Marc Boghossian: donner pour façonner la société de manière durable

Leïla Jolin-Dahel Collaboration spéciale
Marc Boghossian a fait un don au Fonds d’innovation de McGill afin de soutenir des projets de développement durable et de technologies propres.
Photo: D. Hayoun Marc Boghossian a fait un don au Fonds d’innovation de McGill afin de soutenir des projets de développement durable et de technologies propres.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Soucieux de soutenir des projets de développement durable et de technologies propres, Marc Boghossian a fait un don cette année au Fonds d’innovation de McGill. Sa générosité a permis de mettre sur pied un prix d’une valeur de 40 000 $ à une initiative en développement durable, dans le but d’aider son créateur à commercialiser son idée.

« C’est un don qui est perpétuel et qui va générer assez de fonds pour remettre un prix tous les deux ans », prévoit M. Boghossian, qui n’a pas voulu révéler le montant dont il a fait don.

Donner à des oeuvres de charité est d’ailleurs une tradition familiale de longue date pour le Suisse-Canadien d’origine libano-arménienne. « Mon père et mon grand-père, à un moment de leur vie, ils en sont arrivés à dire “voilà, j’ai réussi”. Et ils ont toujours regardé vers la philanthropie pour trouver comment aider les autres », se souvient l’homme d’affaires qui est spécialisé en gemmologie et qui a diversifié ses actifs en investissant également dans les entreprises artistiques et immobilières.

Éviter la « vallée de la mort »

Le prix Marc Boghossian pour la durabilité et les technologies propres vise à aider les entreprises encore trop jeunes pour demander du financement aux banques et aux investisseurs. Cela leur permet ainsi d’obtenir un fonds de démarrage.

Les lauréats éviteront donc de plonger dans la « vallée de la mort ». « Lorsque quelqu’un arrive avec une nouvelle idée, il la développe, il la teste. Et il y a un point critique où il faut des fonds additionnels. Et si les fonds ne viennent pas, l’idée meurt d’elle-même. C’est à ce niveau-là que j’interviens », explique l’homme d’affaires, qui détient lui-même un baccalauréat en commerce double en finance et commerce international de l’Université McGill (1993).

M. Boghossian redonne aussi 20 % des profits de sa société à des organisations non gouvernementales dans les pays où il puise sa matière première. Ainsi, comme il s’approvisionne en émeraudes en Colombie, il a fait un don aux Foyers Bambi, qui viennent en aide aux familles dans le besoin.

Développer pour l’avenir

Marc Boghossian avait déjà des visées philanthropiques en développement depuis quelques années. Oeuvrant lui-même dans le domaine de la joaillerie et des pierres précieuses, il cherche à rendre les pratiques de son industrie plus vertes.

« On a une façon un peu archaïque de travailler dans notre métier. Et on a dû repenser la façon dont se fait l’extraction des pierres dans les mines. On essaie d’avoir le meilleur rendement en ayant l’empreinte la moins nuisible possible sur l’environnement et au niveau social », précise celui qui a fondé son entreprise en Suisse après avoir fait des études de gemmologie aux États-Unis.

Marc Boghossian prévoit que le prix qui porte son nom restera en place tant et aussi longtemps qu’il y aura des avenues à explorer en développement durable. « Le jour où on aura trouvé toutes les solutions pour avoir une empreinte durable sur la façon de travailler, pour avoir des technologies propres, peut-être qu’on n’aura plus besoin d’avoir ce prix. C’est l’objectif. C’est un peu ça, l’espoir. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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