Débrayage en vue dans les écoles et les cégeps

Ils avaient renoncé à une journée de perturbation dans les écoles et les cégeps, mais ils reviennent à la charge: les 29 et 30 septembre, les employés de soutien de la CSN liés aux cégeps et aux commissions scolaires promettent un débrayage afin d'accélérer le rythme de la négociation.

Les syndicats de la Fédération des employés des services publics de la CSN (FEESP-CSN) ont confirmé hier qu'ils paralyseront 31 cégeps le 29 septembre et 31 commissions scolaires le lendemain, une journée durant dans chacun des deux cas.

Les employés de soutien liés à la FTQ, centrale jointe en front commun à la CSN, n'ont toutefois pas l'intention de se soumettre à ce mot d'ordre car ils ont constaté certaines avancées aux tables de négociation.

On se souviendra des perturbations de la rentrée scolaire, occasionnées par les demi-journées de débrayage des employés de soutien, puis de cette journée d'abord annoncée pour jeudi dernier, au grand dam des parents, et annulée à la dernière minute par les dirigeants syndicaux CSN-FTQ.

«Ça leur prend un autre message clair? Ils vont l'avoir», promet Ginette Guérin, présidente de la FEESP-CSN. «Et, cette fois-ci, on ne leur fera pas un revirement de dernière minute comme le 15 septembre.»

Pour changer de plan de match, il faudra cette fois-ci que des «avancées significatives» soient faites aux tables de négociation, où un certain piétinement impatiente de nouveau les syndicats.

Dans les 31 cégeps qui promettent des piquets de grève «très serrés», le choix du 29 septembre n'est pas innocent puisqu'il correspond à la Journée nationale des employés de soutien. Le lendemain, dans les écoles primaires et secondaires, c'est jour de déclaration de clientèle pour le ministère de l'Éducation, une opération annuelle qui permet de comptabiliser de manière ponctuelle le nombre d'élèves dans les classes du Québec.

«C'est sûr que ça va emmerder un peu le ministère, mais ils changeront de journée!», explique Mme Guérin.

À quand le grand jour?

Pendant que les employés de soutien peaufinent leurs actions, les enseignants du primaire et du secondaire, eux, sont toujours sans proposition de règlement puisque la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) a pour une énième fois reporté son conseil fédéral, maintenant prévu ce matin à 9h. Rien n'indique toutefois que le syndicat aura assurément une proposition à présenter à ses 125 délégués, certains en attente à Laval depuis le début de la semaine.

«C'est finalement [ce] matin que le conseil fédéral de la FSE sera appelé à faire le point sur les échanges des derniers jours entre ses porte-parole et leurs vis-à-vis patronaux du ministère de l'Éducation et des commissions scolaires», indiquait un communiqué laconique diffusé par la partie syndicale en matinée hier.

Il devient de plus en plus difficile d'obtenir quelque nuance que ce soit sur le contenu des communiqués diffusés, la nervosité étant très palpable au terme de plus d'une semaine d'échanges ininterrompus sans résultats concrets. Le contenu des textes publiés dans les médias est scruté à la loupe dans chacun des deux camps, la moindre des informations écrites sur le contenu d'une possible entente étant de nature à susciter la panique.

En guise de réplique au communiqué de la FSE, le Comité patronal de négociation pour les commissions scolaires francophones (CPNCF) a pris acte du fait que la FSE-CSQ avait «suspendu les négociations», hier en fin d'avant-midi, après «plusieurs jours de négociations intensives».

«Le CPNCF tient à préciser qu'il ne fera aucun commentaire relatif à la teneur et à l'état des discussions des derniers jours, pas plus qu'il n'identifiera les sujets qui ont été abordés», apprend-on dans le communiqué.

Alors que les dirigeants de la CSN et de la FTQ doivent faire le point demain sur leur stratégie d'action automnale, les syndiqués de la Fédération nationale des enseignants de collèges (FNEEQ-CSN) entreprennent en octobre une consultation de leurs membres sur la nature des moyens de pression à utiliser. Ceux-ci n'excluent pas le recours à la grève générale, contrairement à leurs collègues de la FAC et de la FEC, deux autres syndicats d'enseignants qu'on retrouve dans les cégeps.

«Nous sommes rendus là», a expliqué hier Ronald Cameron, président de la FNEEQ. «La réflexion stratégique nous mène à suggérer à nos instances de passer du côté des moyens de pression lourds.»

Comme la FEC et la FAC, les enseignants membres de la FNEEQ n'ont pas vraiment apprécié cette enquête effectuée par la partie patronale sur la tâche des enseignants, qui démontrerait qu'au fil des ans, cette tâche ne s'est pas alourdie mais qu'elle a «évolué».
1 commentaire
  • Claire Pigeon - Inscrite 22 septembre 2005 08 h 23

    Syndicats: nos vaches sacrées

    Le front commun CSN-FTQ demande 6 milliards $ par année supplémentaires, soit 1425 $ de plus d'impôt par contribuable par année. Et après on se préoccupe de l'augmentation des frais de santé. Ce sont les enseignants qui vont ronger notre bas de laine! Comme la plupart des syndicats, il suffit de penser aux cols bleus de Montréal. Nous sommes en train de payer chèrement pour des vaches sacrées qui parlent de solidarité lorsqu'en réalité ils ne sont que des parasites avides.

    Et qu'on ne me parle pas d'équité salariale. L'équité salariale serait mieux assurée en laissant intervenir les équilibres du marché. On n'a pas de difficulté à recruter des enseignants, au contraire il y a une longue liste de candidats en attente pour les emplois d'enseignement, et encore plus longue pour les empois de personnel de soutien, ou de cols bleus de Montréal. Ceci signifie que ces employés reçoivent plus qu'ils n'obtiendraient ailleurs. Laisser faire au marché (ce qui nécessite parfois quelques interventions, comme défaire les monopoles, que ce soit dans les télécommunications ou dans le marché du travail) est non seulement une approche efficace, mais aussi une garantie d'équité.