Après les vacances, la grève

La chaude rentrée annoncée débute dès lundi prochain avec le débrayage des employés de soutien des cégeps. Ceux-ci ouvrent donc le bal des moyens de pression du secteur public pour parvenir à un règlement avec le gouvernement.

«Dès lundi, les employés de soutien d'une vingtaine de cégeps affiliés à la CSN vont débrayer», a confirmé hier Ginette Guérin, présidente de la Fédération des employées et employés de services publics affiliée à la Centrale des syndicats nationaux (FEESP-CSN), qui compte 25 000 membres répartis dans 100 syndicats concernés par les négociations et recouvrant différents secteurs d'activité: cégeps, commissions scolaires et organismes gouvernementaux.

Les syndicats ont obtenu de leurs membres un mandat de grève de deux jours. Ils ont décidé de suivre les calendriers de rentrée respectifs de chaque établissement scolaire. Cette première vague sera donc suivie, le 29 août, par une vingtaine d'autres cégeps, puis par des demi-journées de grève dans les écoles primaires et secondaires. «Par la suite, il y aura une autre journée fin septembre où tous les syndicats des cégeps affiliés à la CSN débrayeront ensemble», précise Mme Guérin.

Toute l'activité scolaire

Les employés de soutien regroupent certains membres du personnel administratif, les bibliothécaires, les concierges et différents techniciens. Mais c'est toute l'activité scolaire qui sera perturbée puisque les enseignants respecteront les piquets de grève.

«On a préparé un petit autocollant qui dit «Profs en soutien» pour appuyer le personnel de soutien, indique France Desaulniers, porte-parole de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ-CSN), l'association la plus représentative de l'enseignement collégial. Ce qu'on a envoyé comme message [à nos membres]: ils ne passent pas la ligne.»

Les moyens de pression que choisiront les enseignants restent à être définis au cours des prochaines semaines. Mais certains syndicats recommandent déjà aux professeurs de se concentrer sur l'enseignement et de laisser de côté toute tâche administrative — l'une des demandes formulées par les professeurs au cours des négociations.

Les appels à la raison de Jean Charest, puis le rappel à l'ordre de Monique Jérôme-Forget n'ont pas plu du tout aux syndiqués. Reprenant les termes d'Henri Massé, chef de la Fédération des travailleurs du Québec avec laquelle la CSN fait front commun, Mme Guérin rappelle que les négociations n'ont jamais été rompues. Elle souligne que les demandes des syndicats ne sont pas déraisonnables puisque leurs membres accusent un retard de 12 % sur les salaires de leurs homologues du reste du Canada.

Les employés de l'État demandent une augmentation de 12,5 % en trois ans en plus des compensations pour l'équité salariale. Or le gouvernement a souligné dimanche qu'il s'en tenait à l'offre initiale de hausse salariale de 12,5 % sur six ans, incluant la compensation pour l'équité salariale. Les syndicats s'attaquent aussi à la précarité d'emploi, lot d'une large part des employés du secteur public.

Hier, le gouvernement a proposé d'accélérer le rythme des négociations, qui se tenaient une fois par semaine au printemps. «C'est sûr qu'on va embarquer là-dedans et, si les choses évoluent positivement au cours du prochain mois, ça se pourrait que nos journées prévues fin septembre soient mises sur la glace», indique la présidente de la FEESP, qui n'envisage toutefois pas de revirement possible pour les grèves des 22 et 29 août.