Cégep de Saint-Jérôme: s’allier pour le futur de l’électrification du transport

Laetitia Arnaud-Sicari
Collaboration spéciale
Le nouveau centre de recherche de pointe pour l’Institut du véhicule innovant inauguré à Saint-Jérôme, en novembre 2022
Photo: Cégep de Saint-Jérôme Le nouveau centre de recherche de pointe pour l’Institut du véhicule innovant inauguré à Saint-Jérôme, en novembre 2022

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

En novembre dernier, l’Institut du véhicule innovant (IVI) a inauguré son centre de recherche à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, permettant ainsi de mieux accueillir la relève du milieu de l’électrification et de l’automatisation du transport.

Dès le départ, nous avons décidé de nous investir dans l’électrification du transport », annonce fièrement Nadine Le Gal, directrice générale du cégep de Saint-Jérôme.

En 2016, en « collaboration étroite » avec l’IVI, le Cégep de Saint-Jérôme a créé l’attestation d’études collégiales (AEC) en technologie des véhicules électriques, une formation de 675 heures destinée aux professionnels du milieu du transport, de mécanique ou du génie souhaitant se spécialiser davantage. « C’est la première formation du genre en Amérique du Nord. […] On a créé cette formation en fonction du travail qui existait peu il y a quelques années, donc on a dû réfléchir aux besoins du milieu », explique la directrice. « [Après la formation], les finissants peuvent devenir des techniciens en conception électrique, en fabrication, en soutien de production et en assistance technique en fabrication », énumère-t-elle.

L’union fait la force

Mais ce partenariat avec l’IVI ne date pas d’hier : il est né « de manière naturelle » il y a une vingtaine d’années déjà. Mais pourquoi donc ? « Il faut comprendre que l’IVI est affiliée au cégep puisque c’est un centre collégial de transfert de technologie (CCTT). Ça fait 25 ans qu’on travaille en recherche grâce à l’IVI », détaille Nadine Le Gal.

Implantés un peu partout au Québec, les 59 CCTT sont des endroits de recherche appliquée offrant également du soutien technique et de la formation. « Chaque CCTT a son domaine d’expertise spécifique. Nous, ce sont les véhicules. […] Notre mandat est de travailler avec les entreprises pour les aider à innover plus rapidement, c’est encore très peu connu », souligne François Adam, directeur général de l’IVI.

Quant aux étudiants qu’il prend sous son aile, l’IVI les sensibilise et les forme à la recherche. « On prend souvent des stagiaires de l’AEC [en technologie des véhicules électriques]. Ils viennent travailler durant trois ou quatre mois, donc ça leur permet d’explorer le domaine. C’est très formateur comme stage, j’aurais aimé faire des stages aussi passionnants », raconte M. Adam.

Le rôle que joue l’IVI auprès du cégep de Saint-Jérôme ne s’arrête pas aux stages, précise Nadine Le Gal. « L’IVI a aussi la responsabilité de contribuer à la pédagogie. Par exemple, elle peut embaucher des enseignants dans certains projets de recherche d’étudiants, ce qui permet de bonifier leurs connaissances », ajoute-t-elle.

Une industrie bien vivante

Comme dans presque tous les domaines, la pénurie de main-d’oeuvre n’épargne pas l’industrie des véhicules électriques et automatiques, ce qui complique le recrutement, selon François Adam. « Il faut être un peu plus patient quand on fait du recrutement en raison de la rareté de la main-d’oeuvre. Puis, on n’est pas nécessairement un employeur super connu », témoigne le directeur général de l’IVI.

Pour remédier à ce problème, M. Adam explique que l’IVI a utilisé une nouvelle stratégie à l’automne pour attirer plus d’étudiants. « On a proposé à des clubs étudiants des formations gratuites d’une durée d’une journée, par exemple sur la manipulation de batteries haute tension ou sur la soudure de cellules de batteries. Ça va permettre à un plus grand bassin d’étudiants de nous connaître », indique-t-il.

Même si le milieu du véhicule innovant est affligé d’un manque de personnel, cela ne l’empêche pas de se développer à la « vitesse grand V », d’après Nadine Le Gal et François Adam. « C’est une industrie qui est en explosion depuis les dernières années. Au Québec, il y a beaucoup de développement du côté des véhicules électriques et autonomes. C’est très vivant », constate M. Adam.

Afin de s’adapter aux besoins de l’industrie, la formation de l’AEC en technologie des véhicules électriques au cégep de Saint-Jérôme est vouée à évoluer avec le temps, affirme Mme Le Gal. Dans le futur, celle-ci aimerait transformer ce programme en un DEC de trois ans. « On a besoin de scientifiques et de chercheurs au Québec. Comme cégep, on joue un rôle essentiel pour les étudiants, puisqu’ils sont en période de transition, de réflexion et de construction en tant que citoyen », croit la directrice générale.

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