Les enseignants font le point sur les négociations

Ils sont 125 délégués syndicaux réunis à Laval en huis clos et, au nom des 80 000 enseignants du primaire et du secondaire, ils doivent décider quoi faire de cette négociation qui s'est arrêtée, le temps d'une pause: reprendre les pourparlers, rompre les discussions ou ajouter du mordant en décrétant de nouveaux moyens de pression?

Réservé depuis plus d'une semaine, un hôtel de Laval est finalement occupé par ces enseignants membres de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). Le conseil fédéral du syndicat, instance suprême, a été reporté plus d'une fois cette semaine mais a finalement commencé ses travaux hier et devrait se conclure demain.

Après plus d'une quinzaine de mois de négociation entamée avec ses vis-à-vis du ministère de l'Éducation et des commissions scolaires, le syndicat a suspendu mercredi ses discussions avec la partie patronale, voyant qu'il ne parvenait à aucune entente. Il devait commencer hier à saisir ses membres de l'état des discussions.

«Il y a beaucoup de possibilités qui nous sont offertes et, effectivement, ça passe ou ça casse», a commenté la présidente de la FSE, Johanne Fortier, sur les ondes de Radio-Canada. «On fait le point sur l'état des travaux, sur la mobilisation et sur des perspectives à dégager pour la suite.»

Le syndicat refuse de discuter de ces dossiers difficiles qui sont la cause des complications de la dernière semaine. «Nous faisons le point en huis clos sur les points en suspens, sur les points en litige et sur les points qui n'ont pas encore été discutés à la table», a expliqué le porte-parole de la FSE, Jean Laporte. «C'est une suspension des échanges, pas une rupture», a-t-il ajouté. «À partir de maintenant, plusieurs scénarios sont possibles.»

Les délégués seront sans doute appelés à voter, mais l'ordre du jour de ces rencontres demeure secret. Tant et aussi longtemps que le conseil fédéral n'est pas entièrement terminé, le syndicat refuse de donner quelque indice que ce soit sur l'orientation qui se profile, pas plus que sur le type de moyens de pression qui pourraient s'ajouter au «grand dérangement».

«Nous espérons que les enseignants vont prendre une décision qui ne remettra pas en question les services auxquels parents et élèves ont droit», a expliqué Jean-Pierre St-Gelais, directeur des communications pour le Comité patronal de négociation des commissions scolaires francophones (CPNCF). «Pour le reste, la balle est dans le camp de la partie syndicale.»