Université de Sherbrooke: investir dans la formation en développement durable

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Avec le Projet d’inté­gration du dévelop­pement durable dans la formation, les étu­diants conti­nuent de déve­lop­per leurs com­pétences dans leur disci­pline, mais en étant connectés avec nos enjeux de société actuels.
Jean-François Perrault Université de Sherbrooke Avec le Projet d’inté­gration du dévelop­pement durable dans la formation, les étu­diants conti­nuent de déve­lop­per leurs com­pétences dans leur disci­pline, mais en étant connectés avec nos enjeux de société actuels.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Avec la création de nouveaux espaces et l’intégration du développement durable dans ses cursus, l’Université de Sherbrooke multiplie ses actions pour former des professionnels ayant de meilleurs réflexes durables. Et dans l’accélération de son virage vert, l’établissement d’enseignement considère la philanthropie comme un appui essentiel.

Gestion des déchets, projets de mobilité, actions pour réduire les gaz à effet de serre… L’Université de Sherbrooke intègre de plus en plus les valeurs du développement durable et entreprend de poursuivre sur cette lancée. « Ça découle de plein d’actions qu’on a faites par le passé, mais là, on le fait de façon plus cohérente, avec une stratégie institutionnelle pour que ça aille encore plus vite et encore mieux », dit Jean-François Comeau, directeur du Projet d’intégration du développement durable dans la formation au Vice-rectorat aux études, dont le but est d’appuyer les enseignants dans l’inclusion des objectifs du développement durable au sein des différents cours et programmes de l’Université.

« Nos étudiants le demandent, s’exclame M. Comeau. Dans un sondage en mars dernier, 90 % des étudiants jugeaient pertinent de développer des aptitudes en développement durable dans leur formation. »

L’Université investit également dans divers espaces permettant aux étudiants de diverses disciplines de faire des projets concrets avec la communauté, comme la Clinique en environnement, le programme d’intervention dans la communauté (PIC), les laboratoires vivants ou encore le pavillon des apprentissages innovants, encore sur la planche à dessin.

Pour une meilleure société

 

« On ne peut pas imaginer, aujourd’hui en 2022, de construire sans faire attention à la quantité de ressources matérielles utilisées dans sa construction et on peut difficilement faire abstraction de sa consommation d’énergie ! illustre M. Comeau, sur l’importance de ces réflexes durables dans toutes les disciplines. Dès la conception, on amène les étudiants en génie à intégrer les aspects environnementaux et sociaux comme les enjeux d’accessibilité. »

Les étudiants continuent de développer leurs compétences dans leur discipline, mais en étant connectés le plus possible avec nos enjeux de société actuels, comme la problématique des changements climatiques, poursuit l’expert.

 

M. Comeau insiste sur le rôle des donateurs pour mettre en oeuvre et accélérer ce type de projets. « Comme philanthrope, notre don est associé à un sens qu’on peut donner pour contribuer à la société. En ce sens, je crois que l’UdeS joue bien son rôle. »

Intégrer la réflexion durable, des arts à l’informatique

Au Département des arts, langues et littératures de l’Université de Sherbrooke, Josianne Bolduc a tout de suite été enthousiaste à intégrer davantage de contenu en lien avec le développement durable dans ses cours. « J’enseigne les projets de création 1 et 2 dans lesquels les étudiants doivent réaliser des projets plus personnels, explique celle qui, en plus de l’enseignement, est coordonnatrice académique du certificat en arts visuels. J’invite les étudiants à se positionner par rapport au développement durable et à l’environnement en posant des questions. »

L’utilisation des déchets dans l’art banalise-t-elle ces derniers ? Peut-on créer sans détruire ? S’ils gardent leur liberté de choisir la thématique qui les interpelle, les étudiants sont invités à réfléchir sur ce genre de questions ; articles et formations en ligne ouverte à tous (MOOC) à l’appui.

« En art actuel, le processus est plus important que la finalité, poursuit Mme Bolduc. Les matériaux des artistes en art actuel, c’est la société qui nous entoure. Pour moi, en arts, ce sont des étudiants qui apprennent à penser par eux-mêmes, c’est très confrontant et questionnant. Comme enseignants, on ne donne pas des réponses, mais c’est important de donner des espaces de discussion. Si on ne donne pas cet espace à l’université, qui va le faire ? »

La démarche de l’artiste peut aussi, par effets cascades, stimuler la réflexion ou toucher de plus grandes parties de la population, explique Mme Bolduc. « Si l’on partage un savoir, c’est ancré et c’est senti, c’est le médium qui transporte le message, dit-elle, comparant avec un discours scientifique, qui peut être plus pédagogique. Les artistes vont toucher [le public] différemment, par l’intellect et d’autres types d’expériences [que la science]. »

Au Département d’informatique, le même processus a été entamé avec l’équipe de Jean-François Comeau. « Les professeurs en informatique, nous ne sommes pas des spécialistes des problématiques environnementales, explique Marie-Flavie Auclair-Fortier, professeure et directrice adjointe du Département d’informatique de l’UdeS. M. Comeau et son équipe nous aident à ajouter ces éléments-là. On est en train de penser, d’en parler, d’intégrer de façon naturelle dans différents cours ce qu’est l’impact environnemental au niveau des données numériques, les algorithmes de l’intelligence artificielle, pour sensibiliser les étudiants. Il y a des façons de travailler en informatique qu’on peut essayer de repenser. »

De son côté, Jean-François Comeau soutient les professeurs et les chargés de programme, comme Josianne Bolduc et Marie-Flavie Auclair-Fortier, dans une approche de collaboration et de soutien. « Mon rôle est d’accompagner les chargés de programme et de cours, les enseignants, les étudiants. Je les accompagne pour tenter de trouver des moyens pour bonifier la formation qui est déjà faite à l’UdeS, explique l’ancien diplômé en environnement de l’Université. Je fais des interventions auprès des professeurs pour bonifier des travaux, des mises en situation, des questions d’examen, du matériel pédagogique utilisé, les aider à développer des ateliers en classe dans lesquels on amène les étudiants à réfléchir. »

M. Comeau est aussi impliqué dans l’analyse d’un programme afin de trouver des façons d’accentuer la place du développement durable dans chacun des cours. « Je découvre une ouverture extraordinaire du côté des enseignants, se réjouit l’expert. Il explique que l’accompagnement du personnel pour intégrer le développement durable dans le cursus permet d’aller au-devant du syndrome de l’imposteur que peuvent éprouver des enseignants se sentant peu à l’aise d’aborder ces notions sans de formation reliée. C’est une volonté de la direction, les gens se sentent appuyés. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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