UdeM: une école d’été sur l’IA responsable

Isabelle Delorme
Collaboration spéciale
Les cinq journées de formation seront organisées dans les locaux de Mila en deux temps, avec des séances du matin consacrées au cadre théorique et celles de l’après-midi vouées aux ateliers pratiques et à l’apprentissage par l’expérience.
Marie-France Coallier Le Devoir Les cinq journées de formation seront organisées dans les locaux de Mila en deux temps, avec des séances du matin consacrées au cadre théorique et celles de l’après-midi vouées aux ateliers pratiques et à l’apprentissage par l’expérience.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Du 5 au 9 juin 2023, 40 personnes d’horizons divers participeront à la nouvelle école d’été organisée par l’Université de Montréal et Mila, l’Institut québécois de l’intelligence artificielle (IA). Cette formation intensive, qui alliera la pratique à la théorie, permettra d’acquérir des compétences essentielles pour mieux comprendre et gérer les questions au croisement de l’IA responsable et des droits de la personne.

Les deux organisations n’en sont pas à leur première collaboration pour lier le développement numérique à des principes éthiques. En 2018, elles lançaient l’initiative de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle, qui connaît un rayonnement international. « Dans la foulée de cette déclaration, nous souhaitons favoriser un développement de l’IA qui ne témoigne pas juste de prouesses techniques, mais qui intègre la responsabilité en son coeur », souligne Catherine Régis, vice-rectrice associée à la planification stratégique et à l’innovation numérique responsable à l’Université de Montréal et directrice scientifique de ce nouveau programme.

Une compréhension interdisciplinaire

Catherine Régis a travaillé avec son équipe sur un rapport d’activités de la Déclaration de Montréal IA responsable, qui a fait apparaître des besoins en formation pour donner encore plus d’élan au mouvement. « Il faut favoriser une plus grande compréhension et la mise en pratique de l’IA responsable par les différents acteurs de l’écosystème de l’IA  que ce soit ceux qui la développent, l’encadrent ou la mettent en oeuvre dans leurs organisations  et développer leur esprit critique », dit la vice-rectrice.

L’école d’été, qui accueillera une quarantaine de participants en juin prochain, est orientée sur l’interdisciplinarité, et s’adresse donc à un public vaste. « L’école est ouverte aux étudiants de deuxième et troisième cycles et aux chercheurs, mais aussi à tous les professionnels des secteurs public, privé et à but non lucratif qui touchent à l’IA de près ou de loin. Nous voulons permettre à cette communauté de se regrouper et d’échanger sur différentes problématiques dans une seule école », explique Catherine Régis. Les candidats, qui peuvent postuler jusqu’au 29 janvier, doivent posséder une expertise de base liée à l’IA et/ou une expérience professionnelle en STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) ou dans d’autres domaines pertinents du droit, de la politique ou des sciences sociales.

Une formation théorique et pratique

« Étant impliquée dans plusieurs comités internationaux, j’ai compris que, souvent, les connaissances de l’IA responsable restent très intellectuelles. Les acteurs de l’écosystème savent en gros ce que disent l’OCDE et la Déclaration de Montréal, mais la magie ne s’opère pas naturellement pour que toutes ces personnes, aux valeurs, cultures, formations professionnelles et défis différents, aillent au-delà de la conceptualisation en avançant concrètement vers l’IA responsable », constate Mme Régis. L’école d’été a donc été pensée pour aider les participants à développer le leadership, la diplomatie scientifique et l’aisance à travailler en interdisciplinarité, qui sont nécessaires.

Les cinq journées de formation seront organisées dans les locaux de Mila en deux temps. Le matin sera consacré à la diffusion des connaissances (les droits de la personne et l’IA responsable, les principes éthiques, etc.), tandis que les séances en après-midi permettront de développer des compétences à travers des ateliers pratiques et des apprentissages par l’expérience.

Des participants internationaux

L’Université de Montréal a déjà reçu de nombreuses candidatures d’étudiants et de professionnels provenant du monde entier. « L’inclusivité et la compréhension de la réalité nord-sud sont importantes en IA responsable. Nous pourrons d’ailleurs proposer certaines bourses à ceux qui ne seront pas en mesure de joindre l’école pour des raisons financières », précise Catherine Régis. Un certificat et des crédits seront offerts sous certaines conditions aux participants qui auront suivi le programme avec succès.

Les séances et présentations bilingues (en français et en anglais) seront animées par des experts et conférenciers d’origines géographiques diverses. Certaines organisations internationales, comme l’UNESCO, y participeront.

« Des acteurs très différents contribuent au développement de l’IA, comme des experts en IA, des juristes et des éthiciens. Arriver à développer des normes et un langage communs est à la fois la solution et un grand défi, qui demandent des compétences particulières et des capacités d’écoute et d’adaptation que l’on ne déploie pas toujours dans ces milieux qui vont très vite », constate-t-elle. En se posant cinq jours pour y réfléchir et développer des connaissances et habiletés, les participants repartiront sensibilisés à cet enjeu et outillés pour y faire face.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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