Un nouveau DEC en agriculture urbaine

Isabelle Delorme
Collaboration spéciale
Le Collège Ahuntsic a trouvé des partenaires de choix qui soutiennent ce nouveau DEC, tels que la Centrale agricole, la plus grande coopérative d’agriculture urbaine au Québec.
Adil Boukind Le Devoir Le Collège Ahuntsic a trouvé des partenaires de choix qui soutiennent ce nouveau DEC, tels que la Centrale agricole, la plus grande coopérative d’agriculture urbaine au Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Pionnière en agriculture urbaine, Montréal a besoin d’une main-d’oeuvre qualifiée pour continuer à faire pousser ce secteur vert. Au coeur d’un quartier très engagé dans cette voie, le Collège Ahuntsic ouvrira dans deux ans un nouveau DEC pour former une cinquantained’étudiants à tous les volets utiles pour travailler en agriculture urbaine, de la production au génie technique.

« Montréal est une capitale mondiale de l’agriculture urbaine, pionnière en termes de nombre d’entreprises et de pieds carrés de toits verts de production maraîchère en ville », souligne Chantal Racine, directrice adjointe des études, aux programmes et à l’enseignement au Collège Ahuntsic.Pour fournir davantage de main-d’oeuvre à ces entreprises innovantes, le ministère de l’Enseignement supérieur a autorisé ce dernier à ouvrir un nouveau programme d’études collégiales en gestion et technologies d’entreprise agricole — profil Agriculture urbaine. Les vingt étudiants de la première cohorte pourraient être accueillis dès 2024.

Un programme complet

 

Le nouveau DEC permettra de former les étudiants en trois ans. Ils apprendront toutes les réalités techniques de l’agriculture urbaine en s’axant sur trois volets, à commencer par la conception et l’opération des systèmes de production, la récolte ainsi que la transformation maraîchère et animalière dans un contexte urbain. « Cette notion est plus large que dans un DEC d’agriculture classique, car la production animale inclut des vers alimentaires ou des insectes que l’on peut manger en farine, mais aussi des poissons en bassin ou le miel produit par les abeilles », détaille Chantal Racine.

Quant à la production végétale, elle couvre notamment les micropousses et l’aquaponie ou l’hydroponie. Ajoutez à cela la culture de champignons et la transformation de déchets pour faire tourner la boucle vertueuse de l’économie circulaire.

Les étudiants suivront des cours en gestion adaptés aux spécificités urbaines. « Les diplômes en agriculture sont très axés sur la gestion d’un parc d’équipement ou des ressources humaines. Notre DEC formera davantage à la gestion de projet », précise Chantal Racine. Les étudiants bénéficieront par ailleurs d’une formation en génie technique qui inclura l’électronique (automatisation et contrôle, régulation des procédés) et le génie industriel (optimisation des intrants, diminution des déchets), sans oublier la mécanique du bâtiment et le génie civil (serres verticales, chambres environnementales, terrains extérieurs de faible envergure, etc.).

« Nos étudiants compléteront leur expertise avec l’infrastructure des toits : comment on peut installer des cultures sur des structures existantes qui n’ont pas été conçues pour cela, par exemple. Ils étudieront aussi les aspects de régulation de l’environnement : humidité, luminosité, température », décrit la directrice adjointe.

Des partenaires fertiles

 

Le Collège Ahuntsic n’a pas eu besoin d’aller bien loin pour trouver les meilleures entreprises partenaires. « Nous sommes appuyés par la Centrale agricole, qui est notamment très versée dans la culture d’insectes avec l’entreprise TriCycle, dont la cofondatrice siège à notre conseil d’administration », dit Chantal Racine. Les Fermes Lufa et les serres verticales de fraises Ferme d’hiver font aussi partie des entreprises qui ont répondu présentes. D’autres collaborations sont mises en place en milieu universitaire (Université de Montréal, Université du Québec à Montréal, ETS, McGill), municipal et citoyen (Ville de Montréal, Amis du Boisé de Saint-Sulpice, comité de pilotage pour l’aménagement du site Louvain-Est).

Les installations du collège (toit vert, ruches, potager) et ses liens avec les milieux de travail et naturels permettront aux étudiants de poser leurs stylos pour aller mettre les pouces dans la terre ou manipuler les insectes.

 

« Nous souhaitons proposer des stages d’observation ou de perfectionnement », prévoit Chantal Racine. Son objectif est aussi de mettre en place des projets de recherche conjoints et des think tanks pour résoudre des problèmes concrets des entreprises : « Imaginons par exemple que l’une d’elles n’arrive pas à avoir une chambre environnementale assez humide pour ses champignons. Nos étudiants pourraient se pencher sur ce problème de brumisation, avec l’expertise de nos enseignants. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

À voir en vidéo