UQAT: un nouveau programme en gouvernance autochtone

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
Le nouveau programme de l'UQAT comprend des cours portant notamment sur le cadre réglementaire et juridique de la gestion territoriale et sur l'exploitation forestière en contexte autochtone.
Photo: Jean Lapointe Le nouveau programme de l'UQAT comprend des cours portant notamment sur le cadre réglementaire et juridique de la gestion territoriale et sur l'exploitation forestière en contexte autochtone.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

À l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), un nouveau baccalauréat par cumul en gouvernance territoriale autochtone sera offert à partir de l’automne 2023.

Formée il y a six ans, l’École d’études autochtones de l’UQAT est le seul département universitaire au Québec qui se consacre spécifiquement aux études autochtones. Elle offre une quinzaine de programmes (certificats, microprogramme, baccalauréat, DESS) et compte environ 200 étudiants inscrits chaque année, dont 40 % à 45 % sont autochtones.

« Cela fait une différence pour eux, d’être en bon nombre dans les cours, ils se sentent plus à l’aise de partager, dit Sébastien Brodeur-Girard, professeur et directeur de module par intérim à l’École d’études autochtones. Ça fait partie de l’idée de sécurisation culturelle. » L’École accueille d’ailleurs des étudiants autochtones de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, mais aussi de partout au Québec.

L’importance de la multidisciplinarité

L’approche de l’École d’études autochtones de l’UQAT est multidisciplinaire. « Pour nous, les études autochtones ne doivent pas se limiter à l’anthropologie ou aux sciences politiques, dit Sébastien Brodeur-Girard. Nous avons un corps professoral et des chargés de cours spécialistes dans des domaines tels que le droit, l’environnement, la biologie et la gestion pour répondre aux besoins des communautés autochtones qui s’adressent à nous. On constate qu’il y a des défis et on utilise les disciplines nécessaires pour les étudier, et cela se fait par, pour et avec les Autochtones, autant sur le plan de la recherche que de nos programmes. »

Les programmes s’adressent donc aux Autochtones, mais aussi aux non-Autochtones qui s’intéressent à ces questions ou qui travaillent déjà dans ces communautés et qui veulent approfondir leurs connaissances.

Au départ, l’École offrait des programmes de certificats pour mieux répondre, notamment, aux besoins des étudiants à temps partiel qui sont déjà sur le marché du travail. Pour obtenir leur baccalauréat de 90 crédits dans le nouveau programme, les étudiants pourront ainsi combiner divers certificats ou microprogrammes déjà offerts par l’École, tels que le certificat en gouvernance autochtone et le certificat en gestion territoriale en contexte autochtone.

« Les gens qui s’intéressent aux études autochtones commencent souvent avec un microprogramme, puis décident de passer au certificat, dit Sébastien Brodeur-Girard. Nous sommes arrivés au stade où nous avions suffisamment de certificats offerts pour créer un baccalauréat par cumul. L’avantage est de permettre aux gens de cheminer à leur rythme et d’avoir la certitude d’avoir un diplôme. Si, pour une raison ou une autre, ils décident de faire une pause ou de ne pas terminer le baccalauréat, au moins ils auront un, voire deux certificats en poche. En milieu autochtone, les parcours scolaires sont souvent atypiques. On a des gens qui commencent leurs études, arrêtent pour aller travailler, ont des enfants, puis reviennent. Il faut leur offrir de la souplesse, et on a pensé que cette formule s’y prêtait bien. »

Autre élément important : la grande majorité des cours sont offerts à distance, surtout depuis la pandémie. « C’est très pratique et cela nous permet d’accueillir des gens qui, peut-être, n’auraient pas suivi de cours à l’université s’ils avaient dû se déplacer. Cela nous permet aussi de joindre des gens de partout au Québec. »

Des bases solides

 

Dans le cadre de ce nouveau baccalauréat par cumul, quatre combinaisons de certificats ou de microprogrammes sont possibles, en fonction des intérêts et priorités de chaque étudiant.

La gouvernance territoriale met l’accent sur la gestion du territoire et des ressources naturelles qui s’y trouvent, qu’il s’agisse de la forêt, des mines ou de l’énergie. Le programme comprend donc des cours portant sur le cadre réglementaire et juridique de la gestion territoriale, l’exploitation forestière en contexte autochtone, les cartographies autochtones, l’industrie touristique, les défis arctiques, le leadership et le pouvoir.

« L’idée est de permettre aux gens d’acquérir des bases très solides et une compréhension de tout ce qui implique la gestion d’une communauté ou d’un territoire, mais du point de vue autochtone, avec tous les ajouts que cela comporte sur le plan de la culture, de la langue et de l’histoire, dit Sébastien Brodeur-Girard. On pourrait être gestionnaire, mais n’avoir aucune idée du fonctionnement d’une communauté autochtone. C’est un contexte particulier sur les plans juridique et politique. Il est donc nécessaire de donner à ces communautés des outils pour aller vers l’autodétermination et décider ce qu’elles veulent faire. L’idée n’est pas de dire aux Autochtones : “Voici comment vous devez vous gouverner”, mais plutôt de leur procurer des connaissances avec lesquelles ils pourront faire les choix qu’ils veulent par la suite. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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