Les étudiants de l'UQAM résistent

Sans grand enthousiasme, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a annoncé hier qu'elle accepterait l'entente proposée par le ministre de l'Éducation, puisque la totalité de ses membres ont choisi de mettre fin à la grève.

Alors que les premiers coups de la grève ont été lancés par la Coalition pour une ASSE élargie (CASSEE) il y a maintenant plus de six semaines, les étudiants membres des deux fédérations qui ont obtenu l'accord de principe avec Québec optent petit à petit pour un retour en classe.

Ainsi, la FECQ a affirmé hier en fin d'après-midi que l'ensemble de ses 60 000 membres avaient cessé la grève, même si le tiers d'entre eux ont du même souffle signifié leur désaccord avec le contenu de la proposition de Jean-Marc Fournier ou encore se sont abstenus de prendre position.

Québec et les fédérations sont arrivés à un compromis qui signifie le retour de 70 millions de dollars dans la cagnotte des 103 millions de bourses dès l'an prochain, et de la totalité des 103 millions pour les quatre années suivantes. Au total, grâce aux 40 millions fournis par la Fondation des bourses du millénaire et les 100 millions du Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE), Québec allongera 482 millions sur cinq ans.

Amertume

«C'est avec un goût amer que les étudiants retournent en classe», a indiqué hier la présidente de la FECQ, Julie Bouchard, une semaine après avoir obtenu un accord de principe avec son vis-à-vis de la FEUQ. «Ce sont 33 millions qui manquent pour la première année, sans compter les 103 millions [de bourses converties en prêts pour 2004-2005] qu'on ne reverra jamais. Il n'y a personne qui crie victoire en ce moment.»

Pour l'ensemble du réseau collégial, toutes allégeances confondues, la Fédération des cégeps calculait hier que 80 000 collégiens avaient opté pour un retour en classe, contre 16 000 qui demeurent toutefois en grève.

Si l'ensemble des cégeps membres de la FECQ ont voté pour un retour en classe, ce n'est pas le cas de tous les étudiants du Québec: l'Université du Québec à Montréal s'impose, semble-t-il, comme bastion de la grève, car hier encore ils étaient 23 000 étudiants à poursuivre la grève, certains jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

Au total, avec des associations de l'Université de Montréal et de l'université Laval, ils seraient quelque 50 000 étudiants encore en grève, même s'il devient de plus en plus difficile de faire ce calcul avec précision.

«Nous avons vu un retour de la mobilisation, même si les étudiants sont très conscients que plus le temps passe, plus c'est périlleux», explique Joël Nadeau, coordonnateur de l'Association facultaire en lettres, langues et communications de l'UQAM (AFELLC). «Cela dit, ceux et celles qui voteront pour la grève la semaine prochaine voteront aussi pour l'annulation de leur session.»

Les étudiants de la faculté des sciences et des sciences de l'éducation de l'UQAM ont décidé d'arrêter la grève, de même que 2000 étudiants de la faculté de science politique et de droit.

Des congrès

Cette fin de semaine, l'ensemble des principales associations étudiantes (FECQ, FEUQ et CASSEE) tiennent des congrès qui seront décisifs quant à la suite des choses. La FEUQ et la FECQ considéreront sans doute les résultats de la semaine qui vient de se conclure comme un aval de l'accord de principe négocié avec le ministre. La CASSEE doit, quant à elle, se prononcer sur la poursuite ou non de la grève, dans un contexte académique de plus en plus difficile.

Notons qu'une cinquantaine d'étudiants liés à la CASSEE ont bloqué l'autoroute 15 hier, près d'une succursale de Wal-Mart située sur la rue Jean-Talon. L'intervention des policiers a de nouveau été requise pour disperser les manifestants.