Une salle sensorielle pour les élèves ayant un TSA

Isabelle Delorme
Collaboration spéciale
La salle sensorielle est en constante évolution au gré des idées de l’équipe éducative et des demandes des enfants.
Photo: Émilie Couture La salle sensorielle est en constante évolution au gré des idées de l’équipe éducative et des demandes des enfants.

Ce texte fait partie du cahier spécial Semaine des enseignants

Depuis le début de l’année scolaire, une salle stimulante et apaisante est en train de se mettre en place à l’école Fleur-Soleil, à Mont-Tremblant, pour deux classes d’élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Les commerçants se sont mobilisés pour participer à ce projet porteur de sens à tous points de vue.

La nouvelle salle sensorielle a été conçue par l’éducateur Martin Bouchard, qui a rejoint l’école Fleur-Soleil en septembre dernier, en collaboration avec l’enseignante Émilie Couture. « Nous avions une salle disponible, mais elle n’était pas adéquate. J’ai donc demandé à Martin Bouchard, qui a beaucoup d’expérience et qui connaît beaucoup de gens dans la région, d’assembler cet espace qui permet aux enfants de se reposer des stimuli extérieurs, de se recentrer et d’exercer leurs cinq sens », dit l’enseignante.

L’éducateur spécialisé a sollicité les commerçants de la région pour décorer et animer la salle. « Nous ne voulions pas des dons neufs, mais des affaires recyclables. Je suis allé voir toutes les entreprises en leur demandant de me donner leurs “vidanges” et nous en avons eu de très belles ! » se réjouit-il.

Un espace multisensoriel

« Tout passe par les yeux », résume Martin Bouchard en décrivant la salle, qui est divisée en quatre parties. Chacun des enfants des deux « classes TSA », âgés de 5 à 12 ans, est attiré par un coin adapté à ses besoins du moment. « Nous avons une partie plus physique avec, par exemple, des élastiques, qui leur permet de bouger lorsqu’ils ont besoin d’être actifs », décrit l’éducateur. Les enfants peuvent aussi se relaxer dans un coin agrémenté de coussins, lire, dessiner, jouer aux cartes ou avec des figurines, ou encore manipuler des objets sensoriels stimulants disposés sur des panneaux interchangeables comme des poignées, des échantillons de tissus aux textures variées ou des brosses dans lesquelles on peut passer les doigts.

Martin Bouchard attend très bientôt un autre don qui permettra de contrôler la lumière avec la voix, un outil particulièrement adapté aux enfants ayant un TSA non verbaux de la classe des petits. La salle est en constante évolution au gré des idées de l’équipe éducative et des demandes des enfants. « Les enfants souffrant d’un TSA ont tous des besoins différents et nous en tenons compte », souligne Émilie Couture.

Une pause pour s’apaiser

Dans la classe des 9 à 12 ans, Léo aime beaucoup « les figurines et les petites lumières un peu rouge » et le calme que l’espace lui apporte, surtout à la fin de la journée quand il est fatigué. Son camarade Luka aime jouer au Uno et les tissus tamisant la lumière au plafond lui font du bien. Il devrait pouvoir bientôt s’adonner à sa passion pour la balayeuse grâce à Martin Bouchard, qui s’est mis en relation avec une entreprise pour mettre au point un modèle spécial et ludique doté d’un tuyau transparent.

Dans la salle sensorielle, les enfants peuvent être eux-mêmes et « vider leur cabaret », selon l’expression utilisée par l’enseignante. « Durant la journée, ils absorbent beaucoup de choses qui s’accumulent comme des stimuli, des événements, des lumières ou des odeurs. Cet espace leur permet de faire comme une sorte de réinitialisation qui les rend ensuite plus disponibles pour les apprentissages », observe-t-elle. Sans compter que le duo en profite parfois pour mettre en pratique certains apprentissages en mathématiques ou dans le domaine des habiletés sociales, par exemple.

« La salle sensorielle est leur espace pour chiller, comme le café pour les cégépiens ! » lance Émilie Couture, reconnaissante envers les commerçants locaux pour leur générosité qui a permis de mettre en place le projet. « On dit toujours que ça prend un village pour élever un enfant. À Mont-Tremblant, les gens ont contribué sans hésiter. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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