Université de Sherbrooke: un levier pour mener l’enseignement plus loin

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
La coprésidence d’honneur de la prochaine Grande Campagne (de gauche à droite) : Matthew Cassar, Karinne Bouchard, Monique Leroux et Julie Godin
Universitéde Sherbrooke La coprésidence d’honneur de la prochaine Grande Campagne (de gauche à droite) : Matthew Cassar, Karinne Bouchard, Monique Leroux et Julie Godin

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Avec une grande campagne de dons, l’Université de Sherbrooke souhaite investir dans un enseignement qui intégrera encore davantage les principes du développement durable, les travaux pratiques et interdisciplinaires, les pédagogies innovantes et les nouvelles technologies.

« En tant qu’université, notre mission est de faire avancer et de transmettre les connaissances, affirme d’emblée Pierre Cossette, recteur de l’Université de Sherbrooke (UdeS). Nos étudiants sont au coeur de notre enseignement, mais aussi de nos activités de recherche et d’innovation et du transfert qu’on fait vers la société de toutes sortes de choses. Notre but, ultimement, c’est de former des citoyens qui changent le monde et qui trouvent des avancées qui vont transformer la vie de la société pour le mieux. Avec notre campagne de financement, nous voulons nous donner les moyens de faire des projets très concrets. »

Les efforts de l’Université sont concentrés autour de principaux axes. Étant très active en recherche en sciences quantiques et en microélectronique, l’établissement souhaite s’assurer que les transformations technologiques soient toujours au service des personnes et de la société. Elle désire aussi accroître la présence des domaines du développement durable et des changements climatiques dans ses programmes de formation.

L’UdeS mise également sur le vivre-ensemble et la valorisation de la diversité, en intégrant davantage de personnes issues de la diversité dans ses activités ou en permettant une meilleure participation des personnes plus âgées dans la recherche, et veille à ce que les soins et les services de santé soient priorisés, dans une perspective d’autonomie et de responsabilisation. Cela pourrait permettre, par exemple, de mieux outiller le personnel de la santé pour être mieux équipé aux défis du vieillissement de la population et permettre l’autonomie le plus longtemps possible.

Des projets innovants

 

Les projets de l’Université visant à atteindre ces grands objectifs sont multiples. L’UdeS désire, entre autres, créer une chaire de recherche en entrepreneuriat féminin, qui pourrait permettre de combler des lacunes de connaissances entourant les obstacles auxquels font face les femmes qui souhaitent entreprendre.

« Un autre projet [que l’on a], ce sont les laboratoires vivants, explique M. Cossette. On est en train de construire un complexe de serres de haute performance à l’Université. On est aussi propriétaires d’une partie du parc du Mont-Bellevue qu’on est en train de transformer en réserve naturelle, et on est copropriétaires, avec l’Université Bishop, d’un parc écoforestier. On se dit : comment peut-on utiliser ça ? On a besoin d’un petit peu plus d’infrastructures pour que nos étudiants, dans une variété de domaines, puissent l’utiliser comme cadre d’apprentissage. »

L’un des projets-phares de l’Université consiste en la création d’une nouvelle infrastructure, dont l’inauguration serait prévue pour 2028 : un pavillon des apprentissages innovants. Ce nouvel espace ne serait pas divisé en locaux avec des tables et des chaises ; il serait plutôt développé pour faciliter des projets menés par des étudiants de diverses disciplines en partenariat avec la communauté et de nouveaux outils technologiques.

« On veut avoir des juristes travaillant conjointement avec des travailleurs sociaux pour s’exercer avec des personnes vulnérables, illustre M. Cossette concernant des exemples de travail interdisciplinaire représentatif des besoins du marché du travail auquel doivent être formés les étudiants. On intègre beaucoup d’éléments technologiques pour aller plus loin dans l’apprentissage et dans l’interdisciplinarité. »

Le développement durableau coeur de l’avenir de l’UdeS

Le projet bénéficie de l’appui de l’homme d’affaires et philanthrope Vincent Chiara. L’Université continue toutefois de faire du démarchage pour attirer plus de donateurs et d’investisseurs pour financer le projet dont le coût est estimé à 75 millions de dollars.

