L’Université Laval veut lever 80 millions pour un nouveau pavillon

L’Université Laval ambitionne d’ériger un «pavillon signature» sur son campus pour héberger l’école d’études internationales.
Francis Vachon Le Devoir L’Université Laval ambitionne d’ériger un «pavillon signature» sur son campus pour héberger l’école d’études internationales.

L’Université Laval (UL) a lancé, mercredi, une ambitieuse campagne de financement pour se doter d’un nouveau pavillon consacré aux affaires internationales. Ce dernier doit devenir « la figure de proue » de son rayonnement planétaire et accroître le prestige de la capitale nationale sur la scène mondiale.

C’est un chantier majeur qui prend racine à l’Université Laval, susceptible de réverbérer au-delà des frontières du Québec, voire du Canada, selon la rectrice, Sophie D’Amours. Cette dernière ne cachait d’ailleurs pas son enthousiasme. « Aujourd’hui, c’est une de ces journées où on se lève le coeur heureux », a-t-elle dit en ouverture d’allocution.

L’université de Québec ambitionne d’ériger un « pavillon signature » sur son campus, destiné à héberger l’école d’études internationales, un pôle dont l’origine remonte aux années 1960 et qui regroupe, aujourd’hui, plus de 70 professeurs issus de 10 facultés différentes. Sa construction doit démarrer en 2025.

« C’est un projet qui transformera l’université, croit Mme D’Amours. Il permettra de cristalliser son caractère international et de la faire rayonner sur la scène mondiale. »

Pour financer ce que la rectrice appelle « un grand rêve », l’université a inauguré, mercredi matin, une campagne de financement dont l’objectif, à l’horizon 2026, se chiffre à 80 millions de dollars.

« C’est ambitieux, mais réaliste », soutient la rectrice. L’Université Laval a déjà récolté la moitié du montant, grâce, notamment, à une contribution de 27,7 millions de dollars du gouvernement du Québec.

Mulroney s’implique

Pour l’épauler dans cet effort de financement, l’université peut compter sur un de ses plus illustres diplômés, Brian Mulroney, à titre de président d’honneur. L’UL compte d’ailleurs nommer le carrefour international à venir en l’honneur de l’ancien premier ministre.

Ce dernier se dit convaincu que le Québec peut et devrait voir grand en matière internationale, allant jusqu’à rêver qu’un Québécois, un jour, prenne la tête des Nations unies. « Pourquoi pas ? » lance celui qui a dirigé le Canada de 1984 à 1993, au moment où l’Occident devait naviguer entre une inflation historique, le déclin de l’empire soviétique sur fond de guerre froide et une série de crises humanitaires nourries par d’innombrables conflits.

La ville de Québec, dit-il, a tous les attributs pour devenir une « référence mondiale à propos des enjeux internationaux » et une « fenêtre ouverte sur le monde ». Il rêve que le carrefour international permette d’irriguer les politiques internationales du Québec et du Canada, mais aussi d’accueillir les sommités de la planète dans la capitale nationale.

Remuant ses souvenirs, l’ancien chef d’État a notamment rappelé que la ville de Québec a déjà accueilli des événements qui ont changé le monde. C’est au Château Frontenac, a indiqué M. Mulroney, que le libre-échange nord-américain a germé dans la foulée d’un entretien qu’il avait eu avec l’ancien président américain Ronald Reagan.

« Aujourd’hui, les trois pays qui font partie de l’ALENA [devenu ACEUM en 2020] regroupent 500 millions de personnes, soit 7 % de la population mondiale, mais ils produisent ensemble 28 % de la richesse planétaire », souligne le président d’honneur de la campagne de financement. Ce n’est pas si mal, pour un p’tit gars de Baie-Comeau ! »

Le montant recueilli grâce à la campagne de financement contribuera par ailleurs à un programme de bourses cher à l’ancien premier ministre progressiste-conservateur, qui milite en faveur d’une plus grande démocratisation des affaires internationales.

« En offrant des bourses de recrutement et en créant une nouvelle chaire de recherche, nous offrirons aux étudiantes et aux étudiants des possibilités remarquables d’accéder à des carrières stimulantes », croit M. Mulroney.

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