Retour à la case départ dans la course au rectorat de l’UQAM

Une consultation a été menée en ligne du 4 au 10 novembre auprès des professeurs, associations étudiantes, cadres, syndicats et chargés de cours.
David Afriat Archives Le Devoir Une consultation a été menée en ligne du 4 au 10 novembre auprès des professeurs, associations étudiantes, cadres, syndicats et chargés de cours.

Aucune des deux candidatures n’ayant été retenue, c’est un retour à la case départ dans la course au rectorat de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) visant à remplacer la rectrice actuelle, Magda Fusaro, dont le mandat prendra fin le 7 janvier. Le fait que la communauté uqamienne n’arrive pas à s’entendre est mis en cause.

« Après avoir pris connaissance de l’ensemble des informations portées à son attention, rencontré les groupes concernés par le processus de consultation et analysé les résultats de la consultation de la communauté universitaire, le comité a pris la décision de ne recommander au conseil d’administration aucune des personnes candidates au poste de rectrice ou recteur », peut-on lire dans une missive datant du 14 novembre et signée par le président du conseil d’administration, Simon Prévost.

Les deux candidats travaillent à l’UQAM depuis de nombreuses années. Catherine Mounier, professeure et directrice du département des sciences biologiques, a occupé de 2015 à 2020 le poste de vice-rectrice à la recherche, création et diffusion. Son vis-à-vis, Jean-Christian Pleau, est vice-recteur à la vie académique et a cumulé les postes au sein de l’université.

Ce n’était pas la qualité des candidatures qui étaient en cause, précise Simon Prévost en entrevue avec Le Devoir. « Ce qu’on a constaté, c’est qu’il n’y avait pas de consensus [dans la communauté] pour l’un ou pour l’autre, dit-il. On pourrait appeler ça une égalité, dans une certaine mesure ». M. Prévost est à la tête du comité de sélection indépendant composé de membres de l’université et de l’extérieur, et qui supervise le processus.

Une consultation a été menée en ligne du 4 au 10 novembre auprès des professeurs, associations étudiantes, cadres, syndicats et chargés de cours. Il ne s’agit pas d’un scrutin, et son but est d’aider le comité à faire un choix. Au terme du vote, Catherine Mounier a récolté 297 des voix contre 296 pour Jean-Christian Pleau, sur un total de 836 votes exprimés. Mme Mounier a surtout eu la faveur des professeurs et des chargés de cours, tandis que son adversaire a été préféré par les cadres de l’université.

« Quand il n’y a pas de consensus, c’est difficile pour un comité de sélection de décider à la place de la communauté », souligne Simon Prévost. Pareille situation s’est déjà vue à l’UQAM en 2017. Et faire à nouveau une consultation dans le cadre d’une course au rectorat n’est pas exceptionnel, assure-t-il.

« Dans n’importe quelle université, les processus sont assez intenses, dit-il. Je sens que, effectivement, ce qui a été proposé n’a pas convaincu. Mais est-ce que ça veut dire que ça va mal [à l’UQAM] ? Je ne pense pas que ce soit une conclusion qu’on puisse tirer ».

Grosse déception

En entrevue avec Le Devoir, Catherine Mounier aurait aimé que les événements prennent une tournure différente. « Ce qui m’a surtout beaucoup déçue, c’est la faible participation du corps professoral. Et, surtout, le pourcentage important des gens qui ne veulent ni l’un ni l’autre », lance-t-elle.

Quelque 193 professeurs sur 666 ont coché la case « aucune de ces personnes ». Le taux de participation du corps professoral s’élève à 57,17 % alors que 1165 d’entre eux avaient droit de voter, ce qui en fait de loin le groupe avec le plus grand nombre de votes.

« Le syndicat des professeurs n’était d’accord ni avec l’un ni avec l’autre, et je pense que c’est ce qui est ressorti du résultat », analyse-t-elle. Le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) n’a pas donné suite à notre demande d’entrevue.

Catherine Mounier dit « tout à fait comprendre la position du comité de sélection ». « Malgré le fait quej’ai eu plus de votes, ça n’assure pas une légitimité solide, et j’aurais beaucoup réfléchi si on me l’avait offert », lance-t-elle.

Un autre appel aux candidatures sera lancé dans les prochaines semaines, à l’interne et à l’externe. Le comité de sélection se rencontrera cette semaine pour établir un calendrier. « Je peux vous dire hors de tout doute que ce ne sera pas terminé le 7 janvier, souligne Simon Prévost. Nous aurons une rectrice ou un recteur intérimaire désigné à ce moment. »

De son côté, le syndicat des chargés de cours (SPPEUQAM) a dénoncé par voie de communiqué lundi un processus de consultation « archaïque et discriminatoire », et appelle à sa révision. Seuls 51 chargés de cours ont pu voter lors de la consultation, contre 1165 du côté des professeurs. « Les 51 personnes chargées de cours consultées représentent donc 3,9 % des personnes consultées pour la course au rectorat, alors que les membres du SPPEUQAM représentent 39,4 % de l’ensemble des employés de l’institution », déplore-t-on.

À voir en vidéo