Cégep du Vieux Montréal: le pari de l’écologie et de l’innovation

Foulques Delbar
Collaboration spéciale
L’atelier Écodesign vise à récupérer, à transformer et à valoriser des matières plastiques.
Photo: Yolaine Turcotte L’atelier Écodesign vise à récupérer, à transformer et à valoriser des matières plastiques.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Inauguré en novembre dernier, le Bureau de l’environnement et de l’innovation est un catalyseur de projets novateurs et de bonnes pratiques environnementales en milieu collégial. Collaborative et engagée, cette structure soutient l’innovation dans une perspective de durabilité.

Septembre 2019 : la grève mondiale pour le climat bat son plein. « C’est à ce moment-là que notre communauté a choisi de s’engager collectivement pour l’environnement. En tant que maison de science, nous devions prendre acte de la crise climatique et agir », affirme Benoît Vachon, directeur adjoint à l’environnement et à l’innovation au cégep du Vieux Montréal.

Le mouvement Earth Strike accentue une tendance observée depuis plusieurs années : impliqué dans une démarche environnementale active et ambitieuse, le cégep s’apprête alors à déployer un plan stratégique accordant une place importante à l’écologie. « Notre but, c’est d’aller plus loin et plus vite. Nous voulions avoir une zone d’incubation de projets, d’accélération d’idées et de talents pour être capables d’atteindre plus rapidement nos objectifs », indique M. Vachon. Des postes en lien avec l’innovation et l’environnement sont ainsi créés dès 2020, posant les fondations d’un bureau entièrement tourné vers ces questions.

Des actions concrètes en faveur de l’écologie

Entité transversale et collaborative, le Bureau de l’environnement et de l’innovation intervient dans divers aspects de la vie du collège. « Notre objectif est que l’environnement et l’innovation se retrouvent dans tous les secteurs. Le Bureau accompagne les porteurs de projets en les aidant à structurer leurs idées et en les mettant en relation avec les services concernés. On cherche à créer le réflexe pour l’environnement dans de multiples directions et à mettre en place une culture liée à cette question », explique Benoît Vachon. De nombreuses actions ont été entreprises, répondant aussi bien aux grandes orientations stratégiques fixées par la direction qu’aux idées novatrices émanant de la communauté.

Fer de lance de la politique environnementale du collège, l’objectif de carboneutralité sera atteint cette année. Après avoir agi en ce qui concerne les systèmes de chauffage et de climatisation ou encore l’électricité, le Cégep du Vieux Montréal se penche sur les modes de déplacement.

« L’idée est de favoriser les modes de transport actifs et durables. Les personnels du cégep peuvent maintenant bénéficier de 25 % de rabais sur leur abonnement aux transports en commun. Le but est de changer la part modale et de créer un mouvement pour réduire nos émissions indirectes », souligne le directeur adjoint à l’environnement et à l’innovation.

Initiateur d’une démarche tendant vers le zéro déchet, le cégep s’est aussi lancé dans une grande action de verdissement : des dizaines d’arbres, d’arbustes et de plantes vivaces ont été plantés avec le concours d’étudiants, d’enseignants et de cadres de l’établissement.

Un foisonnement de projets et d’expérimentations

Le cégep met également l’accent sur les projets innovants, en veillant à les inscrire au maximum dans une perspective environnementale. « Avec le Lab social, on veut créer un parcours de jeunes chercheurs pour réfléchir aux transformations du monde et à des sociétés plus humaines, en lien avec les technologies de l’information, explique M. Vachon. Le Corridor de réflexion repose quant à lui sur la notion d’animation des espaces : les étudiants y vivront une expérience basée sur les mots et la langue, dans un endroit où ils pourront s’isoler et se ressourcer. Il y a aussi la Vidéo 360 interactive. Ce projet d’éducation à l’enfance s’attache à capter les espaces physiques puis à les virtualiser pour créer des situations d’apprentissage. »

Porté par le Département de génie mécanique, le prototype de captation et suivi du soleil amènera les étudiants à travailler sur un modèle de fleur solaire. « Ce dispositif, qui mobilise des compétences en mécanique et en captation d’énergie, s’inscrit pleinement dans une démarche environnementale », indique M. Vachon.

Les deux derniers projets sont les plus avancés. La miniusine est une chaîne de montage constituée de huit stations robotisées permettant de simuler la construction d’un véhicule à travers des techniques d’automatisation ou de fabrication de pièces. Enfin, l’atelier Écodesign réunit plusieurs départements du cégep, en particulier dans le champ du design. « C’est une initiative qui vise à récupérer, à transformer et à valoriser des matières plastiques. Il s’agit de comprendre les enjeux liés à ce matériau et d’apporter des solutions aux problèmes de recyclage », avance le directeur adjoint à l’environnement et à l’innovation.

Les étudiants impliqués dans l’atelier Écodesign ont conçu de nombreux produits, qui peuvent ensuite être vendus par l’entremise d’un site Web transactionnel. « Ce projet pilote, qui relève autant de l’écologie que de l’innovation, permet de mettre à profit les compétences que nous avons en interne, dit Benoît Vachon. C’est l’une de nos missions : faire en sorte que les apprentissages mènent à l’acquisition de savoirs et de techniques qui donnent un sens au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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