Un «dialogue social» sur l’éducation s’organise

Lylou Sehili, la porte-parole du volet jeunesse de Parlons éducation lors de la conférence de presse de la coalition mardi en avant-midi
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lylou Sehili, la porte-parole du volet jeunesse de Parlons éducation lors de la conférence de presse de la coalition mardi en avant-midi

Estimant que « du côté des pouvoirs politiques, ça ne bouge pas » et que les problèmes du réseau de l’éducation ne se règlent pas, un collectif tiendra à compter de mars prochain des forums ouverts à tous dans 18 villes du Québec afin d’engager un « dialogue social ».

« Ça fait 55 ans que je suis dans le milieu de l’éducation, et l’écoute, ça fait longtemps qu’on l’a perdue », a lancé Suzanne-Geneviève Chartrand, porte-parole du groupe Debout pour l’école — et de la coalition Parlons éducation —, en conférence de presse mardi avant-midi.

Trois autres organisations (École ensemble, Je protège mon école publique et le Mouvement pour une école ouverte et moderne) ont participé à la fondation de ce mouvement qui se veut « indépendant » des partis politiques, du gouvernement et des syndicats.

Les forums débuteront le 10 mars à Montréal. Il y en aura aussi à Sept-Îles, Sherbrooke, Québec, Chicoutimi, Gatineau, Trois-Rivières, Rouyn-Noranda et Rimouski, entre autres, et ce, jusqu’au 3 juin. Cinq thèmes seront abordés lors de ces consultations citoyennes, dont comment repenser la mission de l’école, comment construire un système d’éducation équitable et comment encourager l’inclusion sociale et culturelle.

« On espère pouvoir influencer le cours des choses et le gouvernement, explique Jean Trudelle, coordonnateur de Parlons éducation. Comment s’y prendre reste pour nous une question ouverte. On ne veut pas arriver avec une série de recommandations et une liste d’épicerie. On veut quelque chose de beaucoup plus global. »

Ça fait 55 ans que je suis dans le milieu de l’éducation, et l’écoute, ça fait longtemps qu’on l’a perdue

 

Ces consultations ne sont pas neutres, et une vision de l’éducation et d’« une société démocratique, ouverte et écologique » sera mise en avant, note-t-on. Une synthèse, dont les contours restent à définir, sera faite. Ce qu’il adviendra de la démarche et des conclusions de la réflexion une fois les forums terminés sera sujet à discussion.

De son côté, Patricia Clermont, porte-parole de Je protège mon école publique, espère que ces forums attireront plusieurs personnes qui viendront parler de ce qui se passe dans leur conseil d’établissement ou leur école, par exemple. « Quelqu’un d’autre va l’entendre, et pourra dire si ça se passe chez lui aussi, dit-elle. Ça permet de libérer la parole et de faire parler les intervenants de ce qu’ils vivent et pensent. »

« C’est une façon pour les groupes de ne pas parler au nom des gens, comme on le fait souvent, mais aussi de parler avec eux », ajoute-t-elle.

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