La philanthropie transformationnelle, de plus en plus populaire

Alexandra Duchaine
Collaboration spéciale
Le producteur et distributeur énergétique s’inscrit dans la mouvance des organisations qui sont désireuses de transformer positivement la société en travaillant de pair avec tous ses acteurs.
Photo: Énergir Le producteur et distributeur énergétique s’inscrit dans la mouvance des organisations qui sont désireuses de transformer positivement la société en travaillant de pair avec tous ses acteurs.

Ce texte fait partie du cahier spécial Philanthropie

De plus en plus d’entreprises refusent de se contenter de remettre un chèque aux organismes à but non lucratif qu’elles soutiennent financièrement. Sensibles à leur impact social, elles aspirent carrément à collaborer avec ces derniers pour mieux servir leur cause. Parmi elles, la compagnie Énergir.

Situé à l’école primaire Garneau, dans le quartier Centre-Sud à Mont­réal, l’organisme à but non lucratif (OBNL) Ruelle de l’avenir propose des activités d’apprentissage ludiques aux jeunes de 4 à 18 ans pour favoriser la réussite scolaire. Ils y découvrent les mathématiques en s’exerçant à la robotique, et les fractions en faisant de la popote dans une cuisine professionnelle. L’été, les enfants inscrits au camp de jour cultivent un potager sur le toit, puis transforment leurs pousses.

« Des employés de notre équipe marketing sont déjà allés donner un petit cours. Ils ont montré aux élèves comment vendre la sauce à spaghetti concoctée avec leurs tomates et à quel prix », explique avec un sourire dans la voix Maryse Lemay, cheffe de service du développement durable et de l’engagement communautaire chez Énergir.

Le plus grand distributeur de gaz naturel au Québec encourage son personnel à faire du bénévolat. « On a notre expertise au niveau énergétique, mais aussi tous les services internes : à la clientèle, fiscalité, marketing, juridique, etc. », ce qui peut être utile aux organismes, affirme Maryse Lemay. En 2021, sur les 1600 employés d’Énergir, 175 ont donné un peu de leur temps à une cause, et près de 300 ont pris part à des activités visant à amasser des sous pour Centraide. Des chiffres modestes qui, selon la direction, devraient gonfler en 2022, de manière à rejoindre la situation prépandémique.

À Ruelle de l’avenir, dont les locaux se trouvent à quelques minutes de marche du siège social d’Énergir, certains employés aident au déploiement des stratégies de communication ; d’autres accomplissent de petits travaux d’entretien ou prêtent main-forte aux soirées-bénéfice. Frédéric Krikorian, vice-président du développement durable et des affaires publiques et gouvernementales, est par ailleurs membre du conseil d’administration.

La relation d’Énergir avec Ruelle de l’avenir remonte à sa fondation, en 2008. « On a littéralement cocréé l’organisme, rappelle Maryse Lemay. Nous, le monde des affaires, avec le monde communautaire et le monde scolaire, pour travailler autour d’un enjeu qui touche la communauté où on est situés, soit la persévérance scolaire. » Au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), 21 % des élèves quittent le secondaire sans lancée de chapeaux, contre 14 % dans l’ensemble du Québec.

 

Aider la population de son quartier et réfléchir à des moyens de s’investir plutôt qu’investir, voilà le créneau d’Énergir. Le producteur et distributeur énergétique s’inscrit dans la mouvance des organisations qui, par conviction ou pour bien paraître auprès des investisseurs, consommateurs et travailleurs — 69 % des Québécois estiment qu’il est important d’élire un employeur engagé dans sa communauté, indique un rapport publié par Épisode en 2021 —, sont désireuses de transformer positivement la société en travaillant de pair avec tous ses acteurs. Elle met ainsi en pratique les principes de la philanthropie transformationnelle.

« On fait partie d’un tissu social, on ne peut pas ne pas en prendre soin, c’est la responsabilité d’entreprise », illustre Maryse Lemay.

Tendance

 

Selon une étude menée par Imagine Canada en 2018, le soutien philanthropique du secteur des affaires s’étend aujourd’hui bien au-delà des dons en argent. 100 % des organisations répondantes ont affirmé appuyer le bénévolat de leur main-d’oeuvre, et 83 % font don de leurs services.

L’enquête révèle également la volonté des compagnies de se concerter et de s’aligner avec les objectifs de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour le développement durable. L’un d’eux est la coopération mondiale, régionale, nationale et locale. Dans la lutte contre la pauvreté et les dérèglements environnementaux, chacun doit mettre du sien : la société civile, les entreprises et les gouvernements.

« On est dans un contexte de polycrise : crise climatique, crise sociale avec l’inflation et crise sanitaire dont on se sort à peine. Il va falloir travailler ensemble pour la suite des choses. C’est en multipliant les points de vue qu’on trouve des solutions durables », argue Maryse Lemay.

Elle cite en exemple ses échanges pendant près de cinq ans avec l’organisme Dans la rue qui les a menés à lancer, en 2022, la première roulotte carburant au gaz naturel produit à partir de résidus alimentaires, dans ce cas-ci destinée à accueillir de jeunes itinérants.

Énergir a versé 2 millions de dollars à plus de 200 organismes en 2021. Elle ne peut développer autant de partenariats. Pour accroître son impact, elle offre du financement à la mission plutôt que par projet spécifique, et à plus long terme.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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