Université TÉLUQ: nouveau certificat en sciences des données

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Les sciences des données combinent des principes issus des domaines des mathématiques, des statistiques, de l’intelligence artificielle et du génie informatique.
Photo: Siarhei stock.adobe.com Les sciences des données combinent des principes issus des domaines des mathématiques, des statistiques, de l’intelligence artificielle et du génie informatique.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Afin de répondre aux besoins grandissants du marché du travail, l’Université TÉLUQ offre un certificat en sciences des données depuis l’été 2022. Le programme, unique en son genre au Québec, est déjà très populaire.

On le voit dans les offres d’emploi : les entreprises recrutent des spécialistes en sciences de données pour une grande variété de fonctions, explique Daniel Lemire, professeur et directeur du Département de science et technologie à l’Université TÉLUQ. Il n’y avait pas vraiment de formation similaire au Québec, donc on a décidé de développer ce certificat. »

La spécialité répond aux besoins croissants des entreprises, des organisations et des gouvernements, qui ont besoin de traiter et d’analyser de grands volumes de données afin d’en extraire des informations significatives. Ces données sont extrêmement diverses, allant de fichiers audio et vidéo à des données sur des volumes de production d’une industrie manufacturière et des données personnelles de clients. Les sciences des données combinent des principes issus des domaines des mathématiques, des statistiques, de l’intelligence artificielle et du génie informatique.

Le certificat a été créé à la suite du succès d’un programme court comportant quatre cours en sciences des données sur le sujet. Les besoins sont tels que l’Université TÉLUQ fait des démarches pour créer un baccalauréat dans le domaine, révèle M. Lemire.

Le nouveau certificat attire des étudiants ayant différents bagages scolaires, allant de la gestion aux mathématiques, en passant par le domaine de la santé ou le journalisme. Depuis son lancement à l’été 2022, le programme compte plus de 138 inscriptions, calcule Daniel Lemire. « On parle de plus d’une centaine d’étudiants par année : c’est un programme populaire », se réjouit-il.

Le certificat de 30 crédits comporte cinq cours obligatoires, soit l’apprentissage machine, l’introduction à la science des données, le traitement de données massives, les statistiques avec le logiciel R, et un projet en sciences des données. Les étudiants peuvent compléter le certificat avec des cours au choix, dont la gestion des données, les statistiques, l’apprentissage machine ou encore des cours sur les enjeux éthiques, légaux et sociétaux des technologies de l’information.

Des besoins croissants

En sciences, les données permettent également de faire différents suivis. Par exemple, avec l’utilisation de drones et de l’intelligence artificielle, les chercheurs peuvent étudier l’évolution du couvert forestier ou l’efficacité de mesures en agriculture. Dans les médias, le journalisme de données permet de faire parler les chiffres pour mettre en relief des tendances de société.

« Les données ouvrent la voie à des applications très intéressantes, permettent de cibler les consommateurs, de développer des produits qui répondent mieux aux besoins », explique Daniel Lemire, au sujet des multiples fonctionnalités des données pour les entreprises. À titre d’exemple, la plateforme Netflix collecte une multitude de données. L’entreprise peut ainsi savoir, en temps réel, si un client a seulement écouté quelques minutes d’une série télévisée et ne l’a jamais poursuivie. « Ces données permettent de connaître le profil des gens qui écoutent telle série, on peut faire des analyses et découper leur marché, illustre le spécialiste. Mais si quelqu’un s’insère dans la base de données de Netflix et les efface, la plateforme est foutue. La sécurité, c’est un aspect qu’on se développe de pair. »

De fait, de nouveaux risques émergent avec la collecte d’un volume croissant de données. « Il y a des pirates informatiques qui vont chercher vos données avec un rançongiciel, et si vous voulez les retrouver, il faut payer, donne en exemple Daniel Lemire. Lorsqu’une entreprise publique se fait pirater, c’est un gros problème pour les aspects de protection de la vie privée et de la sécurité. C’est un enjeu de sécurité nationale », poursuit-il, en évoquant les projets d’identité numérique caressés par la province pour mieux protéger les Québécois contre l’usurpation d’identité.

Conditions d’admission

Pour être admis au certificat en sciences des données de l’Université TÉLUQ, les étudiants doivent être titulaires d’un diplôme d’études collégiales (DEC) ou encore être âgés d’au moins 21 ans et posséder plus d’une année d’expérience de travail liée au domaine de l’informatique. Le certificat est admissible aux Bourses Perspectives Québec, un programme de bourses offertes aux étudiants collégiaux et universitaires qui ont réussi une session à temps plein.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



À voir en vidéo