« La grande vision qu’on a, c’est qu’on reconnaisse les diplômés de l’UdeS comme étant des écocitoyens qui peuvent contribuer et comprendre comment il faut faire des choses », souhaite Pierre Cossette. Les objectifs du développement durable faisaient déjà partie de la ligne de mire de l’UdeS, qui adaptait sa gestion des déchets, ses projets de mobilité ou encore ses actions pour réduire les gaz à effet de serre en conséquence. Mais depuis quelques mois, l’établissement appuie sur l’accélérateur.

L’Université a ainsi mis sur pied le Projet d’intégration du développement durable dans la formation, afin de soutenir le personnel enseignant à intégrer des notions du développement durable dans les cours et les programmes de diverses facultés.

« Cela permet d’être capable d’avoir une vision systémique des enjeux. Trop souvent, on a une vision en silo, on voit l’arbre et on ne voit pas la forêt », commente Jean-François Comeau, directeur du Projet d’intégration du développement durable dans la formation. Selon ce dernier, il est important pour les étudiants d’acquérir ces approches appliquées et holistiques et de prendre en compte les diverses facettes sociales et environnementales des projets.

« C’est très porteur de sens. L’Université veut former encore mieux ses étudiants, dit-il. La portée de tout ça, c’est de contribuer à une meilleure société. C’est une fierté, comme employé, que l’Université prenne ça au sérieux. »

Le rôle de la philanthropie

 

« On a beaucoup d’initiatives, on cherche des leviers et des partenaires qui vont nous aider, poursuit M. Cossette. La campagne de financement va nous permettre d’exercer un effet de levier auprès d’autres collaborateurs, qu’ils soient gouvernementaux, paragouvernementaux, de la société civile ou d’entreprises privées. »

À l’intention de potentiels donateurs, Pierre Cossette souligne qu’il ne faut pas sous-estimer l’apport des dons planifiés pour une université. Les dons planifiés comptent les dons de titres cotés en Bourse, les dons d’assurance vie et les dons testamentaires. « Les dons planifiés peuvent faire une très grande différence à long terme pour un établissement, affirme le recteur de l’UdeS. En planifiant un don autour de leur succession, on va permettre de contribuer après leur départ à ces causes-là. »

L’Université lancera sa Grande Campagne de dons pour lui permettre de mettre sur pied une panoplie de projets qui toucheront ses huit facultés. La Grande Campagne sera lancée le 16 novembre à l’interne et le 5 mai 2023 à l’externe.

Cette année, la coprésidence d’honneur de la prochaine Grande Campagne est composée de Matthew Cassar, cofondateur et président de la compagnie d’infonuagique Sherweb ; de Karinne Bouchard, administratrice de sociétés et membre du conseil d’administration d’Alimentation Couche-tard ; de Monique Leroux, administratrice de sociétés et conseillère principale chez Fiera Capital ; et de Julie Godin, coprésidente du conseil, vice-présidente exécutive, Planification et développement stratégiques de CGI, chef de file des services en technologies de l’information et en gestion des processus d’affaires.

Le potentiel synergique des dons

Lors de sa dernière campagne, l’Université de Sherbrooke a amassé plus de 5 millions de dollars en dons pour financer le Laboratoire de simulation clinique (LSC), lequel soutient la communauté hospitalo-facultaire dans les activités d’enseignement, de formation professionnelle continue et d’amélioration de la qualité des soins utilisant la simulation. Ces dons ont par la suite permis au projet de recueillir 10 millions de dollars en subventions gouvernementales, pour un total de 15 millions de dollars, selon le recteur de l’UdS concernant l’effet levier des dons.

Pour récompenser l’excellence scolaire ou soutenir un projet en particulier, il est possible de faire un don spontané ou planifié sur la page Web de l’Université de Sherbrooke. À partir du mois de mai, il sera possible d’investir directement dans l’un des nouveaux projets de l’Université, tel le pavillon des apprentissages innovants.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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