La FEUQ veut les quatre milliards dus aux collèges et universités

Forts de leur bataille gagnée au printemps dernier concernant les 103 millions de prêts et bourses, les étudiants poursuivront leur lutte sur un autre front dès la rentrée: le financement des études supérieures. Réunie en congrès ce week-end, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a adopté à l'unanimité son plan d'action qui vise d'abord à récupérer les quatre milliards de paiement de transfert à l'éducation.

«On va aller chercher les quatre milliards pour les réinvestir dans les universités et les cégeps du Québec», a déclaré au Devoir François Vincent, président de la FEUQ, au sortir du congrès.

Les conclusions du Conseil de la Fédération à Banff, où les premiers ministres provinciaux ont convenu de réclamer 2,2 milliards de plus à Ottawa pour l'éducation post-secondaire, vont donc dans le sens des revendications étudiantes. S'il y a consensus autour du chiffre de quatre milliards, les stratégies diffèrent toutefois, Jean Charest ayant opté pour une approche en deux étapes, repoussant à plus tard le moment d'exiger d'Ottawa les deux milliards supplémentaires pour que sa contribution au financement de l'enseignement post-secondaire atteigne 25 %.

«On a notre propre stratégie, note M. Vincent. On va faire des démarches et des actions aux niveaux fédéral et provincial pour s'assurer d'aller chercher l'ensemble des sommes. Pour l'instant, ça va dans notre sens, on va donner la chance au coureur, mais on va rester vigilants.»

Si le gouvernement Charest décidait de faire comme pour les transfert fédéraux en santé, de ne pas affecter les montants récupérés à l'éducation post-secondaire, la FEUQ pourrait envisager de recourir à une stratégie plus musclée. Mais pour l'instant, Québec s'est engagé par deux fois à dépenser les sommes exclusivement en éducation.

L'autre cheval de bataille de la FEUQ concerne l'instauration d'un fonds jeunesse capitalisé pour assurer la pérennité du financement des projets développés pour et par les jeunes dans le cadre de la stratégie d'action jeunesse.

Appui de Dumont

Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, est venu donner son appui aux étudiants, hier, dans ces deux dossiers. «Le mouvement étudiant doit demeurer vigilant sur ce nouvel enjeu: le financement de l'éducation», a dit M. Dumont en rappelant les déboires que le financement de l'éducation a connu tant sous le gouvernement péquiste, avant 2003, que sous le régime de Jean Charest depuis cette date.

M. Dumont a aussi promis de surveiller de près la nouvelle stratégie jeunesse que le gouvernement Charest a promise pour cet automne. «Le bilan du gouvernement est assez pénible depuis le début de son mandat, a déclaré le député de Rivière-du-Loup. L'opposition mettra une pression pour que cette stratégie jeunesse contienne des mesures qui corrigeront les erreurs commises depuis le début du mandat.»

Avec la Presse canadienne