Un programme universitaire inédit en éthique

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
Le nouveau microprogramme en bioéthique et en éthique de l’environnement vise notamment à répondre aux questions éthiques que pose l’aide médicale à mourir.
Istock Le nouveau microprogramme en bioéthique et en éthique de l’environnement vise notamment à répondre aux questions éthiques que pose l’aide médicale à mourir.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

La Faculté de théologie et de sciences religieuses et la Faculté de philosophie de l’Université Laval lancent un nouveau microprogramme en bioéthique et en éthique de l’environnement.

« Nos deux facultés collaborent depuis un certain temps, souligne Nadia-Elena Vacaru, professeure agrégée à la Faculté de théologie et de sciences religieuses et responsable du microprogramme, et nous avons déjà des cursus partagés. L’idée de ce programme est venue de nos discussions régulières, car nous croyons en la pertinence d’un pareil microprogramme. »

Ce choix de centrer le microprogramme sur la bioéthique et l’éthique de l’environnement n’est pas innocent. « La bioéthique, explique Mme Vacaru, c’est l’éthique associée aux sciences de la vie, notamment les sciences biomédicales. Et les avancées de nos sociétés modernes en sciences biomédicales obligent les individus, les groupes et même les sociétés à réfléchir et à mettre en place des normes aux actions que l’être humain peut poser. Et les changements climatiques que nous vivons interrogent directement le rapport que l’être humain entretient avec la nature et l’usage qu’il fait de cette dernière. Ce sont deux domaines de l’éthique qui sont non seulement pertinents aujourd’hui, mais qui le demeureront aussi à l’avenir. »

Une approche novatrice

 

Aujourd’hui, l’éthique est présente dans tous les domaines de l’activité humaine, ne serait-ce que les codes de déontologie des diverses professions, par exemple. « L’être humain ne peut pas fonctionner uniquement à l’instinct, comme les animaux, soutient Mme Vacaru. Il est condamné à réfléchir et à se poser les questions suivantes : pourquoi je fais ce que je fais ? Quelles sont les répercussions des gestes que je pose ? Ce n’est pas parce que je peux poser un geste que je dois le faire. Qu’est-ce qui est bien et qu’est-ce qui est mal ? Et dans quelles circonstances ? »

Devant de telles interrogations, il n’est pas surprenant d’apprendre que des cours d’éthique sont au programme de la majorité des facultés universitaires.

« Mais les cours d’éthique présentement offerts dans les universités québécoises sont des cours d’éthique appliquée, précise Mme Vacaru. Ils sont conçus pour trouver une solution à des problèmes précis. Chaque discipline a ses propres problèmes. »

Ce microprogramme en bioéthique et en éthique de l’environnement se distingue des autres cours d’éthique offerts par une approche qui se veut essentiellement théorique. « L’approche que l’on préconise donne aux étudiants l’occasion de se familiariser avec les fondements et les principes de base sur lesquels repose l’éthique, précise Mme Vacaru. On veut les armer des outils nécessaires pour entamer une réflexion éthique.

Par exemple, l’un des fondements de l’éthique est le respect de la personne humaine. Mais comment circonscrire ce respect de la personne humaine dans une situation comme celle de l’aide médicale à mourir ? Comment accompagner la mort tout en respectant la dignité de la vie humaine ? Un autre problème est le rapport de l’être humain avec les objets qu’il utilise. Quelle autorité a-t-il sur ces objets ? Comment déterminer si l’on fait bon usage de la technique et des technologies ? Ce genre de réflexion éthique nécessite une base théorique, ce qu’offre ce microprogramme. »

Une première étape

 

Le microprogramme en bioéthique et en éthique de l’environnement est offert cette session d’automne et s’adresse principalement, mais pas exclusivement, aux étudiants inscrits au premier cycle en philosophie et en théologie et sciences religieuses. Il s’agit d’un microprogramme de 15 crédits qui se donne à temps partiel et s’échelonne sur quatre sessions offertes à l’automne et à l’hiver. Il comporte six cours.

« Il faut comprendre que ce microprogramme n’est qu’un début, précise Mme Vacaru. On peut fort bien s’attendre à ce que certains étudiants qui ont terminé ce microprogramme veuillent sans doute poursuivre leur cheminement en éthique théorique à la maîtrise et éventuellement au doctorat. Il faudra alors ajuster l’offre en conséquence. » Sans compter que le programme pourrait prendre de l’ampleur si les étudiants des autres facultés le trouvent pertinent à leur cheminement et à leur discipline.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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