Plus de 118 millions récoltés pour les 100 millions d’idées de l’UQAM

Camille Feireisen
Collaboration spéciale
Étienne Decelles et Ariane Morin, tous deux lauréats d’une bourse d’entrée,en compagnie de la directrice générale de la Fondation de l’UQAM, Michelle Niceforo, le 2 novembre dernier.
Gabriel Fournier UQAM Étienne Decelles et Ariane Morin, tous deux lauréats d’une bourse d’entrée,en compagnie de la directrice générale de la Fondation de l’UQAM, Michelle Niceforo, le 2 novembre dernier.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

L’UQAM vient de clore la campagne de financement la plus importante de son histoire, dépassant même son objectif. La campagne 100 millions d’idées a permis d’amasser 118 848 248 $ en cinq ans. Grâce à cet argent, des étudiants ont pu recevoir des bourses pour les soutenir financièrement, ou encore pour soutenir la réalisation de leurs projets, que ce soit en recherche, en formation ou de création.

La campagne a été lancée en 2018 et a été un travail « de collaboration et d’efforts communs, mais aussi d’engagement et de dévouement », raconte la rectrice de l’Université du Québec à Montréal, Magda Fusaro.

Bien sûr, la pandémie n’a pas facilité la donne, reconnaît la directrice générale de la Fondation de l’UQAM, Michelle Niceforo. « On a dû changer notre approche et notre façon de faire, mais les gens ont répondu présent, ils ont été généreux, et le plus surprenant est que 48 % de nos donateurs sont de nouveaux donateurs », se réjouit-elle. Une franche réussite pour la directrice, puisque cela a permis de faire découvrir l’établissement à de nouvelles personnes, même si les rencontres et la présentation des projets pour susciter l’intérêt des donateurs ont dû se faire en virtuel.

Les profils des donateurs sont variés, allant des gens fortunés aux entreprises, en passant par la communauté universitaire. « On a eu plus de 17 000 donateurs et donatrices et de ce nombre-là, 16 580 sont des individus. Le reste est des organisations, que ce soient des fondations ou des entreprises », précise Mme Niceforo.

Le résultat de cette campagne est également un beau cadeau de départ pour Mme Fusaro, qui finira son mandat de cinq ans en janvier. « Du don de 25 dollars à celui de 1 million, il y a eu une diversité de profils de donateurs vraiment intéressante », affirme-t-elle. Il était par ailleurs possible de participer en soutenant des projets de recherche portant sur l’autisme, la déficience intellectuelle, les maladies mentales, la lutte contre le suicide, mais aussi les sciences humaines, l’éducation, la littératie numérique, la communication et les sciences administratives, ou encore l’art.

Des bourses nécessaires

 

Magda Fusaro rappelle qu’entre mars et juin 2020, de nombreux étudiants internationaux ont été bloqués à Montréal en raison de la pandémie et du confinement. Pour plusieurs, cela a été difficile de boucler les fins de mois, sans emploi. « La générosité des gens a permis de débloquer des fonds d’urgence pour aider ces étudiants et ça a vraiment eu une grande influence dans la vie de plusieurs », pense-t-elle.

« L’UQAM est connue pour être une université où l’audace, l’imagination, les projets d’accès aux études et à l’enseignement supérieur sont importants, fait valoir la rectrice. Ce que l’on connaît moins de l’UQAM, en revanche, c’est que l’université performe en recherche, a des centres d’excellence et a mis énormément d’énergie à compléter le financement d’études d’étudiants par des bourses. » D’ailleurs, un engagement que l’établissement avait pris au début de la campagne de financement était que plus du tiers des fonds amassés serait consacré aux bourses des étudiants des trois cycles d’études, souligne-t-elle.

« Il y a des bourses dès le premier cycle. C’est important, car c’est l’introduction à la vie universitaire », juge la rectrice. Par exemple, la bourse Albert-Leblanc a la vocation d’encourager la réussite d’étudiants autochtones à faire des études en droit.

Des étudiants émus

 

Au moment de la remise des bourses, qui s’est déroulée en ligne, des étudiants ont témoigné de la nécessité de recevoir certaines bourses pour pouvoir continuer leurs études. La lauréate de la bourse Marie-Josée-Berger, Monique Brodeur, explique ainsi que retourner aux études l’a forcée à arrêter momentanément de travailler et donc à perdre son gagne-pain, pour pouvoir se consacrer à l’écriture de ses travaux.

Outre l’aspect financier, d’autres ont témoigné du bien que leur a procuré cette reconnaissance, comme la lauréate de la bourse de la Fondation familiale Trottier, qui vient de l’étranger. « Je peux démontrer que j’ai fait de bonnes études, c’est une bonne reconnaissance officielle des universités canadiennes », dit-elle. Ou encore le sentiment de se sentir légitimée et soutenue, alors que la recherche est un domaine où la solitude peut être présente. « Ça réveille mon courage, ma passion, je sens que je fais des études pour plus grand que moi », a raconté la lauréate de la bourse Madeleine-St-Martin en histoire canadienne ou québécoise dans son discours de remerciement.

Faire rayonner l’UQAM

Cette campagne permet également de faire rayonner l’UQAM. « Le fait d’avoir autant de nouveaux donateurs, c’est une belle marque de reconnaissance à l’égard de l’université », estime Mme Fusaro.

Pour sa campagne la plus ambitieuse en 50 ans d’histoire, l’UQAM peut se targuer d’avoir réussi, au-delà de ses espérances, sa mission. « Ça envoie un beau message à l’ensemble de l’écosystème montréalais et aussi plus largement, parce que nous avons des donateurs d’autres provinces », souligne la rectrice.

D’autres projets attendront certainement la Fondation puisque dans les universités, comme le rappellent les deux femmes, le renouvellement des idées est constant.

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