Université de Montréal: des moyens financiers, mais aussi des alliés

André Lavoie
Collaboration spéciale
Lors de la première édition des Grandes Retrouvailles de l’UdeM, la Journée festive au campus MIL, qui était ouverteau grand public, invitait la communauté à participer à diverses activités rassembleuses et divertissantes.
Benjamin Seropian UdeM Lors de la première édition des Grandes Retrouvailles de l’UdeM, la Journée festive au campus MIL, qui était ouverteau grand public, invitait la communauté à participer à diverses activités rassembleuses et divertissantes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

L’argent constitue le nerf de la guerre : cliché répété si souvent qu’il en devient pour certains un mantra. S’il est vrai qu’il est bien utile pour réaliser des projets d’envergure et concrétiser ses rêves, la solidarité, l’entraide, le partage de connaissances ou de bons contacts, voilà autant d’éléments qui peuvent avoir une grande influence dans la vie d’un individu comme dans celle d’un établissement.

L'Université de Montréal préconise plus que jamais cette double approche, en cherchant à mobiliser des gens qui ne fréquentent plus les lieux, mais dont le passage fut sans aucun doute déterminant dans leur trajectoire professionnelle ou personnelle. Après tout, elle compte 400 000 diplômés et reçoit environ 14 000 dons sur une base annuelle, tournant autour de quelques centaines de dollars chacun.

Pourrait-elle faire plus et mieux ? Élodie Marteau, directrice des campagnes annuelles, illustre la situation sous la forme d’une amusante question. « Selon vous, quelle est la première raison pour laquelle les gens ne donnent pas ? » Ceux qui se répandent en longues explications sociologiques seront très déçus. « Parce qu’on ne leur a pas demandé ! » affirme celle qui est à l’emploi de l’Université de Montréal, au sein du Réseau des diplômés et des donateurs, depuis plus d’un an.

Cette évidence en dit long sur les différents défis que l’équipe affectée à la philanthropie doit relever, et ce n’est pas seulement une affaire de petits ou de gros sous. « Bâtir la culture philanthropique, c’est un état d’esprit, souligne Élodie Marteau, une façon de montrer à quel point c’est important, et que chacun pose le geste qu’il veut poser, qu’il peut poser. »

Un de ces gestes est, bien sûr, de délier les cordons de sa bourse. Même si les occasions de se montrer généreux sont nombreuses, certaines sont plus importantes, et significatives, que d’autres. Parfois, s’inscrire dans l’actualité, surtout la plus brûlante, peut être déterminant. C’est dans cette perspective que fut créé le Fonds d’aide aux communautés universitaires en situation de crise humanitaire, une initiative dont Maryève Tassot, directrice de l’engagement, est particulièrement fière. « Notre établissement n’est pas à l’abri de ce type d’événements, affirme cette professionnelle spécialisée en communication marketing. Regardez ce qui se passe en Ukraine… Nous sommes là pour agir. »

Donner, oui, mais comment ?

Situation catastrophique sur le plan humanitaire, la guerre en Ukraine n’est pas la seule tragédie à l’échelle internationale à se disputer l’attention des diplômés, et plus encore du grand public. Attirer l’attention est un défi de tous les instants pour Maryève Tassot. « Beaucoup de causes se valent, précise-t-elle. On peut tout aussi bien donner pour les enfants malades ou les personnes itinérantes, mais qu’est-ce qui va faire qu’on va en soutenir une plutôt qu’une autre ? Connaître la personne qui s’investit et qui s’engage, sa façon d’en parler, tout cela facilite l’envie de contribuer. Cette relation, c’est à nous de l’entretenir dans le temps, pour que le moment venu, le diplômé sente que ça ne vient pas de nulle part. »

Établir cette relation, et la maintenir, va bien au-delà du simple geste de communiquer, même si Élodie Marteau reconnaît, sourire en coin, que « communiquer, c’est répéter ». Plus sérieuse, elle affirme : « En philanthropie, nous nous appuyons sur beaucoup d’études, des statistiques et même les neurosciences, question de déterminer les parcours de lecture de nos messages. Quelles émotions sont générées, comment les décisions sont-elles prises, et comment faut-il structurer une histoire selon que le message est envoyé par la poste ou par courriel. » Car, oui, contrairement à la croyance populaire, les envois postaux prouvent encore leur efficacité à l’heure de recueillir des dons et de raffermir le sentiment d’appartenance.

C’est d’ailleurs le principal cheval de bataille de Maryève Tassot, qui parle à un public que l’on pourrait croire conquis d’avance, mais ce n’est pas toujours le cas. Or, si l’on en juge par le succès de la première édition des Grandes Retrouvailles à la fin de septembre dernier, cinq jours de festivités où plusieurs facultés (musique, pharmacie, droit, sciences infirmières, médecine dentaire, etc.) ouvraient joyeusement leurs portes à leurs anciens étudiants — 8500 personnes ont répondu présent —, le désir de renouer avec le milieu universitaire ne semble pas fléchir.

Ce succès réconforte Maryève Tassot, pour qui le don peut prendre plusieurs formes. « Ce que plusieurs nous offrent est inestimable. Certains siègent à un conseil de diplômés, d’autres proposent un lieu de stage ou prennent le temps de commenter nos approches, nous permettant d’améliorer nos façons d’interpeller les diplômés. Et c’est sans compter tous ceux qui acceptent de témoigner de leur parcours, de parler aux étudiants, surtout les premiers de leur famille à fréquenter l’université. Ces témoignages leur donnent beaucoup d’espoir, et d’inspiration. »

À l’heure où l’inflation ne semble pas encore maîtrisée et que l’insécurité économique pointe à l’horizon, ces nuages ne semblent pas diminuer le niveau d’enthousiasme de ces deux passionnées de la philanthropie, et surtout, de l’Université de Montréal. « C’est un beau métier, parce que l’on voit à quel point les gens sont généreux, qu’ils veulent s’investir davantage, et les projets déployés sont importants aux yeux des diplômés », affirme Élodie Marteau. « Chaque jour, mon travail me rapproche du coeur de l’université, dans tous les sens du terme, souligne Maryève Tassot. La philanthropie, c’est ce qui nourrit toutes les actions de l’institution. Je suis en contact avec beaucoup de gens, et j’ai la chance de découvrir une multiplicité de projets qui ont besoin de financement, certes, mais aussi d’alliés. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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