La ronde des grèves dans les écoles commence

Parents, à vos agendas! Les écoles du Québec seront perturbées au cours des deux prochaines semaines par des grèves rotatives de la plupart des syndicats du milieu de l'éducation dans le cadre de la négociation des conventions collectives. Une journée de grève, voire même deux dans le cas de Montréal, sont à prévoir.

Hier, la Fédération des professionnels et professionnelles de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) a donné le coup d'envoi de la mobilisation qui s'amorce dans le milieu de l'éducation. Les psychologues, conseillers en orientation, orthopédagogues et autres professionnels de 34 commissions scolaires ont débrayé hier, forçant la fermeture de plusieurs écoles secondaires. Lundi prochain, les professionnels syndiqués d'une vingtaine d'autres commissions scolaires seront en grève à leur tour.

«Nous voulons faire valoir le manque criant de professionnels dans les écoles. Les professionnels sont les marges de manoeuvre financière dans les commissions scolaires», plaide le président de la FPPE-CSQ, Pierre Bouchard, réclamant l'établissement d'un ratio dans la convention collective pour fixer le nombre de professionnels, ainsi qu'une plus grande stabilité pour les employés à statut précaire.

Le porte-parole du Comité de négociation pour les commissions scolaires francophones, Jean-Pierre Saint-Gelais juge «ridicule» la demande syndicale d'établir des ratios. «Il y a des endroits où on n'a pas besoin d'orthophonistes, on ne veut pas obliger les écoles à en embaucher un nombre X. [...] cela n'est pas applicable. Il y a autant de diversité qu'il y a d'écoles au Québec», croit M. Saint-Gelais.

Aujourd'hui, ce sont les syndicats du soutien scolaire et des enseignants (membres de la CSQ) qui prennent le relais avec leur grève rotative, cette fois en fermant carrément toutes les écoles d'une même commission scolaire.

La ronde débute aujourd'hui avec le débrayage des employés du soutien scolaire (dont les services de garde) et des enseignants de la Rive-Sud de Montréal, ainsi que de la région de Valleyfield et Vaudreuil. Mercredi, cela se déplace entre autres vers Laval, la Côte-Nord et l'Abitibi. Les écoles primaires et secondaires de la couronne nord de Montréal seront quant à elles frappées par la grève jeudi.

À la Commission scolaire de Montréal, les parents seront quittes pour deux jours de grève. Au débrayage des professeurs du 19 avril, s'ajoute en effet le lendemain celui de l'Association des professionnels et du personnel administratif (APPA-CSN), regroupant entre autres les employés des services de garde. La grève gagne également la région de Québec et de la Beauce le 20 avril, pour aboutir le jeudi suivant dans le centre du Québec.

Du côté du soutien scolaire, les demandes syndicales portent principalement sur l'organisation du travail. «On veut notamment revoir le ratio en service de garde ainsi que la surveillance. Il arrive qu'il n'y ait que trois surveillants pour 2500 élèves», observe la présidente de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Diane Cinq-Mars.

Alors que la plupart des syndicats CSN et FTQ du secteur public réservent leurs moyens de pression pour l'automne, la CSQ est clairement en mode de moyen de pression ce printemps, ce qui devrait culminer le 6 mai par une journée de grève nationale. «Tout retard indu dans la négociation se fait sur le dos des élèves», plaide la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier, soulignant qu'une entente conclue à l'automne ne pourrait s'appliquer concrètement dans le milieu solaire avant l'année suivante.

Bien que la grève soit légale, le porte-parole patronal pour la négociation, Jean-Pierre Saint-Gelais, juge qu'elle est «précipitée» et «incompatible» avec le processus de négociation raisonnée. «C'est cocasse que les professionnels fassent la grève, compte tenu que leurs demandes n'ont pas encore été entièrement acheminées», fait valoir M. Saint-Gelais, ajoutant que les négociations avec les enseignants ont cours depuis seulement 10 mois, alors qu'une convention se boucle habituellement en 18 à 24 mois.

Les cégeps ne sont pas en reste. La Fédération autonome du collégial (FAC) et la Fédération des enseignants du collégial (FEC-CSQ) tiendront leur deuxième journée de grève aujourd'hui dans 24 cégeps, bousculant un calendrier scolaire déjà fort compliqué en raison de la grève étudiante. Une autre journée de grève est à prévoir le 25 avril, à laquelle le syndicat CSN pourrait se joindre (FNEEQ-CSN). Les enseignants de collèges se joindront eux aussi à la manifestation nationale prévue le 6 mai.
2 commentaires
  • Christina Daoust - Inscrite 12 avril 2005 10 h 56

    Merci, tout simplement!!

    Bonjour,
    je suis une étudiante de 4e secondaire!!
    je suis vraiment contente d avoir accès à vos chroniques, si interessante car nous avons plusieurs travaux à faire en francais, et nous choisissons souvent des textes du devoir et de la Presse, c est beaucoup plus intéressant de faire des travaux grâce à vos chroniques, je vous remercie d etre si interessant et d avoir accès au chroniques entieres!!

    Merci encore et Bonne journée
    Christina Daoust

  • Jean Falardeau - Inscrit 15 avril 2005 06 h 09

    La désinformation patronale

    Les services professionnels sont largement insuffisants dans les écoles,centres d'éducation des adultes et centres de formation professionnelle, tout le monde le reconnaît.

    Selon une étude récente, le niveau de détresse psychologique dans la population montréalaise se situe à 18 %. La proportion est la même dans les établissements scolaires, peut-être même pire.

    Pourtant, les ressources sont encore saupoudrées (une demi-journée ici, une journée là) et les professionnelles et professionnels doivent continuellement répondre aux urgences, ce qui laisse peu ou pas de temps pour la prévention et les suivis. Le Ministère de l'Éducation ne donne pas suffisamment d'argent aux commissions scolaires pour l'engagement de ressources professionnelles et quand celles-ci en reçoivent, trop souvent, elles l'utilisent à d'autres fins.

    C'est pourquoi les professionnelles et professionnels demandent un ratio qui obligerait les commissions scolaires à engager des ressources professionnelles. Là où il y a désinformation de la part de la partie patronale, c'est quand monsieur Saint-Gelais affirme que si une école n'a pas besoin d'orthophoniste, il ne faut pas l'obliger à en engager une. Monsieur Saint-Gelais sait très bien que la demande à la table de négociation est un ratio qui ne cible aucun corps d'emplois en particulier, justement pour laisser aux commissions scolaires le choix du type de professionnels qu'elles veulent engager en fonction de leurs besoins.

    Les commissions scolaires ne peuvent plus laisser des enfants ou des adultes en détresse. Elles ont l'obligation de leur offrir des ressources professionnelles et le gouvernement doit leur donner les moyens de le faire. Et ça passe par un ratio obligatoire.