UdeS: naissance du Réseau en éducation physique et à la santé

Camille Feireisen
Collaboration spéciale
L’évaluation des apprentissages fera aussi partie des grands thèmes sur lesquels va se pencher le Réseau en éducation physique et à la santé.
Photo: iStock L’évaluation des apprentissages fera aussi partie des grands thèmes sur lesquels va se pencher le Réseau en éducation physique et à la santé.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Intégration du numérique, motivation à être actif, gestion de classe… Les défis ne sont pas minces pour les enseignants d’éducation physique et à la santé (EPS) au Québec. Et la formation initiale n’est plus tout à fait adaptée aux nouvelles réalités dans les écoles et les universités. Conscient de tous ces enjeux, un réseau réunissant plusieurs universités a été créé à l’Université de Sherbrooke.

Le Réseau en éducation physique et à la santé (REPS) est financé par le ministère de l’Enseignement supérieur du Québec à hauteur de 689 790 $ et réunit des experts du milieu éducatif. « On a une équipe de professeurs nommés représentants ou membres individuels des six universités francophones partenaires, des représentants d’instances du milieu éducatif, dont le ministère de l’Éducation du Québec et la Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec », indique la directrice à la tête du projet, Véronique Marchand.

Le projet, étalé sur deux ans, a pour objectif de mutualiser les ressources entre universités et intervenants du milieu pour enrichir l’offre de formation initiale et continue des enseignants en éducation physique et à la santé. « On a aussi comme mandat de développer de nouveaux outils et des ressources qui vont pouvoir contribuer à la formation initiale dans les universités, tout en continuant à aider les enseignants à se développer », explique le professeur de la Faculté des sciences de l’activité physique, François Vandercleyen, qui fait partie du comité de concertation du REPS en tant que représentant de l’Université de Sherbrooke.

Pour donner un coup de neuf aux pratiques éducatives et pédagogiques, il faut notamment se pencher sur l’inclusion scolaire et la prise en compte de la diversité des élèves, croit le professeur, « c’est-à-dire comment répondre aux élèves aux besoins particuliers, qui sont de plus en plus nombreux dans les salles de classe ».

L’évaluation des apprentissages fera aussi partie des grands thèmes sur lesquels va se pencher le REPS, ainsi que l’apprentissage dans le plaisir et la motivation des élèves, sans oublier l’intégration du numérique.

Mieux intégrer le numérique

« Comme d’autres disciplines, la nôtre vit de grands enjeux de société », indique François Vandercleyen. L’utilisation du numérique en fait partie. « Cela soulève toutes sortes de questions : quelle place laisse-t-on au numérique en éducation physique, alors qu’on sait que les jeunes sont de plus en plus exposés aux écrans ? Comment l’intégrer tout en adoptant une posture réfléchie et critique ? »

La pandémie a mis l’accent sur l’utilisation du numérique pour rester actif, reconnaît le professeur. « Cela a été intéressant pour rejoindre les élèves, mais il y a des limites », estime-t-il. Le numérique pourrait, par exemple, être utilisé pour une compétence disciplinaire précise qui s’appelle « adopter un mode de vie sain et actif ». Selon le professeur, dans ce genre de cas, le numérique peut avoir un intérêt pour collecter des données sur l’activité physique des élèves hors des cours de sport à l’école. « Cela peut les aider à mieux se connaître comme individus, à améliorer leur condition physique, leur force, leur vitesse, etc. », dit-il.

De son côté, Véronique Marchand explique que le contenu développé au sein du REPS va utiliser cette compétence. « Les ressources qu’on va créer vont principalement être numériques. On a l’intention de construire un webinaire, une séquence à l’intention des formateurs universitaires, pour faciliter l’appropriation des contenus au niveau de la motivation, par exemple, et on va utiliser une plateforme pour le faire », illustre-t-elle.

Redonner de la motivation

Ces changements au sein de la formation surviennent à un moment crucial, selon Mme Marchand. « Plus de 20 % des élèves au Québec sont actifs uniquement dans leurs cours en classe, donc à peine deux heures par semaine, alors que la recommandation est une heure par jour », note-t-elle. Une meilleure formation, mise à jour régulièrement et prête, sur le terrain, pour les enjeux d’aujourd’hui et de demain, permettra de mieux répondre aux besoins des élèves, selon elle.

François Vandercleyen abonde dans le même sens. Le professeur rappelle que cette discipline permet aux jeunes d’adopter un mode de vie sain et actif qui évite certains maux physiques ou maladies chroniques plus tard. « L’éducation physique mériterait d’avoir davantage de place en matière de nombre d’heures, plus que jamais dans une société qui est très “écran dépendant”, où il y a une déconnexion par rapport au ressenti et au corps », pense-t-il. Il espère aussi que toute cette réflexion permettra de faire mieux connaître une matière mal connue du grand public. « Il faut déconstruire cette idée que l’EPS sert seulement à faire bouger les jeunes. Elle poursuit des objectifs d’apprentissage sur le plan moteur, mais aussi sur les plans sociaux et affectifs », conclut-il.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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