Une grève générale illimitée est évitée de justesse à l’UQAM

Les associations étudiantes de l’établissement ont fait marche arrière à la dernière minute après avoir estimé avoir eu gain de cause.
David Afriat Archives Le Devoir Les associations étudiantes de l’établissement ont fait marche arrière à la dernière minute après avoir estimé avoir eu gain de cause.

Des milliers d’étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ne seront finalement pas en grève générale illimitée. Celle-ci devait être déclenchée mercredi matin en soutien à des stagiaires en enseignement qu’on estimait pénalisés pour avoir fait grève. Mais les associations étudiantes ont fait marche arrière à la dernière minute après avoir considéré avoir eu gain de cause.

« Nous sommes heureuses et heureux de vous annoncer que tous nos efforts de mobilisation vers une Grève Générale Illimitée ont porté fruit ! Il n’y aura donc pas de grève demain », peut-on lire dans un message envoyé mardi en début de soirée par l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH-UQAM). « C’est un gain majeur pour la défense du droit de grève du mouvement étudiant, qui pourra encore affirmer haut et fort que jamais une session n’a été ou ne sera annulée par la grève », ajoute-t-on.

Depuis une semaine, quatre associations étudiantes facultaires en sciences humaines, science politique et droit, arts, et langue et communication ont obtenu des mandats de grève générale illimitée ou reconductible. Ce sont les modalités de retour en classe pour les étudiants en enseignement, qui ont fait grève durant cinq semaines cet automne, qui sont à l’origine de ce mouvement de contestation. De futurs profs ayant manqué des journées de stage étaient à risque d’obtenir la mention Abandon, ce que les associations étudiantes considéraient comme une mesure punitive.

Depuis, l’UQAM s’active pour trouver des solutions, et une rencontre spéciale de la Commission des études s’est tenue le 28 novembre. « On est allés au bout de ce qu’on pouvait faire pour maintenir la qualité des programmes et de la formation qu’on offre, explique au Devoir Jean Bélanger, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation. Nous avons prolongé la session d’une semaine pour permettre aux étudiants de reprendre leurs jours perdus de stage, et nous nous sommes arrangés avec les milieux pour que cela puisse se faire. »

« Pour une petite minorité, on ne voit pas comment on peut leur faire terminer leur stage pendant le trimestre en cours, poursuit-il. Et pour ces personnes-là, il y a une mesure spéciale qui a été envisagée, qui est un report pour une autre période allant jusqu’en décembre 2023. » Cette situation touche seulement une dizaine de stagiaires sur 833.

Le doyen a rencontré des étudiants mardi et a signé une lettre adressée aux représentants de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE-UQAM), une chose que les associations facultaires réclamaient. Dans celle-ci, on indique qu’aucun abandon sans échec ne sera attribué aux étudiants et que seuls ceux qui le souhaitent pourront se voir attribuer un abandon sans échec.

Danaë Simard, chargée aux communications et à la mobilisation de l’ADEESE, explique au Devoir que l’association est satisfaite du dénouement.

« Nous sommes très contents et contentes que nous ayons pu retirer les mentions d’abandon, lance-t-elle. Pour les stages, nous aurons des possibilités de reprise. Pour le moment, ça s’est placé. »

Un vote de grève sur cette question avait été battu lors d’une assemblée générale de l’ADEESE le 23 novembre. Les associations étudiantes modulaires de programme, comme celles de l’enseignement de l’anglais langue seconde ou en adaptation scolaire, devaient tenir des assemblées générales spéciales cette semaine.

Mais des votes sur la grève n’auront finalement pas lieu. « Il semble y avoir un pas en arrière qui se fait, souligne Danaë Simard. C’est quand même un soulagement, on va pouvoir terminer notre session en sachant que notre droit de grève va être respecté à l’avenir. On est fiers de ce qu’on a réussi à accomplir. »

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