L'anglais en 1re année: Fournier n'en démord pas

Québec — Le gouvernement Charest implantera l'enseignement de l'anglais en première année du primaire dès septembre 2006 en dépit des sérieuses réserves exprimées par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE).

Le ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, refuse catégoriquement de surseoir à la promesse électorale de son parti, considérant qu'il a déjà pris toutes les précautions nécessaires pour éviter les «dérapages appréhendés». «On pense qu'on fait la bonne chose», a-t-il affirmé lors d'un point de presse hier.

Dans son avis rendu public mardi, le CSE estime pourtant que cet engagement est «insuffisamment justifié par le gouvernement», que «l'efficacité de la formule n'est pas démontrée» et qu'«il y a absence de consensus au sujet de la modification proposée».

Jean-Marc Fournier balaie du revers de la main la recommandation du CSE de mettre le projet entre parenthèses le temps qu'un comité de travail étudie la question. «On est capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps, a répondu le ministre. Nous pouvons à la fois regarder tous les aspects [de cette question] et préparer son implantation en septembre 2006.»

Le ministre plaide que deux comités au sein de son ministère se penchent déjà sur les «aspects pédagogiques et organisationnels» de l'enseignement de l'anglais dès la première année. «On ne va pas de l'avant tête baissée», a-t-il lancé. Les deux comités sont en contact constant avec les enseignants de six écoles du Québec qui participent actuellement à des expériences-pilotes. «Ça va relativement bien. Avec ces expériences, on peut envisager en septembre 2005 des améliorations. Donc on est en train de faire ce que veut le Conseil supérieur de l'éducation, c'est-à-dire nous assurer que les choses vont être faites correctement. On s'assure d'éviter les dérapages appréhendés», a-t-il expliqué.

Jean-Marc Fournier s'est même permis de mettre le CSE en contradiction avec lui-même en citant un autre rapport de l'organisme — remontant à 1986 — qui énonce que l'apprentissage de l'anglais au premier cycle du primaire est une mesure «éprouvée» et «efficace».

La critique péquiste en matière d'éducation, Pauline Marois, déplore que le ministre «garde le cap en dépit de toutes les mises en garde qui lui sont faites et sans même s'appuyer sur des études ou des analyses sérieuses».