Université McGill: réduire les obstacles grâce au perfectionnement professionnel

Laetitia Arnaud-Sicari
Collaboration spéciale
La durée de la formation offerte par l’initiative SEED ne dépassera pas un an, puisque le but est d’intégrer le plus rapidement possible les gens au marché du travail.
Université McGill La durée de la formation offerte par l’initiative SEED ne dépassera pas un an, puisque le but est d’intégrer le plus rapidement possible les gens au marché du travail.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Dès l’hiver 2023, une initiative de perfectionnement professionnel verra le jour entre les murs de l’Université McGill dans le but de venir en aide aux communautés marginalisées et aux nouveaux arrivants.

C'est grâce à un investissement de deux millions de dollars, « un cadeau du programme ScotiaINSPIRE de la Banque Scotia », que l’École d’éducation permanente de l’Université McGill pourra lancer la School of Continuing Studies Experiential Empowerment & Development Initiative (SEED), explique Carmen Sicilia, professeure agrégée et directrice de l’apprentissage adaptatif et intégré ainsi que de l’Initiative de relations avec les Autochtones à l’École d’éducation permanente de McGill.

À l’hiver 2023, l’initiative SEED accueillera son premier groupe, composé de 40 personnes. « [Elle] a trois objectifs, soit d’accélérer la voie vers le travail, d’augmenter la participation aux études postsecondaires et d’éliminer les obstacles des participants pour faire avancer leur carrière », précise Mme Sicilia.

Pour favoriser l’atteinte de ces objectifs, les cours proposés aux étudiants seront de langue, pour une mise à niveau en français ou en anglais, et de développement professionnel. « On veut cibler les compétences dont les gens ont besoin et où il y a de l’emploi. Par exemple, on sait qu’il y a beaucoup d’emplois en technologies. On veut vraiment être à l’écoute des gens », souligne-t-elle.

Ce projet de perfectionnement professionnel vise les communautés marginalisées, c’est-à-dire les Autochtones, les personnes racisées, la communauté LGBTQ+, les personnes en situation de handicap et les nouveaux arrivants au Canada, énumère-t-elle. « On veut aussi aider les gens qui ont des difficultés à garder un emploi. On l’a beaucoup vu avec la pandémie de COVID-19. On veut regarder comment on va les former pour qu’ils aient une stabilité dans leur emploi », ajoute Carmen Sicilia.

Une initiative unique

 

En créant l’initiative SEED, l’École d’éducation permanente se distingue de ses autres programmes destinés à cette clientèle avec une approche que Mme Sicilia qualifie de « 360 ». « La raison pour laquelle j’appelle ça de cette façon, c’est parce qu’on travaille [conjointement] avec des organismes communautaires et des employeurs pour cibler les besoins des gens en matière de formation. […] Souvent, on dit qu’il n’y a pas de pont entre l’université et le travail, donc voilà le pont », explique-t-elle.

Les organismes tels que l’Organisation des jeunes de Parc-Extension, le Centre d’appui aux communautés immigrantes, le Centre communautaire Tyndale St-Georges, Microcrédit Montréal et le Centre Amal pour femmes participent notamment à cette nouvelle initiative. D’autres organismes à but non lucratif pourraient s’ajouter au fil des années, d’après Mme Sicilia.

L’initiative SEED pourra également payer l’entièreté des frais de scolarité, offrir un stage rémunéré dans l’une des entreprises participantes, et accompagner de manière personnalisée et soutenir les 40 étudiants inscrits. « [Ce] n’est pas seulement une formation, c’est tout ce qui encadre chaque participant pour l’atteinte du succès », indique la professeure.

Les barrières à la formation

La sélection des étudiants qui souhaitent suivre des cours dans le cadre de cette formation se fera par un comité. Ils devront passer par une entrevue et remplir un questionnaire, avance Mme Sicilia. Mais rien n’est coulé dans le béton pour le moment. « On est en train de mettre ça en place en consultant les organismes communautaires. On ne veut pas que ça devienne une barrière non plus », ajoute-t-elle.

Quant à la durée de la formation, elle sera différente pour tout le monde puisqu’elle sera adaptée aux besoins de chacun. Cependant, elle ne dépassera pas un an, car le but est d’intégrer les étudiants le plus rapidement possible au marché du travail. « L’objectif est de donner des formations plus à court terme, d’une durée d’une ou deux sessions, voire un an maximum », souligne Mme Sicilia.

D’autres obstacles peuvent se retrouver sur le chemin de la clientèle ciblée par l’initiative SEED. « Quand quelqu’un vient d’un autre pays, ça arrive qu’il n’ait pas son diplôme ou qu’il ait une copie de ses notes, alors que l’Université demande de voir l’original. On travaille donc avec le service d’admission pour accepter la copie. L’autre obstacle, c’est que parfois, le candidat n’a pas assez de bases en français ou en anglais ou qu’il lui manque des préalables. Nous, on va donner cette formation pour enlever ces barrières. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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