La grève des professeurs est inutile, dit Fournier

Québec — Les enseignants font des débrayages inutiles et, de surcroît, sous de faux prétextes, a accusé hier le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier.

«Il n'est pas nécessaire de faire une grève sous prétexte que le gouvernement doit réaliser qu'il y a des élèves en difficulté que l'on doit aider. Ce prétexte-là n'est pas valable parce que le gouvernement a reconnu la situation et veut poser des gestes», a dit M. Fournier lors d'un point de presse à l'issue de la période des questions à l'Assemblée nationale.

Les enseignants, membres de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), ont entrepris une série de grèves tournantes dans le but de faire pression sur le gouvernement pour obtenir davantage d'effectifs pour les élèves en difficulté et diminuer le ratio élèves-enseignant en classe.

Ces deux raisons ne tiennent pas la route, estime le ministre de l'Éducation.

Pour les élèves en difficulté, le gouvernement a déjà injecté 20 millions de dollars supplémentaires au cours des deux dernières années, et ce n'est pas fini, a expliqué M. Fournier.

«On a déjà posé des gestes et nous allons en poser d'autres», a-t-il promis, précisant que cette question fait déjà l'objet de discussions à la table des négociations.

En ce qui concerne la réduction du nombre d'élèves par classe, les enseignants oublient de dire que le contingent d'écoliers a diminué de 40 000 depuis la signature de la dernière convention collective, a fait remarquer le ministre.

«En termes absolus, il y a un peu plus de 100 enseignants de plus. Si on avait réduit le nombre d'enseignants pour tenir compte de la baisse d'élèves, il y aurait près de 2000 enseignants de moins. Or non seulement ils ne sont pas moins, mais ils sont en surplus», a commenté M. Fournier.

À cela s'ajoute l'heure et demie supplémentaire de classe qui entrera en vigueur l'an prochain, entraînant dans son sillage un ajout de 2000 enseignants.

«Donc, on n'est pas en train de réduire le nombre d'enseignants, nous sommes en train d'augmenter l'effectif, alors qu'il y a une baisse de clientèle», a-t-il fait valoir.

Sans aller jusqu'à accuser les enseignants d'être de mauvaise foi, le ministre souligne que derrière les grands principes éducatifs invoqués par les syndiqués se cache une question d'ordre beaucoup plus pratique.

«Évidemment, les enseignants sont dans une négociation où il y a aussi un aspect salarial», a-t-il dit.