Les universités propulsées par les dons

Catherine Girouard
Collaboration spéciale
Directeur principal du développement philanthropique à la Fondation de l’UdeS, Daniel Asselin se réjouit de voir que la philanthropie est un vecteur de plus en plus majeur dans le monde universitaire.
Illustration: Delphine Bérubé Directeur principal du développement philanthropique à la Fondation de l’UdeS, Daniel Asselin se réjouit de voir que la philanthropie est un vecteur de plus en plus majeur dans le monde universitaire.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

Après plus de 40 ans à oeuvrer dans le monde philanthropique, Daniel Asselin, fondateur de la firme d’experts-conseils en philanthropie Épisode, a passé le flambeau de son entreprise pour rejoindre la fondation de son alma mater il y a près de trois ans. Aujourd’hui, il est plus que jamais convaincu de la nécessité de la philanthropie universitaire et de ses retombées majeures, qui irradient selon lui bien au-delà des murs des établissements.

« J’approche de la retraite et j’ai tellement de plaisir à voir que les gens travaillent pour les vraies affaires, lance avec enthousiasme Daniel Asselin, directeur principal du développement philanthropique à la Fondation de l’Université de Sherbrooke (UdeS) depuis bientôt trois ans. Je comprends que la philanthropie a vraiment une valeur ajoutée dans le secteur universitaire. »

Ce constat, Daniel Asselin le fait alors qu’il connaît le monde de la philanthropie sous toutes ses coutures, y oeuvrant depuis plus de 40 ans. Par l’entremise de l’entreprise Épisode qu’il a fondée en 1993, M. Asselin a entre autres travaillé sur plus de 300 campagnes philanthropiques majeures et avec plusieurs organismes et fondations, dont les fondations Martin-Matte, Charles-Bruneau ou encore Véro & Louis, ainsi que des fondations de cégeps et d’universités.

« Même avec tout le bagage philanthropique que j’avais, je ne voyais pas tout ce que la philanthropie faisait dans une université avant d’y travailler, affirme l’expert. Mais là, je le vois, je le sens, je le vis chaque jour : la philanthropie, c’est un peu comme le crémage sur le gâteau, ce qui permet aux universités d’aller plus loin. »

Aller plus loin en recentrant la priorité sur l’expérience étudiante, en offrant des bourses au premier, au deuxième et au troisième cycle, en réaménageant des salles de cours, en acquérant de l’équipement particulier ou encore en construisant des pavillons supplémentaires.

« Ça permet aussi d’attirer les étudiants en plus grand nombre dans certaines facultés, de les garder, de consolider notre relation avec eux, et ensuite de les faire rayonner, que ce soit au niveau local, au niveau provincial, au niveau national ou à l’international, renchérit M. Asselin. Sans l’apport de la philanthropie, les universités seraient contraintes d’essayer de tout faire dans les limites des budgets qui leur sont alloués. »

Ce qui serait nettement insuffisant, selon Daniel Asselin. « Ça demanderait des investissements tellement importants de la part des différents ordres de gouvernement que je ne suis pas sûr qu’on pourrait aller à la vitesse où l’on va maintenant », dit-il.

Des dons en progression

 

Daniel Asselin se réjouit de voir que la philanthropie est un vecteur de plus en plus majeur dans le monde universitaire. Selon lui, depuis une vingtaine d’années, les gens comprennent davantage l’importance des établissements d’enseignement et le fait que la philanthropie est nécessaire pour les propulser.

« On est chanceux, parce qu’on est dans une société qui s’est enrichie dans les 20 à 25 dernières années, ajoute-t-il. Et on n’a jamais vu autant de dons majeurs individuels dans le monde universitaire, ni autant de dons planifiés que dans les cinq à dix dernières années. Ça va aussi à une vitesse accélérée du côté des transferts de patrimoine. »

Même avec les soubresauts économiques qu’on voit poindre à l’horizon, le directeur du développement philanthropique de l’UdeS ne s’inquiète pas d’un possible ralentissement du côté du transfert de patrimoine, des dons planifiés ou des dons des grandes familles.

La pandémie n’aura pas non plus eu beaucoup d’impact sur les dons du côté des universités. « On est assez chanceux, car la majorité des universités au Québec ne sont pas dans les stratégies de financement événementiel, elles organisent très peu d’événements, voire aucun », explique-t-il.

Selon Daniel Asselin, la progression des dons continuera. « Je n’enlève rien aux causes liées à la santé et aux autres causes, mais je pense que les gens se rendent compte de l’importance des missions de l’enseignement », croit-il.

Car les retombées positives des dons ne se limitent pas à la bonification de l’expérience étudiante. « Une université a un impact économique majeur dans sa région, soutient M. Asselin. On garde nos cerveaux, on les fait rayonner, on crée un intérêt pour des entreprises à proximité, on crée de la valeur. Plus les gens sont instruits, plus on est dans une situation intéressante en ce qui concerne le positionnement de nos entreprises. L’éducation nous permet d’aller tellement plus loin comme société. On crée de la richesse, mais pas juste en matière d’argent. On crée de la richesse à tous les niveaux. 

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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