L'ETS - phase III - Le campus s'agrandit

Les nouvelles constructions ajouteront 23 000 mètres carrés aux 20 000 déjà existantsL'École de technologie supérieure (ETS) amorce ce mois-ci la troisième phase de développement de son nouveau campus, situé à l'angle des rues Peel et Notre-Dame, là où logeaient autrefois les installations de la défunte brasserie Dow.

Le campus de l'École de technologie supérieure est un campus moderne qui reflète bien la croissance qu'a connue au fil de ses 31 ans d'existence cet établissement d'enseignement dont la clientèle étudiante ne cesse d'augmenter année après année. Raison pour laquelle la direction de l'École de technologie supérieure possède aussi dans ses cartons d'autres projets de développement pour ce site.

Inaugurée en 1974, l'ETS loge d'abord dans l'édifice La Patrie, sis au 180 de la rue Sainte-Catherine Est. En quelques années seulement, le succès est tel qu'on déborde déjà. De sorte qu'en 1980, l'institution est dans l'obligation de loger ses laboratoires, ses professeurs et ses étudiants dans quatre bâtiments différents.

Pareil éparpillement ne favorise guère l'efficacité et l'on décide, au milieu des années 1980, de tout réunir sous un même toit. L'ETS déménage donc dans une ancienne polyvalente située sur la rue Henri-Julien. Mais encore une fois, en peu de temps, on est encore à l'étroit.

La première solution envisagée est d'agrandir sur le site de la rue Henri-Julien. «Nous n'avions pas le choix, il fallait prendre de l'expansion», explique Robert Nelson, directeur de l'administration de l'ETS. Mais les études démontrent que la capacité d'accueil sur Henri-Julien ne peut dépasser 2100 étudiants «équivalents temps plein» (EETP). «Cela nous apparaissait un peu serré et c'est à ce moment-là qu'on a lorgné du côté de la rue Notre-Dame.» Une intuition qui s'est avérée judicieuse puisque l'ETS compte présentement 3800 EETP.

Le campus Notre-Dame

La première étape fut l'acquisition en 1994 de l'ancienne usine d'embouteillage de la brasserie Dow, inutilisée depuis 15 ans et appartenant alors à la brasserie Molson. L'édifice, sis au 1110 rue Notre-Dame, fut entièrement rénové — on n'a conservé que la structure — et l'inauguration a eu lieu en janvier 1997. On y loge les salles de classe, les bureaux des professeurs et les laboratoires, qui ont été complètement modernisés.

La rénovation de cet édifice est un bel exemple de ce que peut être la conversion d'un bâtiment industriel, une tâche pas toujours facile, selon Robert Nelson. «Étant donné que ces bâtiments ont été construits en vue d'un usage spécifique, ils sont parfois difficiles à convertir, précise-t-il. Dans notre cas, il s'agissait d'une usine d'embouteillage et la disposition de l'édifice pouvait convenir à une école. De plus, la structure de l'édifice peut supporter des charges supérieures à la moyenne, ce qui nous a permis d'installer la machinerie lourde des laboratoires là où on voulait.»

En 1997, l'ETS fait l'acquisition du quadrilatère délimité par les rues Peel, William, Shannon et Ottawa afin d'y construire une résidence étudiante. La première phase, inaugurée en 1997, comprend 400 places dans des appartements de quatre ou de deux chambres ainsi que des studios. «La résidence étudiante est très importante pour nous. D'une part, une bonne partie de notre clientèle provient des régions et doit donc se loger. Mais d'autre part, le problème que rencontrent nos étudiants, c'est qu'ils doivent tous faire à plusieurs reprises des stages de quelques mois en entreprise, souvent en région, ce qui rend problématique la signature d'un bail.»

C'est en 2001 que l'ETS acquiert un autre terrain, au nord de la rue Notre-Dame, afin d'y construire un nouveau pavillon. Cet édifice d'une superficie de 20 000 mètres carrés sera inauguré en 2004. C'est dans ce pavillon que loge, entre autres, l'administration de l'ETS.

Des bâtiments intelligents

La rénovation et la construction de ces deux pavillons a été l'occasion pour l'ETS de mettre en pratique les toutes dernières innovations technologiques en matière de construction de bâtiment. Le résultat est ce que l'on appelle, dans le jargon, un bâtiment «intelligent». Robert Nelson, lui, préfère l'appellation de bâtiment intégré, plus juste à ses yeux.

«Au fond, il s'agit d'intégrer tous les liens de communication et de contrôle, tels le téléphone, la ventilation, le verrouillage des portes, le chauffage, la ventilation... tout sauf le système d'alarme d'incendie, sur une même dorsale.» Un des avantages est que tous les contrôles sont accessibles par le biais de n'importe quel poste de travail. De plus, cela permet de doter le personnel et les étudiants d'une seule carte d'accès des lieux, codée en fonction de leur occupation.

De plus, ces deux bâtiments ont été conçus de manière à être les moins énergivores possible. Les pièces sont dotées de détecteurs de mouvement à infrarouge qui éteignent l'éclairage dès que la pièce est inoccupée pendant plus de 20 minutes. Le système électrique est conçu de façon à limiter la surconsommation d'électricité lors des périodes de pointe. «Par exemple, si un moteur démarre quelque part dans l'édifice, le système, si nécessaire, pourra retarder de quelques secondes le départ de l'ascenseur.»

La phase III

La phase III, dont les travaux débuteront cet automne, consiste à agrandir le pavillon situé sur le côté sud de la rue Peel. Ce nouvel agrandissement ajoutera plus de 23 000 mètres carrés à l'actuel pavillon. Le projet est rendu possible parce que ce bâtiment, issu de l'usine d'embouteillage, possède à l'arrière une partie plus basse sur laquelle il est possible d'ajouter quatre étages.

Mais cet ajout vient répondre seulement aux besoins à moyen terme de l'ETS. D'autres projets de développement sont présentement à l'étude. «Nous estimons que nous devrions pouvoir offrir au moins 1000 places en résidences étudiantes. Il faudra donc en ajouter environ 600.»

En prévision d'une éventuelle expansion de ses aménagements, l'ETS a acquis l'ensemble des terrains et des bâtiments où logeaient les installations brassicoles. L'ETS est donc propriétaire de tout le quadrilatère délimité par les rues Peel, Notre-Dame, William et de la Montagne. De plus, elle est propriétaire du bâtiment et du terrain situés à l'angle sud-est des rues Notre-Dame et Peel.

«Pour le moment, tous les scénarios sont sur la table.» Résidences étudiantes, futurs pavillons institutionnels, aménagements paysagers, même un marché d'alimentation à l'intention des étudiants, bref, tout est en place pour doter enfin l'ETS d'un véritable campus universitaire.

Collaborateur du Devoir