HEC Montréal: de nouvelles ambitions pour le MBA

Jean-Benoît Nadeau
Collaboration spéciale
En 2022, HEC Montréal s’est classée au 2e rang canadien des meilleures écoles de gestion pour son programme de MBA au palmarès Bloomberg Businessweek, qui ne retient que 117 écoles à travers le monde pour ce classement.
Photo: HEC Montréal En 2022, HEC Montréal s’est classée au 2e rang canadien des meilleures écoles de gestion pour son programme de MBA au palmarès Bloomberg Businessweek, qui ne retient que 117 écoles à travers le monde pour ce classement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Formation cadres et dirigeants

Depuis qu’il a pris la direction du programme de maîtrise en administration des affaires (MBA) à HEC Montréal en juin 2021, Kevin J. Johnson a introduit une série de changements. « On a fait une première transformation avec la formule hybride dès septembre 2022 et on prépare plusieurs nouveautés pour septembre 2023 », affirme le directeur du programme. Au menu : francisation des étudiants étrangers, création de nouvelles spécialités et renforcement des questions d’éthique et de responsabilité sociale.

Entre 2019 et 2022, le MBA de HEC Montréal est passé du 6e au 2e rang canadien au palmarès Bloomberg Businessweek, qui ne retient que 117 écoles à travers le monde pour ce classement. Même s’il ne peut pas rêver de surclasser les Stanford, Harvard et Wharton de ce monde, Kevin J. Johnson espère créer un profil de MBA « HEC Montréal » reconnaissable entre tous.

HEC Montréal, qui développe son programme de MBA au fil des ans en consultations avec les employeurs et les étudiants, mise beaucoup sur ces évolutions. « Nous formons de futurs dirigeants qui vont entrer dans les organisations comme cadres intermédiaires. Alors, ce dont ils ont besoin, c’est une formation qui sera pertinente très longtemps. »

Hybridation, flexibilité, oui, mais pas trop

La crise sanitaire a créé bien des bouleversements, mais Kevin J. Johnson a souhaité, dès son arrivée, bâtir le programme sur les compétences acquises en matière d’enseignement à distance.

« Les Québécois télétravaillent depuis la pandémie, mais nous exigions 100 % de présence pour tous nos étudiants, y compris les étudiants à temps partiel, qui ont tous un boulot et, souvent, de jeunes enfants. Nous avons donc voulu leur offrir la possibilité de faire une partie de leurs cours à distance. » HEC Montréal a donc créé des salles Zoom avec 12 à 15 écrans sur tous les murs. Quand l’étudiant allume son micro, tout le monde peut le voir. « Nous avons voulu briser la barrière entre le présentiel et le distanciel. On est le seul MBA au Canada qui fonctionne ainsi et un des rares dans le monde. »

La formule à temps partiel propose des cours les mardis et jeudis soir en formule hybride et les samedis, en présence. Le directeur se réjouit que plus de 50 % des étudiants se présentent tout de même aux cours hybrides. « On exige de la présence, dit-il, mais si l’étudiant à temps partiel a besoin de distance, c’est possible. »

Un MBA, c’est beaucoup de contenu et, surtout, une méthode axée sur le travail d’équipe et le réseautage. Et c’est pourquoi HEC Montréal n’ira pas beaucoup plus loin dans la formule hybride, qui ne sera pas offerte aux étudiants à temps plein, et n’avance que très prudemment en matière de flexibilité des horaires. « Dans un MBA, le travail en équipe et le réseau représentent 50 % de l’expérience. Si on propose trop de formules à la carte, on détruit le réseau et notre valeur ajoutée. »

Francisation des étudiants étrangers

Ce virage vers une formule hybride n’est que la première transformation introduite en 2022. Pour la rentrée 2023, l’un des gros morceaux s’appelle MBA+, un programme de francisation pour les étudiants étrangers non francophones.

« Nous avons des étudiants québécois, mais aussi beaucoup d’étrangers. Nous offrons le MBA à temps plein en français et en anglais, mais nous voulons proposer autre chose. Les trois mots-clés sont francisation, socialisation, intégration. »

Le MBA+ ajoutera cinq mois à la formation. Avant la rentrée, les étudiants suivront six semaines de cours de français préalables, puis des cours de langue étalés sur l’année. À l’été suivant, on leur proposera des visites culturelles et en entreprises, pour finir avec un stage de trois mois en français dans une entreprise québécoise.

Et selon Kevin J. Johnson, HEC Montréal serait la seule école de gestion qui offre le MBA en français parmi le club très sélect des écoles agréées par le plus prestigieux organisme d’agrément, l’Association of MBAs (AMBA). « On sait faire un MBA, on sait le faire en français, on a le réseau au Québec pour le soutenir », affirme le directeur, qui a très hâte de voir arriver la première cohorte du MBA+ à la prochaine rentrée. « Les inscriptions commencent tout juste. »

Du neuf dans le tronc commun

Le programme de MBA de HEC Montréal, c’est 54 crédits sur un an — une charge de travail énorme quand on sait qu’un étudiant régulier en fait 15 par session. Une grande partie de ces crédits sont rattachés aux cours du tronc commun obligatoires, qui couvrent une quinzaine de disciplines, allant de la comptabilité à l’éthique, en passant par le design organisationnel, la microéconomie, le marketing.

Jusqu’à présent, les étudiants avaient l’option de faire un tronc commun généraliste ou de l’orienter pour environ un tiers des crédits vers une spécialité, appelée Stratégie et direction. À compter de septembre, on introduira une seconde option : Stratégie et développement durable. « Nous avions déjà une forte réputation en développement durable, et nous avons décidé de construire là-dessus », révèle Kevin J. Johnson. En effet, le MBA de HEC Montréal se classe 30e parmi les 150 programmes évalués à travers le monde pour le palmarès de développement durable de la firme torontoise Corporate Knights. Cette nouvelle orientation vient renforcer le cours Éthique et responsabilité sociale, obligatoire au tronc commun depuis quelques années.

Selon le directeur, les ateliers dits de « parcours expérientiel de leadership », qui sont obligatoires pour tous les étudiants, étoffent encore davantage les questions d’inclusion, de diversité et d’équité, qui font désormais partie du quotidien de tous les dirigeants. « Ils ne peuvent plus passer à côté », explique Kevin J. Johnson, qui avait fait toutes ses études en psychologie avant de faire un doctorat en gestion.

« Notre politique d’imposer aux étudiants leur équipe de travail s’inscrit également dans la logique de favoriser la mixité et la diversité. On ne veut pas qu’ils se cantonnent à leur groupe professionnel et leur catégorie démographique. »

L’esprit général du MBA de HEC Montréal est d’inculquer aux étudiants à la fois la rigueur intellectuelle et technique, mais aussi une meilleure compréhension de l’humain. « On comprend encore mal l’humain, et c’est pourquoi le profil sciences humaines est central aux études en gestion. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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