'était la formation universitaire au Québec à la fin des années 1960. Nous allons continuer sur cette lancée, mais nous sommes convaincus que les aspirations des étudiants de la société québécoise se manifestent présentement de façon très nette aux niveaux de la maîtrise et du doctorat.» Dans cette optique, il importe d'être en mesure de soutenir financièrement les futurs diplômés qui s'engagent dans des formations à long terme.

Chaires et communautés

L'université a retenu, à titre de deuxième priorité, le créneau de la création et de la recherche: «On veut apporter notre soutien à des chaires institutionnelles. On a tout un volet dans notre campagne qui couvre cet aspect majeur.» Voilà pour les deux gros blocs, quoique d'autres points ne soient pas pour autant négligés: «On demande aussi de l'aide pour les bibliothèques et pour des formations à l'étranger. Dans le contexte du XXIe siècle, il faut intégrer les stages dans d'autres pays pour nos étudiants. Nous avons cette préoccupation d'introduire dans leurs programmes réguliers une forme de prise de contact hors des murs du Québec. Nous avons dans ce sens de nombreuses ententes avec d'autres universités sur le plan de l'accréditation.»

En outre, la campagne profitera à l'UQAM dans son approche de présence dans le milieu et de rapprochement avec les communautés: «Un coup de pouce sera apporté au Coeur des sciences. Dans le Complexe des sciences Pierre-Dansereau, il y a un lieu qui porte cette appellation, où l'aide apportée sera destinée à la vulgarisation de la science pour la rendre accessible à tous les jeunes et à la population en général.» Ce lieu de diffusion des savoirs viendra s'ajouter à la Galerie de l'UQAM et au Centre de design.

L'UQAM a innové du côté des services à la collectivité, ce que M. Parent met en relief: «Elle a été la première à leur offrir un service. Nos professeurs et autre personnel ont des ententes avec des organismes à caractère plus social et on leur assure des éléments de formation non crédités. C'est une façon de rendre à la communauté une partie des fonds publics que nous recevons de l'ensemble de la société québécoise.» Les efforts consentis en recherche dans le domaine des sciences humaines témoignent à leur tour de cette approche de l'université du centre-ville.

La provenance des fonds

Le temps est venu de parler du nerf de la guerre que représente l'argent; Pierre Parent fait observer que 88 % des sommes recueillies proviennent des entreprises et des fondations: «Dans ce cas, les gens font des dons qui sont orientés. Ils ne nous disent pas comment faire, mais ils choisissent leur cible et on leur offre un certain nombre d'occasions.» Il en résulte que la Fondation a atteint pleinement son objectif global de 50 millions de dollars. Cependant, au chapitre de sa priorité numéro un, soit l'aide aux étudiants, pour laquelle les dons sont davantage consentis sur une base individuelle, la campagne n'a récolté que 56 % des sommes prévues, qui s'élevaient à 20 millions de dollars: «Nous allons insister encore davantage sur cet axe-là. Il nous reste beaucoup de chemin à parcourir auprès des individus. Nous allons travailler énormément auprès de nos diplômés pour augmenter cette part de la cagnotte dévolue à la réussite.»

Il trouve intéressant que la collectivité universitaire ait versé 9 % du total des 50 millions récoltés: «On considère que c'est très, très bon.» Par contre, seulement 3 % provient des diplômés et des amis. Il réagit à ce faible pourcentage: «On a beaucoup de chemin à faire. C'est culturel. Du côté anglophone, c'est une vieille tradition que d'apporter de l'aide financière à leurs universités d'appartenance. Il y a quand même des chefs de file qui peuvent servir de modèles chez nous, mais c'est une culture qui est un peu longue à développer. On va se mettre à la tâche très sérieusement du côté de nos diplômés.»

Collaborateur du Devoir