Sport-études - À vos marques!

Que ce soit par le biais de concentrations en basket-ball, de volets sportifs en soccer, de programmes particuliers de hockey ou de compétitions parascolaires de volley-ball, une multitude de disciplines sportives sont à l'honneur dans les écoles privées du Québec. Par contre, on compte sur les doigts de la main les institutions québécoises privées qui offrent aux étudiants le «véritable» programme sport-études.

Les institutions de niveau secondaire — publiques et privées — dans lesquelles on retrouve le programme sport-études doivent se conformer aux exigences du ministère de l'Éducation. Elles ont ainsi le mandat d'élaborer des horaires spéciaux pour les étudiants inscrits à ce programme, de façon à convertir 30 % du temps de cours régulier en périodes consacrées à la pratique de leur sport.

Les écoles ont également la responsabilité de prévoir des mesures particulières de soutien et d'encadrement pédagogique aux élèves afin de pallier d'éventuelles carences académiques qui découleraient d'absences reliées aux entraînements ou aux compétitions. De plus, les entraîneurs qui enseignent aux jeunes ont l'obligation d'être diplômés du programme national de certification des entraîneurs.

Beaucoup d'appelés, peu d'élus

N'entre pas qui veut dans les programmes sport-études reconnus. Les étudiants qui y sont éligibles ont préalablement été repérés et ciblés par la fédération sportive rattachée à la discipline qu'ils pratiquent, et ce, parce qu'ils réalisent déjà des performances dans les réseaux de compétition ou les clubs locaux de leur sport de prédilection. Les jeunes sportifs se présentent donc aux camps de sélection de chaque collège, où la direction procède ensuite au choix final après l'analyse du dossier scolaire et de la performance sur le terrain.

«Derrière le programme sport-études, le but est d'aller chercher chez l'élève une grande source de motivation. Si on l'amène dans une institution où il ne sera pas en mesure de réussir au plan pédagogique, on passe à côté de l'objectif qu'on s'est donné au départ», souligne René Bouchard, directeur général du collège Antoine-Girouard, à Saint-Hyacinthe. L'établissement de niveau secondaire offre le programme sport-études en hockey sur glace et reçoit chaque année une centaine de demandes d'inscription. Au bout du compte, seulement 19 passionnés du hockey, tous de niveau midget AAA et âgés en moyenne de 15 ans, seront retenus pour former l'équipe des «Gaulois». Le collège Charles-Lemoyne, établi sur la rive sud de Montréal, ainsi que le séminaire Saint-François de Québec, offrent également le programme sport-études en hockey sur glace.

Hockey d'abord

Selon Claude Pelletier, directeur du sport et de l'activité physique au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, plusieurs collèges choisissent d'intégrer ce sport, car la Fédération de hockey du Québec reconnaît cet amalgame scolaire comme étant «un bon moyen de développer ses athlètes».

Ce dernier soutient également que le programme sport-études nécessite la signature d'un protocole d'entente entre la Fédération concernée, «qui s'occupe de l'encadrement sportif du jeune par le biais de l'association régionale», et l'école, qui prend en charge «l'encadrement pédagogique».

Une journée typique dans la vie d'un étudiant en sport-études au collège Antoine-Girouard se compose d'une matinée de cours conventionnels en compagnie des copains de classe, suivie d'un entraînement sur glace de 13h30 à 17h. Le programme comprend également des périodes de musculation en salle de conditionnement physique et des services périphériques, tel le tutorat. Les compétitions se déroulent la fin de semaine.

Le scénario est sensiblement le même au Collège français de Longueuil, où est offert un programme sport-études en soccer. La même proportion du temps (30 %) doit être allouée à la pratique de la discipline. Les étudiants sont référés par la Fédération de soccer du Québec et ont l'obligation, à partir du deuxième cycle, de faire partie de l'équipe de soccer du Québec. De façon générale, le programme sport-études s'adresse donc aux jeunes gens susceptibles de représenter l'élite dans un sport donné.

Volets ou concentrations

Les concentrations sportives, qui ne sont pas reconnues par le ministère, restent une option alternative prisée par les établissements scolaires et demeurent plus accessibles à la plupart des jeunes puisqu'il n'est pas nécessaire d'être reconnu par une fédération sportive pour jouir du service. De plus, les tests pratiques — pour les disciplines plus populaires — sont moins exigeants et le temps consacré au sport, moins important. Bref, ces volets ne s'adressent pas uniquement aux athlètes confirmés dans leur discipline. Au collège Antoine-Girouard, 80 % des étudiants bénéficient des volets sportifs en soccer, hockey ou multisport. «L'institution va avoir 200 ans dans cinq ans et elle a toujours privilégié, au fil du temps, l'idée de se dépenser dans le sport, car c'est un élément important de la santé», affirme René Bouchard.

À Montréal, le collège Jean-Eudes accorde également une place de choix à la pratique sportive. Dès leur entrée en première secondaire, les élèves participent à un programme d'éveil comprenant des matières telles que l'art, les sciences et le sport. En troisième secondaire, ceux qui optent pour la concentration sport-études choisissent de pratiquer la même discipline pendant les trois prochaines années, à raison de deux heures par cycle de six jours. Des compétitions figurent à l'horaire des jeunes, et ce, pour la majorité des concentrations (football, badminton, basket-ball, hockey, soccer et volley-ball). «Le goût de développer une passion va dans le sens de notre projet éducatif. Ici, la place du sport est quotidienne. Ça fait partie de l'école, c'est une couleur qu'on a choisi de se donner», soutient Luc Lafrance, directeur des services aux élèves et des sports.

Et au niveau collégial?

Selon Claude Pelletier, il n'existe pas d'institution collégiale (privée ou publique) qui offre le programme sport-études tel que reconnu par le ministère. Mais on retrouve un service semblable dans certains collèges privés du Québec, bien que l'approche diffère quelque peu de celle du niveau secondaire.

Le collège André-Grasset, par exemple, a développé un programme accueillant tous les athlètes qui, preuve à l'appui, pratiquent un sport de niveau national ou international, et qui s'entraînent plus de 10 heures par semaine. Ces jeunes possèdent déjà leur propre entraîneur, mais ils jonglent avec un horaire chargé, où s'entrecroisent les heures de perfectionnement et de compétition. «Le collège ne fait que leur offrir une flexibilité en ce qui concerne l'horaire, ainsi qu'un encadrement pour le suivi des résultats scolaires et des équivalences pour les cours réguliers d'éducation physique. On s'occupe de rendre leur vie scolaire plus facile!», affirme Rita Arena, adjointe au directeur des études. De grandes pointures du sport sont passées par le collège André-Grasset, que l'on pense à Sylvie Bernier, Annie Pelletier ou Alexandre Despaties.

Collaboratrice du Devoir